• La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -Il en est des livres comme des gens : certains rendez-vous sont mille fois reportés et le plaisir de la rencontre, quand enfin elle se réalise, n’en est que plus vif, plus fort. Ce fut le cas pour la Cité de la joie de Dominique Lapierre. J’avais adoré le film. Et maintenant, ce livre que je n’ai pas su lâcher jusqu’au dernier mot...

    Tout le monde connaît plus ou moins l’histoire, beaucoup l’ont lue et appréciée, certains pourraient penser que ce n’est plus d’actualité, que « c’est daté » et alors à quoi bon se replonger dans ce slum de Calcutta dont on a l’impression qu’on en a tant (trop) dit.

    Cette ville est une ogresse. Elle fabrique des gens dont le seul but est de te dépouiller.

    L’Inde fait parler d’elle en ce moment, et pas forcément en bien. Et pourtant, en refermant ce livre, ce n’est pas la pitié, le dégoût ou la tristesse qui vous soulève le cœur, mais un surprenant émerveillement devant ce désir fou de vivre et une certaine incompréhension aussi : comment avoir et garder autant la foi devant tant d’abjections, d’horreurs et d’injustices ?

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    Vous êtes la lumière du monde, leitmotiv qui aide à tenir debout ou imposture qui maintient à genoux ? C’est facile de dire cela pour moi, à l’abri et au chaud dans ma petite vie de privilégiée, avec la panse pleine sans le souci de la remplir le lendemain...

    Ce qu’on lit là, dans les 3/4 de ce livre, c’est un enfer. Là-bas, on survit au milieu d’un océan de puanteur, de douleur et de mort. On (se) tue pour gagner quelques roupies et espérer au moins faire un repas par jour. On vend ses os, ses yeux, la prunelle de ses yeux (fœtus ou nouveau né). On vole. On trime. Qu’importe. On vit. On donne. On aime et on aide au centuple…

    « Tout ce qui n’est pas donné est perdu » dit le proverbe indien. On ne perd rien, à la Cité de la Joie. On s’accroche et on vit. Mais avec tant de hargne, de joie, de peur, d’amour, de douleur, de foi et autant de larmes, de sourires et de sang, qu’on ne peut qu’être admirative face à cette volonté de vivre effrénée, cette force vive dont je ne sais si nous, occidentaux, en serions aussi capables…

    Ce peuple de flagellés, d'humiliés, d'affamés, d'écrasés est vraiment indestructible. Son goût de la vie, son pouvoir d'espérance, sa volonté de se tenir debout le feront triompher de toutes les malédictions de son karma.

    Et au milieu de tout cela, il y a quoi ?

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - Un prêtre venu vivre sa foi au milieu de la lie de l'humanité, à cause de ce "J'ai soif !" crié par le Christ. Afin de dire la faim et la soif de justice des hommes d'ici qui montaient chaque jour sur la Croix, et qui savaient regarder en face cette mort que nous, en Occident, nous ne savions plus affronter sans désespoir.
    - Un paysan sans terre venu à Calcutta avec l'espoir d'y trouver de quoi vivre un jour de plus. Car dans une métropole de cette importance, il y avait toujours quelques miettes à ramasser. Alors que dans un village grillé par la sécheresse ou inondé par la mousson, même les miettes n'existaient plus.
    - des touristes (vous et moi) descendus des autocars pour se faire tirer le portrait avec nous. Les rickshaws de Calcutta en colère, cela valait bien les tigres blancs du zoo d'Ali-pore, non ?
    - des aborigènes chassés de leurs forêts en flammes,
    arrivés là poussés par la chance de trouver un abri. Ce jour-là, l'Inde avait subi une nouvelle défaite : un slum intégrait un homme qui était l'Homme par excellence, l'Homme primitif, l'Homme libre.
    - la fleur de la Cité de la Joie : Elle n'avait rien appris, mais elle savait tout. Par intuition, par amitié, par amour.

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - un américain qui se retrouve sans comprendre avec un nourrisson dans les bras : Prends-le ! gémit-elle. Emmène-le dans ton pays ! Sauve-le.
    - un médecin en mission humanitaire qui ne rêve plus que d'une seule chose : Dormir ! Dormir quinze, vingt heures de suite. Sur du ciment, avec des rats, des scolopendres, des scorpions, n'importe-où, mais dormir !

