• De nos ombres - Jean-Marc Graziani -Un livre terriblement bien écrit ! Empli de poésie, de retenue, de pudeur aussi… de nos ombres est une histoire à clefs, où il nous faudra ouvrir plusieurs tiroirs pour en apprécier tout le sel et la beauté.

    Joseph grandit en Corse, entourée de sa Mammo et du reste de sa famille. Il se découvre un don. Celui de ressentir les objets, de connaître leur histoire… Mammo le devine et va finir par l'accompagner dans une quête du passé où certaines choses n'ont pas pu ou pas eu le temps de se dire.


    J'aurais voulu fermer les yeux, les couvrir de mes paumes moites, me concentrer sur la douleur que j'aurais ressentie vraiment, mais c'était impossible, trois d'images, trop de bruits, trop d'endroits. Et je chutais, et je chutais encore, venant à espérer un sol où m'écraser, mais rien, rien que la chute. 

    Dans un premier temps, j'ai pensé qu'il manquait du «liant », tels les petits cailloux du Petit Poucet pour me guider à travers les dédales du récit. Puis j'ai compris qu'il me fallait me laisser porter par les mots, les émotions sans essayer à toute force de reconstruire l'histoire, de vouloir la voir se dérouler sous mes yeux. Et j'ai pleinement apprécié de nos ombres…

    Merci à Babelio et aux éditions Joelle Losfeld pour l'envoi de ce livre.

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  • La vraie vie - Adeline Dieudonné -Les histoires, elles servent à mettre dedans tout ce qui nous fait peur, comme ça on est sûr que ça n'arrive pas dans la vraie vie. 

    Et bien, là, on peut dire que c'est réussi ! Mais voilà, les histoires d'Adeline Dieudonné arrivent vraiment dans la vraie vie, et c'est ce qui fait tout le tragique et la tension de son livre. 

    La vraie vie est typiquement le genre de livre que je n'ouvre pas ! Pas l'envie de lire ce que j'essaie de fuir dans les journaux, les actualités et les faits divers : l'ignominie humaine, les violences faites aux femmes et aux enfants, et la passivité de nous tous par rapport à ces vermines qui pourrissent la vie des leurs, des autres et par là-même la notre ! 

    Une gamine de dix ans, son petit frère de six ans, un père violent et une mère qui fait ce qu'elle peut... Cela pourrait paraître banal, tant ce genre d'histoires se produit chaque jour. A chaque instant, nuit et jour. Mais l'autrice en fait un récit intriguant, subversif où les cadavres rodent, assignés à résidence dans une pièce où il ne fait pas bon vivre... 

    Je ne vous en dis pas plus. Ce livre est à découvrir, si toutefois, comme moi il y a peu, vous ne l'avez pas encore lu...

    J'aurai voulu que quelqu'un, un adulte, me prenne par la main et me mette au lit. Replace des balises dans mon existence. M'explique qu'il y aurait un lendemain à ce jour, puis un surlendemain, et que ma vie finirait par retrouver son visage. Que le sang et la terreur allaient se diluer.
    Mais personne n'est venu. 

    ¤ ¤ ¤
    4ième de couv :

    C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
    Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

    D’une plume drôle et fulgurante, Adeline Dieudonné campe des personnages sauvages, entiers. Un univers acide et sensuel. Elle signe un roman coup de poing.

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  • Le discours - Fabrice Caro -Voilà un livre dont je ne garderai pas un souvenir impérissable. Et c'et bien dommage, car on me l'avait conseillé. "Tu vas passer un bon moment, j'ai beaucoup ri et ça se lit vite en plus..." 

    Rien n'y a fait. Je n'ai pas été touchée du tout par le désespoir amoureux d'Adrien, j'ai ri oui, deux fois. C'est déjà ça ! Mais pour le reste je me suis ennuyée ferme. Il n'en finit pas de se plaindre et tout y passe... Il fait un portrait assez réaliste de sa famille et du manque de dialogue qui existe entre eux (il est le premier à la reconnaître). On a l'impression que cela va bouger, qu'il va dire ou faire quelque chose pour faire exploser tout cela, mais non ! Il n'est pas fichu de leur confier enfin ce qu'il ressent, ce qui se passe dans sa vie et ce qu'il souhaiterait vraiment !

    Si à dix-sept ans on m'avait dit : Le soir de tes trente ans, tu regarderas Le gendarme de Saint-Tropez seul avec tes parents, je ne sais pas si j'aurai eu envie de continuer la route, et j'en ai quarante.

