• Sorcières - Mona Chollet - Les sorcières, ce sont nous toutes : toi, qui préfère faire carrière plutôt que de rester à la maison pour élever tes enfants, moi qui souhaitais travailler à temps plein et aussi pouvoir élever mes enfants sans reproches, jugements et avec des infrastructures (garde, école, etc) qui me le permettent, elle qui n'en veut pas des mioches et veut vivre "comme un homme" et qu'on lui foute la paix !
    - Vivre comme un homme ? tu veux dire quoi par là ?
    - Travailler, gérer son argent, son emploi du temps, sa vie sans charge mentale autre que la sienne...
    - Ah ! En un mot, "vivre", quoi ?! pourquoi tu rajoutes "comme un homme" ?
    - Cherche et tu vas trouver ! 

    Car, nous verrons avec Mona Chollet, que ce qui est une évidence pour la gente masculine est loin d'être aussi facile pour nous, les femmes. Non, elle n'exagère pas, elle dit tout simplement ce qui est, au fil des époques, des âges aussi (pas simple de vieillir pour une femme et bien plus difficile socialement, culturellement parlant que pour un homme)... 

    Au fur et à mesure de la lecture, elle nous fait nous interroger sur des choses que nous avons tendance à penser "de fait" ou "de droit", alors qu'il n'en est souvent rien. Certains retours sur l'Histoire font froid dans le dos. On voudrait ne pas y croire tant c'est inconcevable. Mais les faits sont là...

    Beaucoup crie au loup, à la supercherie, au féminisme exacerbée et ont tendance à ridiculiser et/ou montrer du doigt toute personne (homme ou femme) qui refuse ces clivages. Le ridicule ne tue pas. Mais il contraint souvent au silence... Alors, que nous en  soyons convaincus ou non, lisons Sorcières, et que chacun se fasse son opinion en son âme et conscience...

    Aller débusquer, dans les strates d'images et de discours, ce que nous prenons pour des vérités immuables, mettre en évidence le caractère arbitraire et contingent des représentations qui nous permettent d'exister pleinement et nous enveloppent d'approbation : voilà une forme de sorcellerie à laquelle je serais heureuse de m'exercer jusqu'à la fin de mes jours.

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    4ième de couv

    Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d'aujourd'hui de figure d'une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.

    Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?
    Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante –; puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant –; puisque l'époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d'horreur.
    Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s'est développé alors tant à l'égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.
    Prix de l'essai Psychologies-Fnac 2019

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  • L'autisme expliqué aux non-autistes - Brigitte Harrisson, Kim Thúy -On connait quoi de l'autisme, quand on ne le côtoie pas ? En fin de compte, pas grand chose.  Cette idée d'un Rainman, autiste Asperger, qui fait gagner un max de tunes à un frangin pas très malin, ou celle d'un gamin qu'on ne peut pas approcher, qui passe son temps à hurler et dont on ne sait pas très bien quoi faire...

    Ok, c'est assez réducteur, mais dans le fond, c'est pas si loin de la vérité pour beaucoup d'entre nous. Je suis tombée sur ce livre à la bibliothèque de la petite commune qui jouxte la mienne et je me suis dit, pourquoi pas ? Rompant ainsi toutes mes idées préconçues avec ces autrices particulièrement concernées par le sujet : Brigitte Harrisson, autiste elle-même et Kim Thúy, maman d'un autiste. Qui mieux qu'elles vont pouvoir m'expliquer avec des situations du quotidien, ce que ressent et pense une personne autiste confrontée à des situations basiques de la vie ? 

    J'ai appris beaucoup à la lecture de ce livre, fait intelligemment de petits chapitres, détaillant sujet par sujet, le ressenti, la réaction d'un autiste face à ces thèmes et surtout le pourquoi de ces réactions que nous n'arrivons souvent pas à comprendre. Les témoignages nous permettent de nous mettre à la place de l'autre et de réaliser que cette différence n'est certes pas simple à gérer, mais que cette différence peut être intégrable dans une vie en communauté, qu'il s'agisse tout simplement de la sphère familiale, de l'école ou du travail. Ce qui ressort également de ma lecture, c'est ce combat de tous les jours des enfants et adultes autistes, mais également des parents, frères et sœurs et entourage proche ainsi que les accompagnants : de l'aide de vie scolaire au psychologue ou éducateur... Un combat qui pourrait tellement être plus simple et moins lourd à porter, si nous faisions tous preuve de plus de tolérance et arrêtions un peu de nous juger les uns les autres, sans essayer de nous comprendre, un tant soi peu, avant...

    Et si vous voulez découvrir la vie d'un ado autiste, auprès d'une famille aimante, un tant soi peu déjantée, et entrer si ce n'est dans sa tête, tout du moins dans son monde, vous pouvez toujours regarder "Atypical", cette série géniale... 

