• D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan -Il y a tellement de choses à dire sur ce livre (d’ailleurs elles ont sûrement toutes été dites…), qu’au moment de rédiger cet avis, je ne sais par où commencer. Faire simple : partir du plaisir de cette lecture, avec l’étonnement et l’admiration pour cette auteure, au dernier mot lu.

    L'écriture est un sport de combat. Elle comporte des risques, elle rend vulnérable. Sinon elle ne vaut rien.

    Pour une première lecture de Delphine de Vigan, c’est vraiment une découverte réussie pour moi. Et il me tarde de me plonger dans Rien ne s’oppose à la nuit, qui fait partie intégrante de ce livre-ci.

    Mon dernier roman n'était qu'une tentative maladroite et inaboutie de m'approcher de quelque chose d'insaisissable. Une façon de raconter l'histoire, à travers un prisme déformant, un prisme de douleur, de regrets, de déni. D'amour aussi.

    Même sans l’avoir lu, on connaît sa trame, l’histoire… alors quand Delphine nous conte cette descente aux enfers de l’écrivaine dépassée par les retombées de son dernier livre et qui ne sait comment, ni sur quoi « rebondir », on comprend. On comprend la page blanche, le trou noir et l’angoisse vécus par Delphine : qu’écrire après cela ? Et on comprend que L. puisse entrer dans sa vie… Je n’en dirais pas plus et vous laisse le découvrir si, comme moi, vous n’aviez pas cédé au succès de ce livre et à tous les éloges dithyrambiques qui l’ont accompagné...

    D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan -

    En un mot : L’auteure m’a bluffée ! Un peu saturée en début de lecture, par le récit de sa vie, son François et toutes ses petites indiscrétions qui m’ont fait craindre un déballement digne d’un Gala ou Voici, je n’en étais pas moins happée par la montée crescendo de ce sentiment d’angoisse et d’enfermement qui prend aux tripes. Alors, je ne vous raconte pas la chute…

    Non seulement Delphine de Vigan mène son récit d’une main de maître, mais elle en profite pour s’interroger sur ce que doit être la fiction au XXIième siècle et le « travail » de l’écrivain : Peut-on écrire encore aujourd’hui des histoires à la Balzac ? Quel rôle joue ou doit jouer un éditeur ? Que valent des personnages cousus de toutes pièces face aux personnes de chair et de sang, qui elles seules, ont toute légitimité à finir entre les pages et dans les mots... Le diktat du « vrai », du « vécu » bankable, face au fantasque des belles histoires, d’une Emma ou d’un Cyrano qui ne feraient plus recette.

    LectricD'après une histoire vraie - Delphine de Vigan -e ou Lecteur, tu tiens sa réponse dans tes mains…

    C'est vrai ou ce n'est pas vrai, un point c'est tout. C'est une autobiographie ou c'est une pure fiction. C'est un contrat passé entre vous et nous. Mais si vous arnaquez le lecteur, il vous en veut.

    ¤ ¤ ¤

    D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan -

    4ième de couv :

    "Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser."

    Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s'aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d'une époque fascinée par le Vrai.

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  • L'homme de la montagne - Joyce Maynard - Je pensais lire un roman policier et cela a, je pense, beaucoup influencé ma lecture. Et puis, ce n'est pas facile d'enchaîner un autre livre juste après celui qui a été pour moi un réel coup de cœur. Enfin, tout cela pour vous dire qu'entre attente et impatience, je suis passée un peu à côté de l'homme de la montagne.

    J'ai pourtant apprécié la relation complice, fusionnelle entre les deux sœurs, leur imagination débordante pour occuper leur quotidien, loin du regard des adultes.

    Joyce Maynard dresse un portrait de l'adolescence et de ses préoccupations assez juste, ainsi que celui d'une mère, perdue et démissionnaire, après un divorce, retranchée derrière les volutes de tabac et les pages de romans.

    Ma mère avait, étant jeune, rêvé d'aller à l'université étudier l'anglais, ou peut-être passer des examens de bibliothécaire. Cette ambition, en tout cas, s'était évaporée depuis longtemps, et elle paraissait ne pas s'attendre à en trouver chez ses filles. Peut-être parce que l''idée que nous puissions désirer quelque chose qu'elle ne pouvait offrir la rendait trop triste, ou parce qu'elle était parvenue à la conclusion que ne rien espérer nous éviterait la déception de ne rien obtenir.

