• Manifeste Incertain 4 - Frédéric Pajak -

    Quand je pense qu’il y a peu, j’étais venue chercher dans ma petite bibliothèque préférée le tome 5 de ce manifeste incertain consacré à Van Gogh et que je repartais, guillerette mais un peu inquiète, avec 5 bouquins de près de 250 pages, me demandant si je n’avais pas un peu surestimé mon enthousiasme pour un auteur dont je n’avais, somme toute, encore jamais entendu parlé… Sauf bien sûr chez mon gourou de la lecture, François Busnel dans l’antre de sa Grande Librairie ! D’où ma recherche avide de ces merveilleux tomes dans les rayonnages de ce lieu de perdition mentionné ci-avant…

    Mes petits neurones fébriles se sont délectés des 3 premiers tomes (si, si je vous assure, c’est parfois fébriles, les neurones…), mais à l’ouverture de ce tome 4, je me suis demandée vers quoi Frédéric Pajak allait bien pouvoir nous embarquer, maintenant ? Nous avions assisté à la fin tragique de Walter Benjamin dans le tome 3. Alors allait-il s’attacher à une autre figure de l’Histoire ou allions-nous partager ses souvenirs et réflexions sur notre monde, passé, présent et à venir ? Et bien, c’est un peu tout cela à la fois, dans un équilibre et avec une finesse éblouissante : précision du dessin qui fait mouche, profondeur de la pensée qui sait s’attacher aux bons mots, avec une telle légèreté que son évidence nous submerge…

    Ce que je retiens et que je voudrais vous faire partager :

    Manifeste Incertain 4 - Frédéric Pajak -

    – cette analyse du pouvoir de la télévision (tout ce temps de cerveau occupé et si mal employé) et de la malbouffe (dis-moi ce que tu manges, je te dirais ce que tu es) qui offre une vision assez pessimiste des femmes et hommes de notre société.

    – et cette différence de classe qui perdure jusque dans nos assiettes : aux citadins les plus pauvres les aliments bourrés de pesticides, de mauvaises graisses et de fructose, aux plus riches les produits sains, non transformés et goûteux ! Enfin, pour ceux qui sont sensibles à l’importance d’une alimentation saine…

    « Chez lui, l’infortuné citadin n’a ni étable ni verger. Il n’a pas d’espace à lui, pas de temps, pas de patience. Et il n’a pas les moyens de se payer un poisson pêché du matin dans une rivière propre ni plumer une pintade heureuse. Il a faim et il boufferait n’importe quoi à la pause déjeuner ou en sortant du travail. D’ailleurs il bouffe n’importe quoi. »

    – la seconde guerre mondiale et ses atrocités ne sont jamais loin dans ce manifeste. Ici c’est de Gobineau qu’il nous présente. Ces thèses raciales – et racistes – ont été reprises par les nazis. Voilà, l’origine de tant de maux ; mais si cela n’avait pas été lui, cela aurait été un autre. À croire que l’Histoire arrive toujours à ses fins.

    – les souvenirs d’enfance de Frédéric Pajak, dans cette école hors norme, où on ne travaillait pas beaucoup, mais qui semble pourtant avoir contribué à faire de lui, l’homme qu’il est aujourd’hui. J’ai trouvé très beau ce passage où il revient sur les lieux de son enfance, submergé par l’émotion :

     « A mi-voix, je les salue, ces grands arbres qui m’ont offert leur ombre et le tendre bruissement de leurs feuilles. Je sais qu’ils me reconnaissent. Leurs bras se soulèvent à peine dans le faible vent qui chatouille mon crâne. Ils rendent le salut à l’enfant revenu, le pâle poète qui venait ici tant et tant déguster sa solitude. Tout me revient à présent. J’ai la gorge étranglée, la poitrine étouffée. J’ai aimé ces arbres et ces collines comme un fou adore son dieu. Pour tout dire, c’est bien cette nature qui m’a fait oublier Dieu. Elle est le corps du monde, et son âme exacte. Il suffit d’y croire. »

    Manifeste Incertain 4 - Frédéric Pajak -

    – et en fin d’ouvrage, un très court chapitre « le temps perdu » qui est admirable de lucidité, de pensée vive et de bon sens !

