• Utopies réalistes  - Rutger Bregman - - Tu y crois à ça ?

    - A quoi ?

    - Bah, à ton bouquin-là ! Tu crois que c'est possible : le revenu universel, l'indice de bien être économique durable, le partage du travail... ?

    - C'est réalisable et cela a été réalisé dans certains pays à titre d'expérimentation ou de façon durable. Les résultats sont sans appel : non seulement la situation personnelle des gens s'en est trouvée grandement améliorée mais cela a été créateur de richesses pour la société entière. Et pour un coût moindre que toutes les politiques sociales existantes.

    - J'ai pas tout lu, mais j'ai parcouru, ça a l'air de se tenir. Mais il reste un problème essentiel dans cette idée humaniste : Si on donne aux pauvres le moyen de subvenir à leurs besoins élémentaires, qui ira faire les boulots pourris auxquels la précarité les contraint ? Tu crois qu'ils iront tous demain ramasser nos poubelles et nos merdes ? Tu crois qu'ils iront pointés à l'usine pour souder, découper, assembler toujours les mêmes choses dans le bruit et des cadences infernales ? Et je ne te parle même pas de ce qui se passe ailleurs, tous ces pays qui fabriquent nos fringues, nos iPhones et tous ces gadgets qu'on nous vend un fric dingue alors qu'on paye des ouvriers-esclaves une misère pour les réaliser dans des conditions sanitaires exécrables.

    - Bien sûr que non ! C'est évident ! Toi comme moi savons bien qu'on échangerait jamais nos jobs pour un de ceux-là. Mais, posons le problème autrement : Demain, personne n'est plus contraint par la nécessité à exercer une activité qu'il n'a pas choisie, un boulot de merde pour parler clairement. Et entre nous, il y a aussi beaucoup de boulots à la con en haut de la pyramide et avec des salaires confortables à la clef. Combien d'ingénieurs ou de cadres sup', qui exploitent ou empoisonnent le monde, partent avec leur pécule pour cultiver du bio en Ardèche et regarder pousser leurs mômes ? Enfin, c'est encore un autre problème... Je reprends là où j'en étais : Demain, on ne trouve plus personne pour faire ces boulots. Que se passera-t-il ?

    1Utopies réalistes  - Rutger Bregman - ) On fera le tri rapidement entre les activités réellement nécessaires et utiles à  notre société et celles qui ne le sont pas.

    2) On sera dans l'obligation de rendre attractives les activités nécessaires à nos besoins fondamentaux. Peut-être tout simplement en faisant enfin coïncider le montant des salaires avec les véritables valeurs ? Nettoyer les rues, ramasser les poubelles, nourrir le monde sainement, éduquer la jeunesse, soigner et assurer la protection et la garantie des libertés de chacun (et non plus seulement des biens), ... la liste est longue. Tous ces métiers devront être rétribués à la hauteur du service rendu à la collectivité. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Si demain, il est plus rémunérateur de recycler les déchets, d'enseigner ou de soigner que de courir après un ballon ou de fermer une entreprise pour augmenter le profit de ses actionnaires, les volontaires se bousculeront au portillon. Et non pas seulement pour le salaire, mais aussi parce que tous ces métiers dépréciés et méprisés aujourd'hui seront porteurs de valeurs et de reconnaissance...

    - ça y est, Liza, tu recommences avec les Bisounours. Tu crois réellement que nos politiques, culs et chemises avec les sbires de la finance, véritables dirigeants et décideurs de ce monde, laisseront faire cela ?

    - Bien sûr que non, ils ne nous laisseront pas faire ! Cela fait des années que nos politiques ont enterré le Bien Commun sans fleur ni couronne et qu'ils nous engluent petit à petit dans un système qui nous contraint à l'acceptation, tu sais le TINA de Thatcher ! There is no alternative ! Ce bouquin, comme tu dis, il nous en donne des alternatives et des pistes pour y arriver. Rutger Bregman nous prouve qu'une autre réalité peut être possible. Il suffit peut-être seulement de la vouloir et de s'organiser pour la faire advenir ?

