• La Poudre, tome 1 : écrivaines et musiciennes - Lauren Bastide -Suivant le milieu d'où nous venons, l'éducation que nous avons reçue ou bien le pays et la religion dans lesquels nous naissons, être femme n'aura pas la même signification. D'ailleurs, naissons-nous femmes ou le devenons-nous ? La question de Simone de Beauvoir à laquelle nous n'en finissons pas de répondre... Nous le devenons, la plupart du temps. Sans parler de construction de soi, chacune se débrouille du mieux qu'elle peut avec ce qui lui a été donnée, à vivre et à espérer…

    Lauren Bastide nous livre là la retranscription des entretiens de son podcast, La Poudre. Personnellement, je n'en avais écouté aucun avant de les lire. Je compte bien me rattraper rapidement. le principe est simple : Deux fois par mois au micro de Lauren Bastide écrivain·e·s, artistes, chercheur·e·s et militant·e·s se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 

    Dit comme cela, ça pourrait presque paraître anecdotique. Mais Lauren Bastide ne fait pas que donner la parole à des femmes, elle nous offre des parcours, des expériences, des vies féminines qui sont autant de modèles, de moteurs, d'espoir pour nous toutes.

    J'ai pris mon temps pour la lire, cette poudre, avec en fond sonore les créations musicales des unes, la lecture d'extraits des livres des autres avec cette impression d'évoluer au sein de ce qui a généré toutes ces créations…

    Merci aux éditions Marabout et à Babelio pour l'envoi de ce livre, dont j'attends la publication du tome 2 avec impatience !

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  • Danse, Isadora ! - Evelyne Brisou-Pellen -Je ne connaissais pas grand chose d'Isadora Duncan avant de lire ce livre : son nom et l'histoire de sa fin tragique. Entre les deux : Rien ! Je l'ai vraiment découverte lors de cette lecture et cela m'a vraiment donné l'envie d'en savoir plus sur elle.

    Quelle gamine ! Et quelle femme ! Evelyne Brisou-Pellen nous offre là un beau récit, mais également un message plein d'espoir et d'encouragement pour les jeunes qui la liront : Il faut croire en ses rêves et ne pas se laisser décourager par l'adversité. Isadora vivait avec sa famille dans la misère, mais quelle richesse de coeur !

    La mère d'Isadora élève seule ses enfants. Si elle a souvent du mal à remplir leurs ventres, il n'en est rien de leurs têtes : elle les éduquent dans un monde de culture fait de danse, de poésie, de lecture des classiques, ... Isadora et ses frères et sœur en ont le cœur plein ! Cette enfance l'accompagnera toute sa vie et fera d'elle ce qu'elle est devenue : une danseuse hors norme qui a révolutionné le monde de la danse et a inspiré les plus grands...

    Quand j'entends des pères de famille dirent qu'ils travaillent pour laisser quelque chose à leurs enfants, je me demande s'ils se rendent compte qu'ils leur retirent ainsi tout esprit d'aventure, car le meilleur héritage qu'on puisse laisser à un enfant est de lu permettre de faire son chemin seul. Isadora Duncan

    Merci à Babelio et aux éditions ScriNéo pour cet envoi qui fut une réelle découverte !

     

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    4ième de couv
    :

    Découvrez l’incroyable enfance d’Isadora Duncan qui révolutionna la pratique de la danse !

    Sacré phénomène, Isadora Duncan ! À six ans, elle improvise une petite école de danse, à onze, elle donne de vrais cours, inventant ce qui deviendra la danse moderne.

    En attendant le succès qui, elle en est sûre, l’emmènera loin de San Francisco, elle doit faire des prouesses pour trouver de quoi manger, mais aussi payer le loyer pour éviter que sa famille ne se retrouve à la rue. Car bien qu’elle soit la plus jeune, elle est la plus débrouillarde…

    De San Francisco à Paris, en passant par New York, suivez le parcours de cette danseuse atypique, qui a révolutionné le monde de la danse !

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  • Marx et la poupée - Maryam Madjidi -J'ai adoré ce livre ! Mélange de témoignages, de roman, de journal intime, empli de poésie... Il faut avoir vécu l'exil pour comprendre toute l'ambivalence des sentiments qui sont à l'oeuvre dans cette volonté "d'assimilation", de se sentir enfin à sa place dans un pays, une ville, un lieu, une communauté... Mais rien n'est plus difficile. Entre les souvenirs qui vous assaillent, la rancoeur parfois, de ne pas avoir une vie à la hauteur de ce que l'on s'était imaginée, la honte de ses racines et j'en passe.