    Mais malgré toutes ces qualités, ce n'est pas un livre qui restera gravé dans mon esprit...

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  • Toi qui lis ces quelques lignes et qui n'as toujours pas ouvert Nous rêvions juste de liberté d'Henri Loevenbruck, qu'attends-tu ?

    Toi qui en as encore plein les yeux, peut-être t'arrêteras-tu là. Rien que la vue de la couv a déjà fait battre un demi temps de plus ton palpitant, alors savoir ce que j'en ai à dire : tu t'en fous !

    Je viens de le refermer des escarbilles encore plein les yeux - ce que c'est con de pleurer toute seule derrière un bouquin ! - Alors je griffonne un peu les images que j'ai dans le cœur :

    Moi, gamine, autour de mes quatre frangins toujours à bricoler leurs bécanes, les mains dans le cambouis, les outils au sol et toute cette ferraille à leurs pieds, à s'engueuler pour savoir comment, si, quand elles allaient repartir.
    J'en ai passé du temps avec eux à les regarder bosser, pester et se marrer. J'en ai étalée de la pâte à polir les chromes pour cette fierté de môme de les mettre en route et les pousser à fond "pour voir ce que ça donne". Et ça donnait fort.
    C'était sûrement ça "transformer l'acier en gouttes de vie".

    C'est nul de parler de moi. C'est pas ça qui te fera ouvrir ce livre. Alors je pourrais te dire que c'est superbement écrit, que le rire, l'émotion sont là, même pas planqués entre deux pages car Henri Loevenbruck, il te prend pas en traître, non. Il est droit dans ses bottes. Il n'écrit pas pour toi. Mais pour lui. Et c'est la vie et ses bouffées de liberté bien fugaces qui te serrent la gorge quand il t'envoie une bonne droite en plein cœur.

    Nous rêvions juste de liberté - Henri Lœvenbruck -

    Si tu n'aimes pas "jouer aux Lego avec la vie", si tu crois que lire un bouquin c'est enchaîner les pages, le refermer et puis plus rien : passe ton chemin ! Mais fonce la tête dans le guidon si pour toi " le passé, c'est comme un paradis perdu où tout était permis, tout était possible, et puis maintenant, plus rien."

    Plus rien ? Voir la vie, comme de très loin, avec les pieds nus dans la tête.

    LH&R

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  • Blue Gold - Elisabeth Stewart -Voilà un livre que je n’ai pas lâché ! Lu en quelques heures, je n’ai pas quitté Fiona, Laiping et Sylvie, avide de savoir la fin que donnerait Elisabeth Stewart à ce récit moderne et sans concession. J’entends par là que l’auteure ne nous ménage pas et que même si « les bons sentiments » sont là, ce récit est tout sauf mièvre…

    Blue Gold est un livre de littérature jeunesse, mais cette étiquette n’a rien de réducteur, au contraire. Elisabeth Stewart pose de vrais problèmes et aborde des faits de sociétés bien différents qu’elle sait mettre en lumière sans les édulcorer ni les caricaturer :

    Blue Gold - Elisabeth Stewart -Au Canada : Fiona, une jeune lycéenne, a la vie et
     les préoccupations de bon nombre de jeunes occidentaux de son âge, entre le lycée, les amours naissantes et les amitiés essentielles, aux heures d’internet et des réseaux sociaux…

    Prouve que tu m'aimes bien.

    Blue Gold - Elisabeth Stewart -En Chine : Laiping doit quitter son village pour trouver du travail dans les cités ouvrières, afin de subvenir aux besoins vitaux de sa famille… Par chance, les nouvelles technologies ont besoin de plus en plus de petites mains dans leurs usines pour faire face aux commandes.

    Steve Chen (...) est un père pour vous, et vous comme ses enfants.