    Si vous ne devez lire que quelques pages de ce Manifeste Incertain, ouvrez celles-ci !

    A retrouver sur Page39

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  • Manifeste Incertain 3 - Frédéric Pajak -Me revoilà partie sur les chemins, avec dans les mains ce troisième tome du Manifeste Incertain de Frédéric Pajak. Entre textes et dessins, je suis les traces laissées par Walter Benjamin : son internement à Nevers, sa fuite vers le Sud pour tenter de rejoindre un bateau qui le mènerait aux États-Unis. En vain. Acculé, il se suicidera après avoir réussi à gagner la frontière espagnole, ne voulant pas tomber dans les mains de la Gestapo.

    En parallèle, l’auteur nous parle du destin d’Ezra Pound, poète américain que je ne connaissais pas, qui a adhéré sans retenue au fascisme triomphant en Italie, à cette époque. Rejeté par Mussolini, condamné et interné après la guerre, il y laissera sa raison. Deux histoires, deux engagements, deux hommes totalement différents. Tous pourtant acteurs de cette Histoire dont Pajak nous fait régulièrement le procès. Avec raison, souvent.

    Qu’en retenons-nous ? Ce qu’on veut bien nous en dire, nous en montrer ? Pourquoi gardons-nous toujours le pire et non le meilleur des conflits et des cassures de l’Histoire ?

    Si les nazis ont inventé le Blitzkrieg, la société civile les imitera avec succès. Le commerce mondial en adoptera les méthodes : Information furtive, communication instantanée. Tout ce qui apparaît doit disparaître au plus vite. L’instantanéité fait figure de religion.

    Frédéric Pajak essaie de redonner place et sens aux oubliés de l’Histoire, aux « sans-noms » qui pourtant en ont été les acteurs, au même titre que les têtes de gondole qui en font la une !

    Il ne s’agit pas de savoir comment les choses se sont réellement passées. Il s’agit de réveiller les morts, tous les morts, sans exception. Il faut entendre la voix de ceux qu’on a fait taire, la voix des misérables, des anonymes, des exclus de l’Histoire officielle. Seules ces voix retrouvées donneront une réalité au présent. Elles en sont le garant invisible et muet.

    Manifeste Incertain 3 - Frédéric Pajak -

    Je lisais il y a peu le témoignage de Nujeen Mustafa, originaire de Syrie dont certaines réflexions entrent en résonance avec ce manifeste Incertain :

    Staline a tué 6 millions de personnes dans ses goulags et pendant les Grandes Purges. Le régime d'Hitler a été encore plus meurtrier : 11 millions de morts et 17 millions de réfugiés. Je peux vous parler de Staline et d'Hitler, mais d'aucune de leurs victimes. Est-ce que ce sera la même chose avec Assad dans cinquante ans ? Sans doute. Les gens sauront tout de lui mais rien des bonnes gens de la Syrie. Nous ne serons que des nombres, Nasrine, Bland, moi et tous les autres, tandis que le tyran entrera dans l'Histoire. Cette pensée est effrayante. Nujeen, L’incroyable périple.

    Et cette réflexion sur les bonnes gens dont on ne sait rien et toutes ces mauvaises gens, qui dégoulinent des pages de nos livres d’Histoire. J’arrête là sur cette parenthèse, qui est pourtant loin d’être hors sujet : les livres se parlent et se répondent, c’est bien connu ! A nous de savoir les écouter…

    Un siècle de divers avenir radieux s’est consumé dans l’horreur et la pitié ; et nous voilà : vieux et jeunes enfants d’un temps suspendu, qui n’avons plus guère la force de rêver, n’en ressentons qu’à peine la nécessité, parce que l’idéologie moderne ne provoque aucun rêve.

    … pour pouvoir s’asseoir ensemble à la table de la fraternité !

    Manifeste Incertain 3 - Frédéric Pajak -

     

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  •  Retour sur cette lecture hors norme : le Manifeste incertain de Frédéric Pajak. Dans ce tome 2, l'auteur poursuit sa déambulation dans les rues de Paris, Venise ou Berlin. Walter Benjamin est toujours le fil conducteur de ce récit, qui entremêle souvenirs de l'auteur, considérations sur le présent, le passé et ce qui fait l'histoire... On a cette impression de suivre le déroulement de sa pensée, de ses réflexions, comme s'il nous racontait tout cela, accoudé au comptoir d'un troquet parisien. Paris ! Cette merveille que les édiles abîment, dénaturent, violentent... jusqu'à en faire une ville perdue, sans substance et sans âme.