    - des lépreux dont le corps part en lambeaux, mais dont le cœur exulte : Ces hommes et ces femmes étaient la Vie. La vie en majuscules. La vie qui palpite, qui tourbillonne, qui frissonne, qui frémit, la vie qui vibre comme elle vibrait partout ailleurs dans cette ville bénie de Calcutta.

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - un auteur qui a trouvé plus que des héros de roman et qui a fait de sa vie, un combat pour tous les parias du monde (les lépreux, les malades du sida et tant d'autres...)

    Restaient les vivants.

    Alors, me direz-vous : Une goutte d'eau dans l'océan des besoins, mais une goutte d'eau qui aurait manqué à l'océan si elle n'avait pas été là. - Mère Teresa -

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -
    ¤ ¤ ¤

    4ième de couv :

    Un prêtre catholique français, un jeune médecin américain, une infirmière et un tireur de pousse-pousse indien se rencontrent sous les cataractes de la mousson.
    Ils s'installent dans l'hallucinant décor d'un quartier de Calcutta pour soigner, aider, sauver. Condamnés à être des héros, ils vont se battre, lutter, vaincre. Au milieu des inondations, des rats, des scorpions, des eunuques, des dieux, des fêtes et des soixante-dix mille "lumières du monde" qui peuplent la Cité de la joie. Leur épopée est un chant d'amour, un hymne à la vie, une leçon de tendresse et d'espérance pour tous les hommes de notre temps.

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  • Dix jours dans un asile - Nellie Bly - Chronique d’une lecture qui se devait commune et qui par ma faute s’est transformée en une course effrénée pour retrouver ledit livre, parti en voyage dans des contrées lointaines. En cause : ma propension à laisser mes biblio en libre service aux amis de passage… Je plaide coupable auprès dAelinel et depuis, mets sous scellés mes livres non encore lus pour m’en réserver la primeur – vile égoïste individualiste que je suis devenue ! Malgré tout, cette quête plus que longuette, aura eu l’avantage de faire de ce petit ouvrage d'une centaine de pages, un objet de convoitise venant régulièrement titiller en moi un désir insatiable de lecture. De retour dans ma boîte aux lettres, après quelques mois d’errance et autant de lecteurs, il fut reçu comme le messie (et à cette période de l’année, c’est peu que de le dire).

    Dix jours dans un asile - Nellie Bly - Enfin, ne nous égarons pas et revenons en au fait : Nellie Bly et son incroyable détermination à mener l’enquête pour donner à lire la réalité d’un lieu aussi fermé et maintenu secret à son époque (1887) que les abattoirs ou les laboratoires d’expérimentation animale aujourd’hui : l’asile ! Ne vous méprenez pas : il ne s’agit pas pour elle de créer le buzz, comme on dit maintenant, mais de faire un scoop, avec toute la force, le sérieux et l’investissement que cela signifiait, avant... Je vous parle d’un temps où le journalisme d’investigation faisait ses armes, où les journaux donnaient à penser, comprendre, où les lecteurs découvraient là, des vérités cachées… où les femmes n’exerçaient pas de telles professions.
    Doublement admirable, Nellie Bly !

    Dix jours dans un asile - Nellie Bly -
    blackwell's island hospital

    Elle atteint des limites qu’aucun avant elle n’avait encore osé franchir. Elle se fait enfermer dix jours dans un asile, mène l’enquête et découvre l’innommable : le traitement infligé à ses pauvres femmes, dont beaucoup meurent de froid ou de faim, l’incompétence du personnel soignant, sa cruauté… et pire que tout, la présence dans ces lieux d’un nombre considérable de femmes saines d’esprit, jetées là sans autre forme de procès !

    Dix jours dans un asile - Nellie Bly - blackwell's island hospital

    Mise à part la torture, quel autre traitement vous conduirait plus vite à la folie ? Ces femmes sont envoyées dans cet endroit afin d'être guéries. Je conseille à ces mêmes experts qui m'ont envoyées à l'asile - une décision qui a prouvé leur valeur d'enfermer n'importe quelle femme en bonne santé et saine d'esprit, de la forcer à rester assise sur des bancs à dossier droit de six heures du matin à huit heures du soir, de la priver de lecture et d'accès au monde extérieur, de lui donner pour toute récompense des coups et une nourriture infecte, et de voir combien de temps cela prendra pour qu'elle devienne folle. Deux mois de ces mauvais traitements suffiraient à la transformer en loque humaine.