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    4ième de couv :

    Comment fonctionne le cerveau d'une personne autiste ? Pourquoi cette dernière a-t-elle besoin de rituels ? Les autistes ont-ils un sens de l'humour différent ? Autant de questions concrètes et vécues, parmi une cinquantaine d'autres, auxquelles Brigitte Harrisson et Lise St-Charles répondent ici, pour nous aider à mieux comprendre les personnes autistes et à mieux répondre à leurs besoins au quotidien. Elles nous dévoilent des pistes inédites issues des neurosciences, de leurs recherches cliniques mais aussi de l'expérience de Brigitte Harrisson, autiste, et de l'écrivaine Kim Thúy, mère d'un fils autiste.

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  • Voici un guide clair et complet, qui vous intéressera si vous tenez un blog créatif et se révélera indispensable, si vous souhaitez vendre vos créations par l’entremise de votre blog ou tout simplement faire de votre blog la vitrine de votre activité.

    Internet est de moins en moins vu comme une zone de non-droit (le pendant du « tout est permis »), mais il reste quand même bien opaque pour la plupart d’entre nous : Si l’on est conscient que la loi s’y applique, on se pose bien souvent la question du « comment ».

    En tant que simple blogueuse, il est utile de savoir ce que l’on peut (et ne peut pas) poster en matière de contenu (écrits, photos, vidéos…). Les différentes facettes du droit d’auteur et de sa protection sont bien explicitées dans ce petit guide. Et si votre blog est pour vous un prolongement de votre activité créatrice, May Lopez et Sandra Azria vous apporteront tous les conseils et mises en garde pour pouvoir non seulement protéger vos créations, mais également faire toutes les démarches légales pour vous déclarer et être au regard de vos obligations en tant qu’entrepreneuse (auto ou micro) dans les clous ! Et ce n’est pas rien !

    Un guide qui pourrait même, à l’inverse, donner envie de créer un blog comme support et moyen de diffusion d’une activité créatrice.

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    4ième de couv : 

    Que l'on blogue, vende ses créations en ligne, ou développe son activité sur le web, les textes de loi ne sont pas les premières lectures que l'on dévore. Et pourtant... connaître ses droits et ses obligations est incontournable, et au final pas si compliqué. Ce petit guide astucieux aborde de façon concrète les questions juridiques que se posent les blogueuses ou entrepreneuses créatives : dois-je enregistrer mon blog à la CNIL, et si oui, comment ? Que faire si on m'a piqué mon idée ? Est-ce que les conditions générales de vente sont obligatoires ? Que dois-je y mettre ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas utiliser cette belle photo trouvée sur le Net pour illustrer mon contenu ? Au fil des questions de May Lopez (du blog Vie de Miette), Sandra Azria, avocate spécialisée, donne les bases juridiques indispensables pour rester dans les clous et protéger son activité. Abordable et vivant, cet ouvrage s'appuie sur des cas réels et des exemples concrets pour mettre en scène les lois appliquées à Internet.

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  • Goulag, une histoire - Anne Applebaum - Ce livre est magistral, essentiel, époustouflant, de par sa rigueur, ses sources, sa fluidité d'écriture et son découpage (thème par thème) qui offre une lecture "facile" pour un essai de cette ampleur. 

    Après l'avoir refermé, vous saurez tout (ou presque) des Goulags. Mais vous aurez surtout touché l'essentiel, l'utilité d'un tel travail de recherche : 

    Ce livre n'a pas été écrit "pour qu'on ne voie plus jamais ça", suivant la formule consacrée. Il a été écrit parce que, très certainement, cela se reproduira. Les philosophies totalitaires ont eu, et continueront d'exercer, un attrait profond sur des millions et des millions de gens. La destruction de l'"ennemi objectif", comme dit un jour Hannah Arendt, reste l'objectif fondamental de nombreuses dictatures. Il nous faut savoir pourquoi et chaque histoire, chaque mémoire, chaque document de l'histoire du Goulag est une pièce du puzzle, un élément de l'explication. Sans cela nous nous réveillerons un jour pour nous apercevoir que nous ne savons pas qui nous sommes.

    A l'heure où les extrêmes politiques, qui ne cachent plus leurs idéaux totalitaires, décrochent dans tous les pays, des scores électoraux à faire pâlir d'envie plus d'un parti démocrate, où l'on a oublié les raisons de la Guerre Froide et où l'on est en droit de s'interroger sur la prédominance mondiale de certains pays comme la Russie, la Chine, ou d'autres encore, il est utile, voire même vital, de comprendre le Goulag, comme "marqueur" d'un système.

    Goulag, une histoire - Anne Applebaum - J'ai appris énormément à la lecture de ce livre, car, si on y réfléchit bien, des essais comme celui-ci, il n'y en a pas tant. Beaucoup de sources, documents, témoignages sont encore inaccessibles. Les chercheurs russes autant que les autres, se heurtent à cette volonté d'oubli qu'Anne Applebaum explique très bien : de l'envie légitime de "tourner la page" d'un peuple qui a vécu tant de drames, à la confiscation du débat public par les puissants qui tous de près ou de loin récoltent encore les avantages de ces années de terreur. 