    Paris n'est plus ce qu'il était, du temps où Benjamin apprenait à s'égarer dans les rues comme dans une forêt. Ils ne sont plus en son cœur, ces Titis parisiens qui nous faisaient sourire ou râler, ces maîtres des rues, qui occupaient la place et se foutaient de nous, les « provinciaux » qui montaient à la Capitale, des petits cailloux d'espoir plein les poches, du temps où elle faisait encore rêver...

    Maintenant, à ceux qui ont de quoi l'acheter, Paris se vend de bonne grâce, mais sans un merci, sans faire risette. Et pour ceux que la vie abîme, mal logés, mal nourris, et qui savent trop bien qu'il ne donne rien pour rien, Paris est simplement, bassement, cruellement désespérant. Sans pour autant devoir en mourir, ils traînent leur détresse dans les rues, se heurtent à la nervosité des gens qui vont au travail, ou qui le quittent.

     Manifeste incertain 2 - Frédéric Pajak -Frédéric Pajak illustre cette pensée avec toute une galerie de têtes de chiens, tous au regard désespéré, implorant... Quand j'ai lu ce passage, il résonnait particulièrement avec l'actualité (qui n'en est déjà plus une, la dernière née chassant l'autre), un sourire naissant au coin des lèvres...

    Berlin n'a pas plus de chance au grand jeu de construction des architectes contemporains. Seule Venise reste Venise...

    Walter Benjamin s'éreinte toujours dans une errance éperdue, luttant contre le temps, le nazisme qui étreint et contamine de plus en plus de ses contemporains. Entre langueur et excès, il aimerait se débattre, mais ne sait comment.

    Manifeste incertain 2 - Frédéric Pajak -Parler de Benjamin, c'est mettre en lumière cette autre histoire, celle que nous n'apprenons pas, que nous n'avons jamais apprise. Celle des petites gens, des circonstances, des hommes accidentels qui ont porté aux marches de la gloire, les soi-disant grands hommes ! Les vrais héros de l'histoire, ce sont eux ! Avalés par l'oubli...

    Peut-on vraiment ressusciter cette histoire effacée ? Tout cela n'est-il qu'affaire d'éternelle ré-écriture et air du temps ?

    Quant à lui, Benjamin ne cède pas à la pression de l'actualité, et il s'en tient strictement à sa position de sentinelle d'une Histoire non révélée, une Histoire dont le présent est redevable du passé des vaincus. 

    Ce tome 2 se clôt sur une demande de nationalité française, restée sans réponse.

    Benjamin a aimé Paris, qui l'a si peu aimé en retour. Et pourtant son nom restera attaché à la ville, dans ce qu'elle a de plus inavoué : son instinct d'utopie.

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  • Ce manifeste incertain, il trottait dans la tête de Frédéric Pajak depuis de longues années. En gestation depuis l'enfance, à vrai dire, avec ce désir chevillé au corps d'un livre, mélange de mots et d'images. Des bouts d'aventure, des souvenirs ramassés, des sentences, des fantômes, des héros oubliés, des arbres, la mer furieuse.

     

    Frédéric Pajak consigne et croque tout ce qui l'interpelle, l'interroge, le surprend, l'exècre. Noircissant au fil des ans, une multitude de carnets : mots ou lignes de fuite, fusain ou encre de chine, simple stylo bille... avec cette attention à l'Histoire, la Petite au détriment de la Grande – celle qu'on ne nous dicte ni ne nous apprend –, pour ne pas faire table rase des Hommes précédents, avalés par l'oubli de la société dominante et de l'air de son temps.

     

    Manifeste incertain 1 - Frédéric Pajak -Ces hommes et ces femmes traversent ce livre, comme ils doivent peupler, non pas seulement l'imaginaire, mais la réalité psychique de leur auteur ; ils n'ont rien d'évanescents. Ils sont là, sous nos yeux, prenant vie sous la force du trait, la puissance du noir et blanc et ses tonalités infinies...