    Résultat : C’est un tsunami qui secoue le peuple ; l’incrédulité et le déni font place à l’indignation et les politiques s’inclinent devant le scandale !

    Non seulement Nellie a fait plier le pouvoir et fait infléchir les politiques de santé dans ce domaine, mais elle a fait un pas certain dans la lutte pour l’émancipation des femmes ! Et elle ne sait pas arrêtée là ! Deux autres de ses enquêtes closent le livre : la première sur la réalité des agences de placement des employées de maison et la seconde sur le travail et la rémunération des ouvrières dans les usines. Toutes deux dénoncent l’exploitation de ces femmes : pénibilité du travail et rémunération dérisoire.

    Plus je découvre son parcours et sa vie, plus je suis estomaquée par cette femme d’une liberté et d’une audace à toute épreuve… Et plus me semble rare et restreinte, aujourd'hui, la place laissée dans l’espace médiatique aux journalistes qui mènent de telles enquêtes, avec tout le danger et le risque que cela comporte. Je ne peux m’empêcher de penser à Marie-Monique Robin, également journaliste et femme d’exception, tant j’ai de respect pour son travail et ce qu’elle représente.

    – Le Monde selon Monsanto et Notre poison quotidien

    Lisez ce livre, en vous replongeant dans son contexte, et vous serez comme moi, ébranlée par ce qu’elle écrit, dans l’urgence et dans le souci du détail et de la véracité, fascinée et admirative de ce petit brin de femme à la poigne et la détermination de fer.

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  • L'écharpe rouge - Yves Bonnefoy -L'écharpe rouge, cette centaine de vers écrite en 1964 par Yves Bonnefoy et restée dans le fond d'un tiroir tout ce temps, est le point de départ de ce livre. Toutes ces années, l'auteur n'a pas su quoi faire de ses vers. Les publier ? non. Les jeter ? encore moins. Mais pourquoi ? Ce récit, ou plutôt cette "idée de récit" non aboutie, que pouvait-il renfermé pour accaparer autant l'esprit du poète, sa conscience, tout ce temps ?

    Je crois bien qu'il me faut penser qu'au moment même où je cherchais à percer à jour ces énigmes, j'avais désir de ne pas le faire. Car il y avait en moi quelqu'un pour rêver, ah, certes, coupablement, qu'existe un autre niveau de réalité que celui où on pense et œuvre ordinairement : et que de cet autre lieu dans l'esprit je pouvais espérer que je recevrais parfois des messages, mais qui seraient obscurs, par nature, sinon même à jamais impénétrables. Et quel plaisir, quand on pense ainsi, d'imaginer qu'on vient d'en découvrir un, caché dans les sables de l'existence d'ici !

    Yves Bonnefoy entreprend de déconstruire pas à pas ces quelques phrases et se lance ainsi dans un récit qui remonte petit à petit de la rencontre de ses parents, à sa naissance, son enfance, pour finir par se rendre compte que là est ce qui l'a mené à cet amour immodéré des mots, du langage et à la naissance de sa vocation poétique. L'écharpe rouge a quelque chose à voir avec l'analyse, au sens freudien du terme, mais d'où ne serait pas exempt le langage poétique. Il y a quelque chose d'intimiste dans ce dernier écrit de l'auteur, qui m'a toujours paru quelqu'un de réservé, pudique et secret. Une sorte de testament, de passage de témoin, où l'on remercie et met en ordre sa vie avant de prendre congés. Lire quelques L'écharpe rouge - Yves Bonnefoy -mois après, l'émotion qu'il a à se remémorer et à enfin comprendre, les silences maternels, le désœuvrement et la culpabilité paternels, m'a fait le sentir tellement vivant et si proche.

    Certains passages pourront paraître longuets, d'autres se perdre dans les méandres d'une conscience qui essaie de retrouver traces et sens, mais c'est ce qui, pour moi, en a fait le charme... 

    Réaliser qu'après avoir écrit l'écharpe rouge, tisser ce lien qui lui a permis de pouvoir "ranger" dans sa conscience ce texte, y mettre un point final afin qu'il puisse prendre la place qui aurait dû être la sienne depuis 1964, le poète pouvait partir serein.

    La vie n'est jamais qu'un éclair qui ne s'immobilise que pour laisser entrevoir, c'est son vœu peut-être, de grands pays en sommeil étagés de toutes parts autour de nous dans la nuit.