    On subit donc, comme lui, ce dîner qui n'en finit pas. En songeant au prochain livre à ouvrir, qui nous attend sur les rayonnages de notre bibliothèque...

    Un rendez-vous manqué donc pour moi. Sachant que l'auteur a fait le bonheur d'autres lecteurs, cela ne restera qu'une petite déception dans l'infinité de livres qui me reste encore à lire...

    ¤ ¤ ¤
    4ième de couv : 

    « Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex.
    Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques.
    Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion.

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  • Ça raconte ça : la passion dévorante, comme dans un souffle, un cri, un râle... avec des mots coupés au couteau, des mots qui vous disent d'aller vous faire foutre, tout le reste est littérature. 

    Ça raconte ça, la vie éclatante en toute circonstance.

    Ça raconte bien, combien ça fait mal. on ne sait plus trop qui n'aime plus, qui aime moins, qui aime trop... 

    Ça raconte ça, qu'on ne peut pas aimer, boire et chanter en paix, que pour vivre heureuses, il faut vivre cachées. 

    Et puis ça s'emballe, Ça en dit tant, ça en dit long, jusqu'à la chute : l'amour et sa faim.  

    La vie sans elle, c'est la vie quand même.

    ¤ ¤ ¤
    4ième de couv

    Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine.

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  • Sanderling - Anne Delaflotte Mehdevi -Une catastrophe s'abat sur le monde. Les vieux tombent comme des mouches. La population doit sortir masquée. L'Union Européenne est en crise avec une présidente élue pour faire face à cette situation hors norme. Les pays d'Afrique s'en sortent mieux que les autres et trouvent dans cette tragédie une occasion de pouvoir "tirer leurs épingles du jeu", si tant est que "jeu" il y a. 

    Une description de notre sinistre actualité ?
    Non.
    C'est Sanderling d'Anne Delaflotte Mehdevi

    Et cela fait un drôle d'effet de lire ce livre, en plein marasme épidémique ! 

    Anne Delaflotte Mehdevi imagine que le volcan islandais, qui a fait parlé de lui il y a quelques années, déverse toute sa lave, inondant l'Europe entière et une grande partie du continent américain, de fumées toxiques, obstruant la lumière et empêchant, non seulement toute vie mais aussi toute culture...Sanderling - Anne Delaflotte Mehdevi -

    Entre Saïgon et nous, il y a plus de ciel, Merlin, juste un rideau de poison qui finira par tous nous tuer, nos enfants, les oiseaux et les arbres et tout, tout...

    Ce livre m'a vraiment secouée, et pas seulement au regard de l'actualité présente, mais aussi parce qu'il nous livre une vision de ce que peut vite devenir le monde, notre monde, dans un cas extrême comme celui-ci, sans solidarité, sans entraide et système D. C'est aussi une belle réflexion sur le monde agricole, ce qu'il est devenu :

    Demander au paysan de se passer de phyto, c'est comme rêver qu'un ouvrier foute au feu son CDI pour se réjouir de faire carrière dans l'intérim. C'est pareil.

    Ce qu'il va devenir :

    La terre, tu la laisses une saison en faire à son idée, t'en useras trois à la refaire à ta main. 

    Et ce qu'il aurait pu être : 

    Si on relève la tête après ce coup-là, j'espère qu'on en profitera pour ne pas répéter les âneries du passé, mais c'est bizarre, j'en doute !

    Et en filigrane dans tout cela, il y a le Sanderling à la patte cassée, qui n'en finit pas d'obséder Landry. Ce Sanderling, il rêve de le voir prendre ses quartiers d'hiver près de lui, se poser un temps dans les marécages, pour mieux repartir et continuer sa course... dans ce ciel, que plus personne ne peut voir.

    Oublie le bleu pour un temps Lila. Oublie le bleu.

    ¤ ¤ ¤ ¤
    4ième de couv

    En voyage dans les grandes étendues du Nord, Landry s'attarde. Ses collègues paysans sont déjà rentrés et ont repris le rythme des cultures. À part la terre, rien n'attend Landry au pays. Et la terre, qu'attend-elle de lui?? Lorsqu'il rentre au bercail, c'est avec des envies de changement. Mais un nuage de cendres s'épaissit dans le ciel, annonciateur de bouleversements bien plus grands, pour la terre comme pour le paysan. Et pour le sanderling aussi, un oiseau migrateur que Landry guette comme on espère le retour des saisons.

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