    Si nous voulons changer le monde, il nous faut être irréalistes, déraisonnables et impossibles. Rappeler-vous : ceux qui appelaient à l'abolition de l'esclavage, au droit de vote des femmes et au mariage pour tous, eux aussi étaient traités de fous. Jusqu'à ce que l'histoire leur donne raison.

    - A qui l'histoire donnera-t-elle raison, Liza ?

    - Commence par lire ce livre et on en reparle juste après...

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    4ième de couv :

    Ouvrir grand les frontières, une semaine de travail de quinze heures, le revenu de base universel... Des idées naïves et dépassées ou bien la force de l'utopie renouvelée ? Résolument anti-décliniste, Utopies réalistes tombe à pic et nous explique comment construire un monde idéal aujourd'hui et ne pas désespérer ! D'une ville canadienne qui a totalement éradiqué la pauvreté à l'histoire d'un revenu de base pour des millions d'Américains sous Richard Nixon, Rutger Bregman nous emmène dans un voyage à travers l'histoire, et, au-delà des divisions traditionnelles gauche-droite, il défend des idées qui s'imposent par la force même de l'exemple et le sérieux de la démarche historique. Tout progrès de la civilisation – des débuts de la démocratie à la fin de l'esclavage – fut d'abord considéré comme un fantasme de doux rêveurs.

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  • C’est un sujet difficile qu’aborde Michel Cymes dans Hippocrate aux enfers : celui de l’expérimentation humaine effectuée par des médecins allemands dans les camps de concentration, durant la seconde guerre mondiale. On aimerait croire que tous ces actes de barbarie furent exécutés par des brutes perverses au QI d’imbéciles violents et sadiques qui se seraient auto-proclamés médecins ou scientifiques ; mais malheureusement, la réalité que nous présente Michel Cymes est bien différente. Il y a très peu de médecins ratés ou d’étudiants recalés dans les rangs de ces bourreaux. Beaucoup sont de brillants scientifiques promus à un bel avenir. Et un avenir, ils en ont eu un pour la plupart. Leurs victimes n’ont pas eu cette chance.

    Nous pourrions penser que les libérateurs ont fait preuve d’une justice exemplaire. Naïve humanité ordinaire que nous sommes croyant encore à ce sacro-saint idéal… Non. Les alliés ont exfiltré ces scientifiques et profité de leurs savoirs et de leur intelligence pour mener à bien la conquête spatiale, pour ne donner qu’un exemple…

    Si l'homme a marché sur la Lune, c'est en prenant son élan depuis le charnier criminel des esclaves de Dora, le camp où est née l'aérospatiale et où sont morts des milliers d'hommes.

    Beaucoup d’horreurs dans ce livre. Je ne veux pas m’appesantir, mais vous laisser les lire. Juste un mot : Michel Cymes les aborde avec beaucoup de pudeur et d’humanité. Il dit, sans atténuer ni masquer, mais sans cette insistance qui peut parfois donner cet effet de voyeurisme ; la réalité des faits est assez dérangeante pour le lecteur, sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter.

    Hippocrate aux enfers - Michel Cymes -

    La question qui sous-tend son propos est simple : Comment en sont-ils arrivés là ? Comment ont-ils pu à ce point violer ce serment ultime et fondateur ? Qui, mieux qu’eux, pouvait ne pas ignorer la valeur d’une vie humaine ? Certes, nous savons tous que l’on peut être le plus intelligent des hommes et le plus fieffé des salauds. Cela n’a rien d’incompatible… mais ce qui est en jeu, surtout ici, c’est la manière de considérer l’autre. Si vous retirez à certains hommes (ou femmes) la qualité d’être humains, peu importe pour quelles raisons, qu’est-ce qui vous empêchera d’en arriver là ? En quoi cet individu que vous aurez soustrait de l’humanité vous semblera-t-il différent d’un animal de laboratoire voué à l’expérimentation ? d’un objet dont vous pourrez disposer à votre guise ?