    En Tanzanie : Sylvie a fui la République Démocratique du Congo avec sa famille. Bénévole dans un dispensaire, elle essaie d’oublier les horreurs de la guerre civile et rêve de devenir médecin ; mais le camp de réfugiés n’est pas le lieu sécurisant qu’elle pensait : les conflits et les rebelles ont, eux-aussi, franchis la frontière…

    Les réfugiés ne pouvaient donc ni rentrer chez eux ni vivre paisiblement à Nyarugusu, soumis à la tyrannie d'un chacal tel que Kayembe.

    Quel point commun me direz-vous entre ces trois adolescentes ?

    Blue Gold - Elisabeth Stewart -

    Un petit rectangle anodin, bourré de technologie, qui tient dans la poche et est vecteur du pire comme du meilleur…

    Merci aux éditions Bayard Jeunesse et à Babelio pour sa masse critique qui m’ont permis de découvrir et ce livre et son auteure.

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  • Les enfants de la terre, tome 6 : Le pays des grottes sacrées - Jean M. Auel - Franchement, je suis assez partagée après la lecture de ce dernier tome. Face au réel plaisir de retrouver Ayla, Jondalar, les Zelandonis et la multitude de personnages qui compose cette série superbe, un profond ennui m’a traversé à intervalle régulier que seul un réel désir de découvrir la fin de cette saga m’a fait ignoré. Beaucoup de redites, de descriptions,... même si tout cela est fort bien écrit, j’ai trouvé que cela alourdissait la lecture.
    200 pages en moins n’auraient pas été de trop.
    Vous allez me trouver dure, mais je le pense sincèrement.

    Ceci dit, comme beaucoup d’autres lecteurs, le savoir avant, ne m’aurait pas empêché de lire Le pays des grottes sacrées tant je ne me voyais pas faire l’impasse sur ce dernier tome.

    Les Enfants de la Terre, tome 6 : Le pays des grottes sacrées - Jean M. Auel - Voilà pour le point négatif (mais qui aura beaucoup compté dans mon appréciation) car pour le reste, on ne peut que saluer le génie et la passion d’Auel qui sait vraiment retranscrire ses recherches menées sur nos lointains ancêtres, les récentes découvertes et la beauté des sites préhistoriques qu’elle a visités, accompagnée de nombreux experts en ce domaine.

    Beaucoup des préoccupations des Zelandonis mises en lumière par l’auteure semblent tellement proches de ce qui aurait pu être, qu’on en vient à s’imaginer les choses comme elle nous les livre : le chamanisme, les structures et le mode de fonctionnement des différentes cavernes (social, économique, …), les mouvements de populations (les causes, leurs conséquences), sans oublier la signification des peintures rupestres auxquelles elle donne vie, au fur et à mesure de la formation d’Ayla.

    Les Enfants de la Terre, tome 6 : Le pays des grottes sacrées - Jean M. Auel -

    Les personnages et l’histoire passent donc en second plan dans ce dernier tome, tout entier voué à la beauté et au mystère des grottes sacrées…

    Les Enfants de la Terre étaient heureux, la Mère pouvait se reposer un peu.

    ¤¤ ¤

    Les Enfants de la Terre, tome 6 : Le pays des grottes sacrées - Jean M. Auel -

    4ième de couv : 

    La petite orpheline Cro-Magnon recueillie par une tribu Neandertal a fait bien du chemin depuis Le Clan de l'Ours des Cavernes, le premier tome de ses aventures publié il y a maintenant trente ans. Ayla vient de mettre au monde une petite fille prénommée Jonayla, et a été peu à peu adoptée par les membres de la Neuvième Caverne, le clan de son compagnon Jondalar. A tel point que la Zelandoni, guérisseuse et chef spirituel de la Neuvième Caverne, la choisit pour lui succéder un jour. Pour parvenir à cette fonction, Ayla suit pendant plusieurs mois la grande prêtresse. Son initiation passe notamment par la visite des nombreuses grottes ornées de la région, l'occasion pour l'apprentie Zelandoni de découvrir des sites magnifiquement décorés, dont elle apprend à comprendre le sens. Cette formation, jalonnée de rites de passage, n'a rien d'une promenade de santé, et Ayla devra franchir bien des obstacles avant de devenir Zelandoni. Saura-t-elle trouver un équilibre entre ses obligations de jeune mère et d'épouse et les exigences de son apprentissage ? L'amour de Jondalar et d'Ayla résistera-t-il à tant d'épreuves ?

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