    1964-2015 : 51 ans ! la moitié d'un siècle, deux générations, pour qu'enfin le secret de la genèse de ces quelques pages puisse enfin éclore à la conscience.

    ¤ ¤ ¤

    L'écharpe rouge - Yves Bonnefoy -

    4ième de couv :

    Lorsque Yves Bonnefoy retrouve par hasard un poème d’une centaine de vers libres jamais publié intitulé « L’écharpe rouge », et qui aurait été une « idée de récit », le voilà devant un mystère : quelle était donc ce récit jamais advenu ? Dans le poème sont évoqués des noms de lieux, des événements : mais à quoi faisaient-ils référence ?
    C’est donc à un voyage dans le temps que nous invite le poète. Dans son propre texte, il part à la recherche de signes, se fait archéologue de son propre poème. L’auteur se dédouble, devient son propre exégète, décryptant les strates successives qui ont participé à la genèse de son texte. Et, partant de toute son œuvre.
    Ce voyage dans le temps, au cœur de la mémoire, réveille des souvenirs qui le mènent inévitablement vers le pays natal. Notamment vers son père et sa mère, Elie et Hélène, dont il nous livre les portraits et l’histoire de leur rencontre. Il évoque donc les « origines » au sens propre, mais aussi les origines de son oeuvre, donnant un éclairage inédit et rétrospectif sur sa vocation littéraire.
    Le texte d’Yves Bonnefoy laisse éclore l’émotion avec beaucoup de simplicité et d’élégance. Un récit bouleversant où Yves Bonnefoy se livre comme il ne l’avait peut-être jamais fait auparavant.

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  • Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon d'Auxerre -J’ai eu l’envie de lire ce livre il y a déjà quelques mois en suivant la lecture d’Iris, les citations qu’elle a picorées de ci de là pour nous les faire partager et sa critique engagée – et engageante. Je ne le regrette pas. Certes, vous allez me dire, qu’apprend-on que l'on ne savait déjà sur ce monde du mannequinat ? Rien, pour beaucoup. Mais si le fait de le savoir ne change pas les mentalités de tous ceux et celles qui tueraient père et mère pour avoir « un carton » pour la dernière collection de Monsieur Décrépit et de Madame Harpie, peut être que partager l’expérience de Victoire Maçon d’Auxerre pourra-t-il, si ce n’est faire avancer les choses, du moins en faire réagir certaines ou certains. Je sais, ce n’est pas gagné. Mais son témoignage a le mérite (et le courage) d’exister : Elle relate sa vie de top model durant une année, ce qui l’a mené sur les podiums et à l’anorexie, car Jamais assez maigre !

    Quelle vie de chien, la vie de cintre !

    L’idéal de ces grands créateurs : un petit poupon pré-pubère, non pas rondelet comme un bébé Cadum, mais plutôt émacié, grand corps dénutri aux os et pommettes saillants avec de grands yeux fixes et vides au milieu d’un visage exsangue. Pas de seins, pas de fesses, pas de hanches. Rien. Malgré tous les froufrous, les jarretelles et les tissus soyeux, ce n’est pas la féminité qu’on sublime. Et ce n’est pas non plus la libido qu’on titille dans les défilés, mais un sacrosaint idéal : « le culte de la peau sur les os », que certains Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon d'Auxerre -nomment pudiquement minceur… Une femme mince est tout aussi jolie qu’une femme ronde. Mais ce n’est pas la minceur qui est décriée ou mise en cause dans le témoignage de Victoire. 

    C’est la sous-nutrition comme moyen de facilité (quand vous n’avez aucune forme, le vêtement «tombe bien » sur vous, sans retouches nécessaires) et arme de soumission (quand vous ne vous alimentez plus ou mal, votre cerveau perd ses capacités, tout à son affaire de faire fonctionner vos fonctions organiques premières pour vous maintenir en vie).

    Un défilé de cernes sur porcelaine.

    Vous dire que tout cela fait rêver. Il paraît. Une chose est sûre : ça fait vendre. Et pour beaucoup c’est la seule chose qui importe…

    Vous lirez comme moi les arguments des uns et des autres, fallacieux pour beaucoup (« nos mannequins sont naturellement maigres », emprisonnés dans un « idéal » pour certains (« la minceur allonge, cela donne une sacrée allure à la silhouette ») et désespérés pour d’autres (« si je veux travailler, je n’ai pas le choix »)… Je vous laisse les découvrir.