    En dehors du bref "procès", peu concluant, du parti communiste, jamais la Russie ne s'est donnée la possibilité de dire publiquement la vérité, jamais il n'y a eu d'audition au parlement ni d'enquêtes officielles, sous quelque forme que ce soit, sur les meurtres et massacres des camps en URSS.

    Ce manque a des conséquences sur la formation de la société civile russe et le développement de l'Etat de droit.

    En un sens très profond, l'idéologie du Goulag survit aussi en partie dans les attitudes et la vision du monde de la nouvelle élite russe (...) La vieille division stalinienne entre les catégories d'humanité, entre la toute puissante élite et les "ennemis" qui ne valent rien, perdure dans l'arrogant mépris des nouvelles élites russes pour leurs concitoyens. A moins que cette élite ne comprenne sans tarder la valeur et l'importance de tous les citoyens russes, et n'en respecte les droits civils et humains, la Russie est finalement vouée à devenir le Zaïre du Nord, un pays peuplé de paysans appauvris et de politiciens milliardaires qui gardent leurs actifs dans les caves d'une banque suisse et leur jet privé sur des pistes d'envol, toujours prêt à décoller.

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    4ème de couv :

    Les Kontslaguer apparurent en Russie dès 1918, comme instrument de répression politique et bientôt comme réservoir de main-d'oeuvre forcée pour l'industrialisation soviétique. De la Révolution à la Glasnost, 18 millions d'individus en furent les victimes ; 4,5 millions n'en revinrent jamais.
    Soljenitsyne et Chalamov en ont donné un inoubliable témoignage littéraire ; Anne Applebaum, puisant dans une masse à peine explorée d'archives, de témoignages et d'entretiens avec des survivants, propose une étude sociologique de la vie quotidienne des millions de détenus, les zeks. A l'absurdité des arrestations, la cadence infernale des travaux, la terreur, les violences inouïes, les effroyables conditions d'hygiène et la mort omniprésente s'opposent les stratégies de survie, les tentatives d'évasion, l'espoir et la solidarité qui, en dépit de tout, subsistent.
    Les camps devinrent, rapidement une nation à l'intérieur de la nation, presque une civilisation à part entière, avec ses propres lois, sa diversité sociologique, sa littérature, son folklore, son argot, ses coutumes.
    C'est au cœur ténébreux de ce monde clos que nous convie l'auteur.

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  • Un sujet sur lequel je n’attendais pas Fred Vargas, mais dans tous les cas, une surprise bienvenue sur un thème qui nous concerne tous ! Les convaincus, les agitateurs, les autruches, les jusqu’au-boutistes et même les contestataires, nous serons tous, tôt ou tard, confrontés à la pénurie d’eau et de matières premières, au dérèglement climatique et à ses catastrophes… et j’en passe. Tout le monde, aujourd’hui, a un avis sur la question. Maintenant, entre ce qu’on entend, ce qu’on veut nous faire croire et la réalité des choses, il y a souvent un fossé. C’est ce fossé que Fred Vargas entreprend de combler avec pédagogie et bienveillance. Il ne sera plus question, après la lecture de ce livre, de dire qu’on ne savait pas, qu’on ne mesurait pas tous les tenants et aboutissants...

    Ce que j’ai apprécié, c’est qu’il est question, bien sûr, de l’état des lieux le plus juste possible et étendu de notre planète (étude approfondie et preuves à l’appui), mais aussi des moyens qui existent déjà pour essayer de sauver ce qui peut l’être encore.

    Qu’attendons-nous ? Que nos dirigeants s’en chargent ? Si nous ne faisons rien, ils ne feront rien. Le peu de pouvoir que nous avons : celui de consommation (donnons notre argent à ceux qui font avancer les choses) et de vote (soyons acteurs de la politique, investissons-nous et créons d’autres formes de penser et de gouverner, si ceux qui existent aujourd’hui ne nous conviennent pas !) Exerçons-celui que nous voulons, mais exerçons-les ! Rien n’est simple, rien n’est gagné, mais au moins nous aurons essayé...

    Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille –, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
    S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
    Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

    Pas de résumé ni de listing : lisez-la ! Tout y est !

    4ème de couv : 

    « Mais bon sang, comment vais-je me sortir de cette tâche insensée ? De cette idée de m’entretenir avec vous de l’avenir du monde vivant ? Alors que je sais très bien que vous auriez préféré que je vous livre un roman policier. Il y a dix ans, j’avais publié un très court texte sur l’ écologie.
    Et quand on m’a prévenue qu’il serait lu à l’inauguration de la COP 24, c’est alors que j’ai conçu un projet de la même eau, un peu plus long, sur l’avenir de la Terre, du monde vivant, de l’Humanité. Rien que ça. »

    FRED VARGAS est l’auteur de nombreux romans policiers, qui sont publiés dans vingt-deux pays. Elle est également docteur en archéozoologie et a exercé longtemps comme chercheur au CNRS. Ce livre, qui explore l’avenir de la planète et du monde vivant, souhaite mettre fin à la « désinformation dont nous sommes victimes» et enrayer le processus actuel.

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