    A l’heure où les droits de l’homme et de la femme stagnent ou reculent dans bon nombre de pays, c’est une question qui fait sens.

    Une autre, tout aussi essentielle, est au cœur du débat : beaucoup réprouvent ces expérimentations humaines, mais vous brandissent avec force l’avancée considérable qu’elles auraient permise à la science. Les bras m’en sont souvent tombés. Comme si de cet enfer, pouvait ressortir quelque chose de positif, d’utile pour l’humanité. Je ne savais quoi argumenter en retour. Tant cela me semblait abject. Merci Monsieur Cymes de pouvoir me donner de quoi affirmer que non ! Toutes ces horreurs n’ont pas eu les résultats escomptées et que le peu de résultats probants auraient pu être obtenus sans toute cette barbarie…

    Quoi qu'il en soit, de l'immense majorité de ces expériences, rien n'est sorti.
    Rien d'autre que la souffrance et la mort.
    Rien d'autre que des cris, des hurlements, des suppliques.
    Ces cris, je les ai imaginés, je les ai presque entendus.
    Ils me hantent encore aujourd'hui.
    Qui peut dire qu'on ne les entendra plus ?

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    Hippocrate aux enfers - Michel Cymes -

    4ième de couv :

    «C'était là.
    C'est là que tant de cobayes humains ont subi les sévices de ceux qui étaient appelés "docteurs", des docteurs que mes deux grands-pères, disparus dans ce sinistre camp, ont peut-être croisés.
    Je suis à Auschwitz-Birkenau.
    Il s'agit d'un voyage de mémoire, un pèlerinage personnel que j'ai maintes fois repoussé.
    Là, devant ce bâtiment, mon cœur de médecin ne comprend pas. Comment peut-on vouloir épouser un métier dont le but ultime est de sauver des vies et donner la mort aussi cruellement ? Ils n'étaient pas tous fous, ces médecins de l'horreur, et pas tous incompétents.
    Et les résultats de ces expériences qui ont été débattus, discutés par des experts lors du procès de Nuremberg ? Ont-ils servi ? Ont-ils été utilisés par les alliés après la guerre ? Que sont devenus les médecins qui ont été "exfiltrés" ?
    Quand la nécessité est devenue trop pressante, quand j'ai entendu trop de voix dire, de plus en plus fort, que ces expériences avaient peut-être permis des avancées scientifiques, j'ai ressorti toute ma documentation et je me suis mis à écrire.» Michel Cymes

    Médecin spécialiste, Michel Cymes exerce dans un hôpital à Paris. Il est présentateur d'émissions médicales sur France Télévision.

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  • La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres - Susan Blackmore -Quand Darwin a lancé à la face du monde que "l'Homme descendait du singe", Lady Worcester s'exclama : "pourvu que cela ne soit pas vrai ; mais si cela devait l'être, prions pour que le peuple ne le sache pas !" Quand Freud a développé sa théorie de l'inconscient, beaucoup l'ont reçue comme les confessions d'un pervers polymorphe. Alors je ne sais pas quel sort, nous, contemporains, réservons à Susan Blackmore, mais c'est clair qu'elle ne doit pas y couper ! 

    En quelques mots, la théorie des mèmes de Susan Blackmore, ça raconte quoi ? L'évolution de l'Homme expliquée à la lumière des mèmes.

    Avant de lire Sapiens de Yuval Noah Harari (lecture qui m'a conduite à ouvrir ce livre), je n'avais jamais entendu parler de mèmes. D'ailleurs un mème, Qu'est-ce que c'est ? L'Oxford English Dictionary le définit comme un élément de culture dont on peut considérer qu'il se transmet par des moyens non génétiques, en particulier par l'imitation. (terme créé par Richard Dawkins).

    Voilà la solution la plus aboutie de l'énigme de l'évolution humaine : l'imitation qui nous fait apprendre en copiant et améliorant sans cesse ce que nous empruntons aux autres (actions, comportements, idées...).