     

    Cette histoire-là, Frédéric Pajak nous l'offre comme on partage des pensées, un récit fondateur auquel il donne vie à la force du trait et des mots, dans un équilibre d'une justesse qui force l'admiration.

     

    Quand on pense au manifeste, on a d'abord à l'esprit cette déclaration politique, fixe et revendicatrice. Une idée forte d'engagement aussi. Cette incertitude, qui lui est accolée vient mettre à mal, tempérer cette première impression. L'incertain ouvre à tous les possibles, celui de se tromper, de corriger, de pouvoir revenir sur les affirmations d'avant... Rien n'est figé. Quelle liberté accordée ! Quel espace pour penser, respirer et comprendre !

     

     Quels sont les acteurs de ce tome 1 ? Poulette, sa grand-mère, débordante d'amour qui ouvre ce manifeste, laissant la place quelques pages plus loin à Beckett et les frères Van Velde, d'une austérité qui protège, comme un rempart :

    Je n'aime pas parler. Je n'aime pas qu'on me parle. La peinture, c'est du silence. 

    Et... Walter Benjamin : sa vie, ses errances, sa fuite en avant...

    Manifeste incertain 1 - Frédéric Pajak - comme si le voyage pouvait être un remède, une échappatoire à toutes les atrocités que nous réservent cette époque, trop occupée à couver en son sein toutes les haines qu'elle nourrit, pour en voir la finalité...

     

    Avril 1932, il embarque sur un bateau à Hambourg.

     

    Il est écrivain. Écrivain ? Ou peut-être penseur, lecteur, traducteur ? ... Il a au moins la réputation d'être un auteur incompréhensible. Philosophe ?

     

    Il est surtout complètement paumé. Cette certitude de devoir dire, penser, embrasser tout ce bouillonnement du peuple, lui le bourgeois désargenté, qui ressent cette tragédie qui arrive, sans savoir comment lancer l'alerte... il froisse la syntaxe à force de sanglots ravalés, de sentences amères. Il s'adresse à l'homme perdu d'après le 30 janvier 1933, l'homme nu qui "crie tel un nouveau-né dans les couches sales de cette époque".

     

    On quitte Walter Benjamin à la fin du mois de septembre 1933, délaissant Ibiza pour Marseille. On aura navigué au fil des pages entre les lieux et les époques, mêlés, tissés, tous intimement liés, aux souvenirs de l'auteur...

    Manifeste incertain 1 - Frédéric Pajak -

    Une lecture à vivre ! Je suis déjà plongée dans le tome 2, cheminant avec Frédéric Pajak, Paris au temps de ses pavés et de sa gouaille qui ressurgit entre les SDF et nos indifférences...

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  • La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -Il en est des livres comme des gens : certains rendez-vous sont mille fois reportés et le plaisir de la rencontre, quand enfin elle se réalise, n’en est que plus vif, plus fort. Ce fut le cas pour la Cité de la joie de Dominique Lapierre. J’avais adoré le film. Et maintenant, ce livre que je n’ai pas su lâcher jusqu’au dernier mot...

    Tout le monde connaît plus ou moins l’histoire, beaucoup l’ont lue et appréciée, certains pourraient penser que ce n’est plus d’actualité, que « c’est daté » et alors à quoi bon se replonger dans ce slum de Calcutta dont on a l’impression qu’on en a tant (trop) dit.

    Cette ville est une ogresse. Elle fabrique des gens dont le seul but est de te dépouiller.

    L’Inde fait parler d’elle en ce moment, et pas forcément en bien. Et pourtant, en refermant ce livre, ce n’est pas la pitié, le dégoût ou la tristesse qui vous soulève le cœur, mais un surprenant émerveillement devant ce désir fou de vivre et une certaine incompréhension aussi : comment avoir et garder autant la foi devant tant d’abjections, d’horreurs et d’injustices ?

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    Vous êtes la lumière du monde, leitmotiv qui aide à tenir debout ou imposture qui maintient à genoux ? C’est facile de dire cela pour moi, à l’abri et au chaud dans ma petite vie de privilégiée, avec la panse pleine sans le souci de la remplir le lendemain...