    Maryam Madjidi arrive à 6 ans en France. Si jeune et pourtant. Les souvenirs de sa vie d'avant en Iran, sont bien présents et bien là ! On a ses yeux de petite fille et on assiste aux angoisses, aux tentatives désespérées des adultes pour lutter contre ce régime religieux qui les briment et les tuent jusqu'à la fuite de ce pays qu'ils ne reconnaissent plus...

    Une nuit, elle en est sûre, elle a vu sa mère dans le jardin, au pied de l'arbre, enterrer ses rêves, un par un, à côté de ses jouets à elle.

    Si ce n'est que Maryam, elle, ne voulait pas partir. Du haut de ses 6 ans, que comprendre à ce monde d'adultes ? Elle ne voit que ses jouets qui s'égrainent ailleurs, que les câlins de Maman Massoumeh qui ne la berceront plus : 

    Je voudrais que tu nous prennes en otage dans cette maison pour toujours, que tu ne nous laisses plus repartir. Donne-nous encore des plats délicieux, du thé, de la chaleur, des friandises. Prends soin de ma première maison. Enveloppe-nous, fais taire les cris du monde, parle-nous encore.

    Il y a de belles réflexions sur la langue natale : celle du passé, du monde honnis qu'on rejette enfant, et sur cette reconquête des mots, une fois adulte, quand le temps a fait son travail de résilience, de mémoire retrouvée et enfin désirée...

    Tu t'acharnais à maintenir un lien entre ton pays et ta fille. Corde rongée par l'exil, ne tenant plus qu'à un fil. Et ce fil était la langue. Mais cette langue, je ne l'aimais plus car elle me faisait souffrir. (...) Tu réalisais peu à peu que ce nouveau pays transformerait ta fille, tu avais peur qu'elle devienne une étrangère ou plutôt de devenir un étranger pour elle, qu'elle n'ait plus rien en elle d'iranien.

    Un livre poignant, sans être larmoyant au contraire. C'est une ode au courage et à la résistance. L'exil n'est pas forcément un échec. C'est aussi une deuxième chance et l'opportunité de continuer la lutte, d'une manière ou d'une autre... La littérature en est une ! 

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    4ième de couv : 

    Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
    À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan, qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

    Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

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  • Le livre que je ne voulais pas écrire - Erwan Larher - Voilà un livre que je ne voulais pas lire. Peur d’être bousculée, touchée, atteinte. Puis, j’ai fini par l’ouvrir. Il est tout ce que je craignais : il vous remue les tripes à vous faire chialer, il appuie là où ça fait mal, sans pudeur ni faux semblants.

    Après l’effroi et l’angoisse, c’est maintenant la colère qui me domine. Colère contre ces barbares – qu’est-ce qu’ils croient ? -, colère contre ma patrie incapable de protéger sa jeunesse – alors voilà, on peut débarquer à Paris avec des kalachnikovs et ouvrir le feu au hasard, ou pas forcément au hasard mais sur n’importe qui. 

    C’est le témoignage d’un survivant et d’un écrivain qui ne veut pas faire business de cette horreur qui lui est tombée dessus ce soir du 13 novembre 2015, au Bataclan, comme tant d’autres dans cette même salle et ailleurs.

    Tu es un romancier qui invente des histoires, pas qui romance sa propre histoire. Tu as besoin de liberté. Tu ne veux pas décrire. L'odeur. Les HURLEMENTS. Au-delà des mots. Au-delà de l'imagination. Vous n'en saurez jamais rien, des HURLEMENTS, quelle que soit la plume.

    C’est le témoignage d’un homme qui sait que pour s’en sortir, l’humour et la dérision est une arme maîtresse. Et « Le livre que je ne voulais pas écrire » n’en manque pas ! Je suis passée du rire aux larmes, en quelques phrases, quelques pages. J’ai saisi l’horreur des téléphones qui sonnent, condamnant dans le même temps ses possesseurs ; j’ai senti cette main accrochée à sa jambe, comme à une bouée de sauvetage et j’ai surtout compris cette difficulté d’écrire sur cette nuit terrible, cet « après » de celui qui a eu la chance de s’en sortir et ne revendique aucune légitimité de paroles ou d’écriture.

    La littérature n’arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari. 

    Voila un livre que je ne voulais pas lire...

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    4ième de couv : 

    Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain.
    Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie: je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment; donc lui aussi.

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