    Nous sommes donc le produit de réplicateurs, c'est-à-dire :

    - de nos gènes qui viennent de créatures antérieures que nous transmettrons à notre tour si nous nous reproduisons - jusque là pas de problème, c'est acquis pour tout le monde, sauf peut-être pour les créationnistes ; 

    - de nos mèmes, composés de toute cette quantité de réplicateurs qui va des simples bouts d'informations stockées dans nos cerveaux, aux systèmes de pensées et d'idées complexes organisées et structurées, hérités d'autres personnes et que nous transmettrons, à notre tour, en parlant, écrivant et communiquant. Et là, ce n'est pas si facile à accepter !

    Les gènes sont des instructions encodés dans des molécules d'ADN et les mèmes sont des instructions enchâssées dans les cerveaux humains.

    La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres - Susan Blackmore -

    Et n'allez pas croire que notre petit Moi intérieur à la main mise sur toute cette cuisine interne. Non ! Il est lui-même une construction du monde mémétique, un moiplexe : Tout ce que nous sommes, nos choix, nos actions, nos pensées... est mue par la force et le pouvoir des réplicateurs. De la même manière qu'il y a une compétition entre les gènes pour arriver à la génération suivante, les mêmes se combattent pour être transmis vers un autre cerveau, livre ou objet.

    La culture moderne est le résultat de milliers d'années de sélection mémétique.

    Face au dessein biologique des gènes, il y a le dessein culturel et mental des mèmes. Gènes et mèmes étant les deux réplicateurs en jeu dans l'évolution humaine, agissant en interaction les uns avec les autres.
    Si vous voulez savoir comment l'auteure arrive à cette conclusion, il ne vous reste plus qu'à lire ce livre !
    La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres - Susan Blackmore -

    Voilà ! Maintenant il va nous falloir "digérer", évaluer et analyser tout cela avec les petits mèmes déjà présents dans nos cerveaux et qui risquent fort de ne pas être d'accord pour laisser leur place à ceux de Susan Blackmore !

    Nous pouvons continuer à vivre comme la plupart des gens, soumis à l'illusion de l'existence d'un Moi conscient persistant à l'intérieur, qui commande, qui est responsables de mes actes, et qui fait que je suis ce que je suis. ou bien nous pouvons vivre tels des êtres humains, corps cerveau et mèmes, vivant nos vies comme une interaction complexe entre réplicateurs et environnement, sachant que c'est tout ce qu'il y a. Nous cesserions ainsi d'être des victimes du moiplexe égoïste. Dans ce sens, nous pouvons véritablement être libres - non pas parce que nous sommes capables de nous rebeller contre la tyrannie des réplicateurs égoïstes, mais parce que nous savons qu'il n'y a personne pour se rebeller.

    Merci à toutes celles et ceux qui m'auront suivie jusqu'ici - pas simple de résumer au mieux l'idée centrale de ces 389 pages, même si le propos de l'auteure est clair, argumenté et bourré d'exemples, le rendant abordable et "digeste". Elle soumet à la question de nombreuses choses, de la disparition de Neandertal aux récits d'enlèvements par des extra-terrestres - oui, je sais, moi aussi, j'ai tiqué, mais c'est une question qui a fait débat au Royaume-Uni (?) -, elle met en perspective des théories nouvelles et éclaire certaines découvertes, tout cela dans un foisonnement d'idées et d'exemples, qui, qu'on en soit convaincu ou non, est un régal pour l'intellect.

    Personnellement c'est la chose la plus folle et sensée que j'ai lu depuis des années (limite, tu te demandes si ce n'est pas de la SF) et mes petits mèmes luttent encore pour survivre face à ce tsunami intellectuel... ou pas.

