• L'homme de peu - Jean-Claude Tardif -Chez nous

     Chez nous, rien n'était plus âpre
    que le feu des conversations,
    on baissait la tête
    pour éviter les salves.

     Grand-père jamais ne parlait
    de la guerre d'Espagne.
    Il comptait les têtes de dahlias
    coupées, fraîches, au matin.

     Jamais il ne nous dit les camps de travail,
    les autres, où il maigrit,
    parce qu'il avait le corps trop rouge
    pour adorer le crépuscule :
    mais nous savions, confusément,
    nous, ses "enfants petits"
    que les morts du jardin prolongeaient d'autres morts
    sous les paupières d'Antonio.

     Parfois, nous l'avons vu
    baisser les yeux,
    les cacher sous le bandeau de ses mains
    cependant qu'encore une fois
    les conversations roulaient
    sur les plaies infimes du quotidien.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Montesquieu

    Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Sachez juste ceci : le malheur vient de la grossière erreur de voir le monde tel qu'on voudrait qu'il soit et non pas tel qu'il est. Prenez les choses comme elles viennent et tâchez de les apprivoiser car la seule vérité qui importe c'est vous. Le bonheur, on ne le croise pas forcément par hasard sur son chemin, on peut le fabriquer de ses mains.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • La Havane, mon amour - Zoé Valdès -Dans le ventre de la Marquise, il y a un garçon qui pleure : son fiancé, dit-elle. Ses cheveux sont pareils à la soie défraîchie d'un vêtement passé de mode. Ses yeux, pleins de candeur, interrogent chaque chose. Elle lit et dort en même temps.
    Elle coud avec du fil d'or, et de ses mains naît l'infini. Il faut la voir s'inventer des châteaux ! Peut-être par nostalgie des murs de l'Alhambra...

    Dans les rues, elle trottine comme les enfants, comme la petite fille qu'elle a été.
    La Marquise fait son théâtre et nous, admiratifs, nous l'applaudissons.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Pensées, provoc et autres volutes - Serge Gainsbourg -Ce sont les flash-backs qui nous heurtent, le "never more" d'Edgar Poe, les "jamais plus" de l'enfance évanouie, des amitiés déçues et des amours fugaces. En fait tout s'est passé comme en un rêve, un comme si, comme si tout avait été écrit à l'avance et à mon insu, au fusain pour les temps maussades, sanguine pour les turbulences, encre de Chine rehaussée de sépia au lavis, plume Sergent-Major, pleins et déliés, caresses et passages à tabac.

    Partager via Gmail

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires