• Il veut que les couleurs se frottent, se griffent, se révèrent, se maudissent, s'injurient, s'élèvent et s'écrasent jusqu'à livrer, balbutiantes, leur bonheur cicatriciel.

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  • Le miroir aux alouettes - Michel Onfray -Si le libéralisme existe, c’est parce qu’on y consent ; si le capitalisme fait la loi, c’est parce qu’on le veut bien ; si le consumérisme ravage la société, c’est parce qu’on fait ce qu’il faut pour ; si la pollution détruit la planète, c’est parce qu’on s’y évertue ; si la télévision nous abrutit, c’est parce qu’on la regarde ; si nos politiciens nous trahissent, c’est parce qu’on les laisse faire ; si les journalistes endoctrinent, c’est parce qu’on les croit naïvement ; si leurs journaux existent encore, c’est parce qu’on les achète ; si l’inculture progresse, c’est parce qu’on ne se cultive pas ; si la bêtise occupe toute la place, c’est qu’on la lui laisse ; si les menteurs sont au pouvoir, c’est parce qu’on les y porte et qu’on les élit ; si les cyniques nous gouvernent, c’est parce qu’on se laisse gouverner ; si l’alimentation industrielle fait proliférer les cancers, c’est parce qu’on ne la boycotte pas ; en un mot : si le mal triomphe, c’est parce qu’on le laisse faire et qu’on ne fait pas le bien. Le capitalisme libéral a les socialistes dans la poche, et il se moque des révolutionnaires en peau de lapin ; mais il ne craint rien tant que le boycott de ses produits.

    Pacifiste et pacifique, la révolution anarchiste à laquelle j’aspire est faite de rébellion et d’insoumission, de révolte et de résistance, d’insubordination et de refus, d’indocilité et de dissipation. Elle suppose que, dans les termes de l’alternative posée par Descartes, « se changer ou changer l’ordre du monde », on comprenne que se changer, c’est aussi changer l’ordre du monde. Qui voudra pourra.

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  • Amour monstre - Katherine Dunn -

     C'est une chose cruelle pour les jeunes que de voir l'affreuse innocence dans laquelle les adultes sombrent avec l'âge, la terrible vulnérabilité qu'il convient de protéger du bourbier corrosif de l'enfance.

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  • Ça fait cinq ans que je n'ai pas pris l'air. Ma cellule fait quatre pas de long et deux bras écartés de large. Si je me mets sur la pointe des pieds, je touche le plafond. C'est un espace à échelle humaine. A mon échelle.

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  • Qu’y a t-il de mal à ne plus vouloir être seule ? À espérer se coucher le soir avec, à nos côtés, quelqu’un qui nous souhaiterait bonne nuit, nous embrasserait doucement. Fermer les yeux à la nuit tombée, en sachant que le lendemain, nous les ouvrirons à nouveau sur un visage aimé, nous offrant là, au petit matin, le premier sourire et « bonjour » de la journée ? Est-ce trop demander, quand on a passé les soixante-dix années et que la vie nous a laissé veuve, avec la peur, la nuit, pour toute compagne, que de ne plus vouloir rester seule dans son lit ?

    Voilà ce que nous raconte ce si beau livre, Nos âmes la nuit. Voilà ce qui pousse Addie à frapper à la porte de son voisin pour lui proposer ce marché.

    Nous sommes seuls tous les deux. Ça fait trop longtemps que nous sommes sans personne. Des années. La compagnie me manque. À vous aussi, sans doute. Je me demandais si vous accepteriez de venir dormir avec moi certaines nuits. Discuter.

    Louis réfléchit : se donner le temps pour répondre. Et puis se dire « pourquoi pas ! »

    Les nuits et petit à petit les jours vont se construire avec et non plus sans !
    Ce livre est un hymne à l’amour et la tolérance, sans mièvrerie ni ridicule, et à la fois une mise en lumière de notre étroitesse d’esprit, de l’emprise des convenances dans nos vies et de la manière dont on aborde le sujet de l’amour et de la solitude passé un certain âge.

    Et on ne fait même pas ce que les gens s'imaginent qu'on fait. Tu voudrais ? Demanda Addie.

    L’écriture de Kent Haruf est d’une grande beauté, toute en délicatesse et retenue…
     
    Ces « petits vieux » qui s’aiment, c’est comme ces jeunes enfants qui s’amourachent l’un de l’autre à la maternelle et qui ne veulent plus se quitter : c’est attendrissant, c’est drôle, c’est curieux… mais ça ne peut pas durer ! Ce n’est pas de leur âge. Addie et Louis, eux, vont en décider autrement.
     
    Apprendre à bien connaître quelqu’un à un âge aussi avancé. Découvrir qu’on aime bien cette personne et s’apercevoir qu’on n’est pas complètement desséché en fin de compte.
    Ça semble surtout gênant.
    Pour qui ? Pas pour moi.
    Mais les gens sont au courant.
    Bien sûr que oui. Et je m’en fiche pas mal.
     
    Y aura-t-il un moment dans nos vies aussi, où aimer ne sera plus « de notre âge » et où il faudra rester seul(e) ou sage, en attendant la mort ? Combien de Louis rêvent d’avoir leur Addie ? Et combien d’Addie se désespèrent de ne pas avoir encore trouvé un Louis avec qui partager toutes ces nuits de solitude et toutes ces journées d’ennui ?

     Et puis il y eut le jour où Addie Moore rendit visite à Louis Waters.

    Nos âmes n’ont pas d’âge.
    La nuit. Le jour.
    Ou plutôt, elles ont l’âge que nous voulons bien leur donner...

     

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