    Ce qu’on lit là, dans les 3/4 de ce livre, c’est un enfer. Là-bas, on survit au milieu d’un océan de puanteur, de douleur et de mort. On (se) tue pour gagner quelques roupies et espérer au moins faire un repas par jour. On vend ses os, ses yeux, la prunelle de ses yeux (fœtus ou nouveau né). On vole. On trime. Qu’importe. On vit. On donne. On aime et on aide au centuple…

    « Tout ce qui n’est pas donné est perdu » dit le proverbe indien. On ne perd rien, à la Cité de la Joie. On s’accroche et on vit. Mais avec tant de hargne, de joie, de peur, d’amour, de douleur, de foi et autant de larmes, de sourires et de sang, qu’on ne peut qu’être admirative face à cette volonté de vivre effrénée, cette force vive dont je ne sais si nous, occidentaux, en serions aussi capables…

    Ce peuple de flagellés, d'humiliés, d'affamés, d'écrasés est vraiment indestructible. Son goût de la vie, son pouvoir d'espérance, sa volonté de se tenir debout le feront triompher de toutes les malédictions de son karma.

    Et au milieu de tout cela, il y a quoi ?

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - Un prêtre venu vivre sa foi au milieu de la lie de l'humanité, à cause de ce "J'ai soif !" crié par le Christ. Afin de dire la faim et la soif de justice des hommes d'ici qui montaient chaque jour sur la Croix, et qui savaient regarder en face cette mort que nous, en Occident, nous ne savions plus affronter sans désespoir.
    - Un paysan sans terre venu à Calcutta avec l'espoir d'y trouver de quoi vivre un jour de plus. Car dans une métropole de cette importance, il y avait toujours quelques miettes à ramasser. Alors que dans un village grillé par la sécheresse ou inondé par la mousson, même les miettes n'existaient plus.
    - des touristes (vous et moi) descendus des autocars pour se faire tirer le portrait avec nous. Les rickshaws de Calcutta en colère, cela valait bien les tigres blancs du zoo d'Ali-pore, non ?
    - des aborigènes chassés de leurs forêts en flammes,
    arrivés là poussés par la chance de trouver un abri. Ce jour-là, l'Inde avait subi une nouvelle défaite : un slum intégrait un homme qui était l'Homme par excellence, l'Homme primitif, l'Homme libre.
    - la fleur de la Cité de la Joie : Elle n'avait rien appris, mais elle savait tout. Par intuition, par amitié, par amour.

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - un américain qui se retrouve sans comprendre avec un nourrisson dans les bras : Prends-le ! gémit-elle. Emmène-le dans ton pays ! Sauve-le.
    - un médecin en mission humanitaire qui ne rêve plus que d'une seule chose : Dormir ! Dormir quinze, vingt heures de suite. Sur du ciment, avec des rats, des scolopendres, des scorpions, n'importe-où, mais dormir !

    - des lépreux dont le corps part en lambeaux, mais dont le cœur exulte : Ces hommes et ces femmes étaient la Vie. La vie en majuscules. La vie qui palpite, qui tourbillonne, qui frissonne, qui frémit, la vie qui vibre comme elle vibrait partout ailleurs dans cette ville bénie de Calcutta.

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - un auteur qui a trouvé plus que des héros de roman et qui a fait de sa vie, un combat pour tous les parias du monde (les lépreux, les malades du sida et tant d'autres...)

    Restaient les vivants.

    Alors, me direz-vous : Une goutte d'eau dans l'océan des besoins, mais une goutte d'eau qui aurait manqué à l'océan si elle n'avait pas été là. - Mère Teresa -

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -
    ¤ ¤ ¤

    4ième de couv :

    Un prêtre catholique français, un jeune médecin américain, une infirmière et un tireur de pousse-pousse indien se rencontrent sous les cataractes de la mousson.
    Ils s'installent dans l'hallucinant décor d'un quartier de Calcutta pour soigner, aider, sauver. Condamnés à être des héros, ils vont se battre, lutter, vaincre. Au milieu des inondations, des rats, des scorpions, des eunuques, des dieux, des fêtes et des soixante-dix mille "lumières du monde" qui peuplent la Cité de la joie. Leur épopée est un chant d'amour, un hymne à la vie, une leçon de tendresse et d'espérance pour tous les hommes de notre temps.

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