    Pour les plus téméraires d'entre vous (pensez aux sous-titres si besoin) :

     

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    La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres - Susan Blackmore -

    4ième de couv :

    Qu'est-ce qui distingue les hommes des animaux ? Le langage ? La raison ? La conscience ? La créativité ? Et s'il ne s'agissait là que de leurres ? Et si la spécificité de l'homme, c'était avant tout son incroyable capacité à imiter ses semblables ? Nous sommes, déclare Susan Blackmore, des machines mimétiques contagieuses. Tandis que les gènes utilisent le corps humain dans leur lutte pour la suprématie des caractères physiques, les mêmes colonisent nos cerveaux pour dominer nos comportements, nos habitudes, nos croyances. Or si l'altruisme, la foi, le langage, l'amour, nous sont commandés de l'extérieur, peut-on encore dire que le Moi existe ? Un livre culte qui embrase le monde scientifique international.

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  • Un livre sur la préhistoire qui n’est pas que « beau » ! J'ai découvert et appris beaucoup de choses en le lisant. Sa composition est originale : partir du plus loin dont nous avons connaissance (il y a 7 millions d'années avec les premiers hominidés bipèdes) et remonter le temps jusqu’à nos jours (2016 et la création du fac-similé Lascaux IV).

     Sur plus de 400 pages, Marc Azéma et Laurent Brasier passent en revue les points (et mots) clefs de la préhistoire : une datation et un thème sur chaque double page, d’un côté un texte court, mais riche en contenu, avec à la fin, des renvois vers les autres articles ayant un lien avec le sujet abordé (très utile pour mesurer concrètement les différences ou évolutions) de l’autre une illustration (photos, dessins, peintures…) de très belle qualité et pertinente.

    Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV - Marc Azéma et Laurent Brasier -

    Cela peut paraître au départ un peu déroutant : pourquoi faire correspondre tel évènement à cette date et pas à une autre ? Comment être sûr de cette datation ? Mais, j’ai trouvé cette classification pertinente dans la mesure où elle nous permet d’avoir un réel ancrage dans le temps et de mettre en perspective, pour la même datation, les évolutions de chaque espèce (semblables ou différentes) en des points parfois très éloignés du globe. On découvre des pratiques similaires aujourd'hui, là où hier cela paraissait impensable : l'existence de rites funéraires, autant chez Neandertal que Sapiens, par exemple.

    Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV - Marc Azéma et Laurent Brasier -

    J’ai aussi beaucoup apprécié son objectivité : l’information est donnée en tenant compte des découvertes récentes et en n’hésitant pas à émettre des réserves, parfois, au vu des premières conclusions de recherches en cours, non encore synthétisées ou mises en perspective…

    Pour exemple d'une découverte récente et assez étonnante : les jouets optiques, il y a 15 000 ans...

    Comprenant le principe de la décomposition du mouvement, les hommes du Paléolithique supérieur européen auraient inventé le "thaumatrope", un mécanisme permettant la synthèse du mouvement.

    Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV - Marc Azéma et Laurent Brasier -

    Il y a un index en fin d’ouvrage, mais je n’ai pas éprouvé le besoin de m’y référer, préférant lire au fil des pages, me laissant séduire par cette vision accélérée de l’évolution et du temps… Il sera sûrement très utile en relecture.

    En conclusion, je ne peux que remercier Babelio et les éditions Dunod pour cet envoi et les belles heures de lecture que ce livre m’a procurées.

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    Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV - Marc Azéma et Laurent Brasier -

    4ième de couv :

    Cet ouvrage s'inscrit dans la collection "Les beaux livres du savoir". Il retrace en 200 étapes la préhistoire de l'humanité, des premiers hominidés bipèdes il y a plus 7 millions d'années à la révolution du néolithique.
    De Néandertal à l'homme de Florès, vous suivrez la piste des espèces qui ont croisé nos ancêtres Homo Sapiens.
    Du plus ancien foyer dont la trace a été retrouvée en Afrique du Sud aux magnifiques peintures de Lascaux, vous visiterez les sites les plus remarquables au monde.
    Au fil des découvertes, vous rencontrerez les plus grands savants qui nous ont révélé l'incroyable histoire de nos origines !

