• "Il n’y avait pas de livres dans mon enfance, et ceux qu’on lit à l’école ne m’ont jamais donné envie de lire.
    C’est à seize ans, quand j’ai ouvert C’est beau une ville la nuit de Richard Bohringer que j’ai compris qu’il existait des écrivains capables d’écrire comme des boxeurs ou des ivrognes. Au corps à corps avec les mots, en y laissant leur peau comme Vincent Van Gogh dans sa peinture. Parce que oui, je pense qu’on peut mourir de ne pas avoir les mots. A mes yeux, un écrivain est celui qui joue sa vie dans l’écriture. C’est en tout cas ce que m’ont appris Marguerite Duras, Antonin Artaud, Louis-Ferdinand Céline, Samuel Beckett ou Léo Ferré."

    Extrait d'un entretien avec Stéphanie Joly, publié sur le site : Paris ci la culture : cliquez ici

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  • "Au fond du bistrot, un petit coin tranquille. A peine éclairé. Pour les marins d'ailleurs... Une femme à l'écoute... Elle, elle n'a pas de marin. Elle peut bien écouter les histoires des autres. Les histoires tournées à l'avantage de l'homme au bonnet de laine...

    Elle en a entendues des excuses tordues, des Dieux non reconnus et des femmes adultères. Elle parlait toutes les langues, y compris le silence. Elle lisait dans les pensées et libérait les mots. Puis, quand le temps réservé touchait à sa fin, elle attendait finances.

    Elle n'offrait pas son corps. Elle ne le vendait pas non plus. Elle n'offrait pas son cœur. Elle vendait ses oreilles. Son âme était vendue bien avant qu'elle soit femme. Son regard était creux. Cette femme avait un âge qui ne se voyait plus. Son pouvoir était ailleurs. Elle susurrait tant de choses que celles-ci s'entrechoquaient, se confondaient en une alchimie troublante."

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    "La citation n'était pas tout à fait fidèle, mais quand les gens sont incapables de s'exprimer avec des mots qui feraient de bons gros titres, les journalistes n'ont d'autre choix que d'écrire ce que l'interviewé a voulu dire au lieu de ce qu'il a dit. C'est ce qu'on appelle le journalisme créatif."

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  • "Ce n’est pas un hasard si Umberto Eco, le sage de Bologne, l’un des derniers sémiologues encore vivants, se réfère aussi souvent aux grandes inventions décisives dans l’histoire de l’humanité : la roue, la cuillère, le livre…, outils parfaits, selon lui, à l’efficacité indépassable. Tout laisse supposer, en effet, que la sémiologie est en réalité l’une des inventions capitales de l’histoire de l’humanité et l’un des plus puissants outils jamais forgés par l’homme, mais c’est comme le feu ou l’atome : au début, on ne sait pas toujours à quoi ça sert, ni comment s’en servir."

    R.I.P. Umberto Eco !

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  • — Ces gars-là ont l’air invincibles, objecta Colb. C’est la loi des espèces : s’ils sont plus forts que nous, ils finiront par prendre notre place.
    — Ils prendront notre place parce que nous jouons les mauvaises cartes. Nous pensons que la loi du plus fort est la meilleure réponse aux agressions, la meilleure forme d’organisation ; je crois au contraire qu’elle est la pire, et qu’elle nous conduit à notre perte.
    — Qu’est-ce que tu proposes en échange, mon gars ? »
    Deux Lunes se releva, cheveux, barbe, visage et poitrine perlés de gouttes d’eau.
    « La solidarité, l’entraide, le don. »
    Le trappeur secoua vigoureusement la tête avant de retourner, à l’aide d’un bout de bois, les restes du ragondin sur les braises rougeoyantes.
    « Moi, j’dis qu’avec un programme comme ça, on tiendrait pas deux générations.
    — Faudrait d’abord essayer. »

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