    Je pourrais m’appesantir sur beaucoup de choses qui m’ont fait réagir à la lecture de ce livre et elles sont nombreuses : Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon d'Auxerre -

    – la réaction des parents de Victoire
    – la réalité du mannequinat : des heures d’attente et d’ennui pour quelques minutes de trip intense et cristallin, comme un flash d’héro avant la descente…
    – la critique des mannequins trop rondes (entendons-nous, il ne s’agit que d’un petit 36)
    – l’art du photo(shop)graphe qui s’emploie à remettre des joues, des seins, des pleins, là où il n’y a plus qu’os anguleux et creux
    – le fait que l’anorexie est une conséquence pour Victoire, mais que cela reste une maladie qui a bien souvent d’autres causes que l’envie de ressembler à cet idéal de beauté...

    Et la liste pourrait être longue encore.

    La seule chose que je voudrais ajouter pour conclure, c’est qu’on incrimine les agences, les stylistes, les créateurs, les magazines, etc., mais l’acteur principal de tout cela, c’est nous : vous et moi et tant d’autres, qui avons intégré la maigreur comme « norme » et nous moquons parfois, même « gentiment » des rondeurs de telle ou telle sur le devant (ou pas) de la scène, qui achetons ces magazines où s’étalent en pleine page des silhouettes filiformes que nous n’atteindrons pour la plupart jamais, des régimes « miracles » que nous suivons bien que nous savons pertinemment, que nous reprendrons « tant  et plus» avant même d’être rentrée dans le petit slim et le mini maillot qui nous font de l’œil dans les vitrines.

    S’il y a changement à espérer, il ne faut pas attendre que cela vienne de tout ce beau monde, mais « simplement » de nous...

    ¤ ¤ ¤

    Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon Dauxerre -

    4ième de couv :

    À 17 ans en pleine révisions du bac Victoire fait du shopping à Paris, quand elle est repérée par un chasseur de mannequins. Engagée par l’agence Elite, elle mesure 1,78 m et pèse 56 kg. Trop grosse ! Ou pas assez maigre. Elle va perdre 9 kg en ne mangeant que trois pommes par jour, afin de répondre aux exigences tyranniques des maisons de couture.
    En septembre elle atteint la taille 32, sésame indispensable pour briller lors des castings, et participe avec succès à sa première fashion week à New York. Avec Milan et Paris, elle enchaîne vingt-deux défilés pour les plus grands créateurs : Céline, Alexander McQueen, Miu Miu, Vanessa Bruno... Elle entre dans le Top 20 des mannequins les plus demandés.
    Mais derrière la soie et les paillettes Victoire découvre un système inhumain : des adolescentes que l’on prend pour des femmes sont traitées comme des objets. La sélection est impitoyable et la maigreur devient une obsession. Elle est emportée dans la spirale de l’anorexie. Sept mois après ses débuts fracassants, elle fait une tentative de suicide et passe des podiums à l’hôpital.
    Un récit sans fard de la vie d’un top model d’aujourd’hui. Un témoignage bouleversant.

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  • Le miroir aux alouettes - Michel Onfray -« La Gauche va mal ! », tu disais encore cela il y a quelques semaines. Je ne savais pas trop quoi dire ou faire pour te rassurer. Toi, l’homme qui a sabré le champagne le 21 mai 1981 lors de l’élection de Mitterrand, qui rentrait tous les soirs à pas d’heure à la maison, mangeant seul sur ton coin de table, de retour des cours que tu donnais à tous ces gens « qui venaient tous de leur plein gré vider les poubelles » de nos contrées, qui prenait tant soin des « gamins de la rue » au risque d’en oublier les tiens.
    Que t’en reste-t’il maintenant ?
     

    J’aimerai te faire partager ma lecture du miroir aux alouettes de Michel Onfray. Pas pour te réconcilier avec ce courant politique qui a bercé chez toi tant d’espoirs (l’alouette s’est déjà faite assez plumée comme cela !), mais pour te dire que non. Tu n’as pas fait tout ça pour rien.  Lui aussi, c'est un adepte du Colibri, alors tu vois...