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  • Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -Renversant ! Sidérant ! J’ose à peine vous dire que j’ai choisi ce livre sans regarder plus que cela de quoi il parlait, mais attirée par cette couverture à l'empreinte digitale et cette idée préconçue d’avoir en main un essai centré sur nos ancêtres préhistoriques… Que celui qui n’a jamais boycotté les 4ième de couv me jette la première pierre ! Imaginez-donc ma surprise croissante, de page en page : Yuval Noah Harari lamine et éclaire d’un regard nouveau toutes nos certitudes, toutes nos croyances et tout ce qu’on a pu nous apprendre sur, je cite quelques sujets pêle-mêle : la disparition de Neandertal, le mythe du bon sauvage, Dieux (peu importe les noms qu’on leur donne), la révolution cognitive, la science et son idée de progrès, l’argent, les bienfaits du capitalisme et notre quête folle du bonheur, …

    Self-made-dieux, avec juste les lois de la physique pour compagnie, nous n’avons de comptes à rendre à personne.

    Harari ne refait pas l’histoire (point de révisionnisme dans cette affaire-là), il ne la réécrit pas non plus, il met « simplement » en lien les faits et l’état actuel de nos connaissances d’un point de vue, non pas froidement scientifique, mais historique, sociologique, ethnologique… à la lumière de ce que les derniers millénaires nous apprennent sur les civilisations humaines et l’homo sapiens proprement dit. "Simplement" est un euphémisme : il en faut de l'envergure pour mener à bien un tel projet et intellectuellement savoir et être capable de le réaliser... 

    Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -

    Ce livre nous fait réfléchir sur le monde, notre individualité, nos représentations et nos savoirs acquis… sans nous enfermer dans un système, mais au contraire, en enlevant la chape de plomb ou le voile d’illusion (appelez cela comme vous voudrez) qui maintient chaque individu dans la vision convenue, dominante de l’espèce, en expliquant les mécanismes qui nous ont conduits à ce que nous sommes. Pourquoi Homo Sapiens et pas Néandertal ? Pourquoi l'argent et non le troc ? ...

    Nous ne vivons pas dans la réalité mais dans un monde sous-tendu par une représentation partagée par la majorité : l’imaginaire collectif dominant devenant une civilisation qui s’étendra tant que l’homo sapiens y accordera crédit ; laissez tomber le rideau et c’est une civilisation qui s’effondre pour laisser place à une nouvelle représentation dominante. Cette capacité innée porte à bout de bras toutes les relations humaines et est la clef de la prédominance de notre espèce sur toutes les autres à travers les millénaires…

    Pour changer l’ordre imaginaire, je dois persuader des millions d’hommes de coopérer avec moi. Car l’ordre imaginaire n’est pas un ordre subjectif qui existe dans mon imagination, mai plutôt un ordre intersubjectif qui existe dans l’imagination partagée de milliers et de millions de gens.

    Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -Je ne peux que vous inciter à découvrir les nombreuses idées développées par l’auteur, un rien provocateur : on sent clairement qu’il jubile à l’idée de nous savoir à terre, bluffer ou contrarier, amuser ou carrément sceptique, parfois, devant tant d’audace ! Car ce livre ne vous laissera pas indifférent, que vous soyez convaincu par cette brève histoire de l’humanité ou non. N’est-elle pas, comme l’indique son titre, qu’UNE de plus pour les sapiens que nous sommes. Mais est-ce qu’elle sera la votre ? Minoritaire ou dominante, à terme ? Sur quoi débouchera-t-elle ? Une énième civilisation ? Une ultime révolution qui verra la fin de l’homo sapiens, au profit d’autres espèces dominantes, biologiques ou cybernétiques ?

    Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -

    Seule l’histoire nous le dira. Cette grande oubliée de l'éducation. D’ailleurs, effacement volontaire ou non ? Stratégie ou faux-pas ?

    Voilà, si vous en êtes à vous poser ce genre de questions, c’est que vous avez déjà investi ce nouveau récit fondateur…

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    4ième de couv :

    Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
    Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l homme ? À dépendre de l argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

    Véritable phénomène d édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d Histoire à l Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage... et notre futur.

    « Sapiens s est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu il aborde les plus grandes questions de l histoire moderne dans une langue limpide et précise.»
    Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d Effondrement

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