     Tu aimeras l’entendre dire que cette Gauche-là, sur le devant de la scène politique, n’est pas la « vraie » Gauche, celle du Peuple, le vrai, le "old school", celui d'où tu viens... Celle que tu ne comprends plus a usé ses fonds de pantalons sur les mêmes bancs que ceux que tu fustiges. L'école de la rue, ils ne connaissent pas. Alors je ne te parle même pas de l'école de la vie...

    Le miroir aux alouettes - Michel Onfray -

    Il va parfois t'énerver, le Michel, car il tire à boulets rouges sur tout ! Ça castagne dur ! Les politiques (Gauche - surtout la gauche -, Droite, Centre, Extrêmes des deux bords), les Médias, les Intellectuels - surtout de Gauche (vade retro BHL !),  la Religion (bon, là, tu feras pas celui qui savait pas...), L'Europe, la faillite de la Culture, de l’Éducation et j'en passe car la liste est longue... 
    Je sais ce que tu me répondras : C'est peut-être bien parce que "tout fout le camp", qu'il "en a pris plein la gueule" et que "y a un moment où faut que ça sorte !" et "qu'il faudra bien que ça cesse !"

    Là où cela va moins te plaire, c'est quand il explique pourquoi des gens comme toi on rejoint le FN. Comment à force de plus savoir comment se battre, de dénis, de confiscations de la parole (et de l'écoute qui va avec), tu as baissé les bras et abandonner le combat. Tu as laissé pourrir tes idées face à la réalité que tu n'arrives plus à concilier avec tes idéaux. Mais d'un autre côté, toi, tu as déjà bien lutté. C'est notre tour, maintenant...
    Tu les entends tous parler de de Gaulle, de Mitterrand, de Jaurès... tu ne sais plus si c'est eux qui ont plus de quatre-vingts balais ou toi ! T'aimerais voir un jeunot de moins de quarante berges sortir de derrière le rideau. Pas celui-là, mais un autre. Un des tiens. Des nôtres...
    Alors tu souris à Marine en pensant qu'elle te le rendra bien.

    Te connaissant, je sais ce que tu vas me dire quand tu l'auras lu : "Il serait pas un peu démago "ton" Michel ?" Et je te donnerais raison. Puis quand tu apprendras qu'il ne va plus voter depuis des années, je m'attends à ta colère et ton mépris : "Il n'est pas mieux que les autres ! " Mais je prends le risque, car il a dans sa manche une carte contre laquelle tu ne pourras rien dire, car cela a toujours été la tienne : Il ne fait pas que critiquer, dire ou donner des leçons "mon" Michel. Il agit aussi...

    Le miroir aux alouettes - Michel Onfray -

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    - C'est un truc comme ça qu'on doit raconter quand on a lu un bouquin sur ton site ?
    - Non pas vraiment.
    - Bah pourquoi tu le mets alors ?
    - Parce que c'est comme ça que j'avais envie de l'écrire, tellement j'ai pensé à toi en le lisant.
    - Mais tu dis même pas si tu l'as aimé. Tu l'as aimé ce livre, alors ?
    - Oui. Je l'ai aimé. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec son auteur.
    Mais l'important n'est pas là. L'important, c'est qu'il donne à agir, là où on n'aurait aimé que penser...

    ¤ ¤ ¤

    4ième de couv :

    Ceci est, d’une certaine manière, une autobiographie politique dans laquelle il est question d’athéisme social et de refus des mythes proposés par ceux qui nous gouvernent ; de ce qui nourrit le Front national et du rôle de la gauche libérale dans la formation de ce chiffon rouge ; du besoin des Le Pen qui structure la gauche gouvernementale et de sa prétendue lutte contre eux ; de la fabrication du consentement par les médias et du journalisme comme propagande de ces mythologies ; du souverainisme devenu un gros mot et, conséquemment, de la servitude transformée en vertu ; de la religion libérale qui triomphe depuis 1983 et génère la misère, donc le populisme ; des guerres faites aux côtés des Bush depuis 1991 et qui contribuent au terrorisme dans le pays ; de la haine de ceux qui, comme moi, restent fidèles à la gauche sociale et pacifiste ; du mépris dans lequel est tenu l’athée que je suis et des insultes qui accueillent quiconque pense l’islam en voltairien ; de la nécessité d’en finir avec les imposteurs qui se disent de gauche, mais qui ne mènent pas une vie de gauche ; enfin, de la gauche libertaire qui est la mienne et de la possibilité ici et maintenant d’une anarchie positive.

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