• J’ai quinze ans. Mon père s’en va pour rejoindre sa compagnie. Je me campe devant lui pour lui barrer le passage.

    — Je pars avec toi.

    Ses yeux s’agrandissent. J’existe devant lui pour la première fois. Sa fille, ce bout de femme lui adresse la parole, elle qui d’habitude ne parle jamais. Elle disparaît toute la journée dans la rue, revient sale et essoufflée à la tombée de la nuit après s’être battue avec les autres gamins du quartier. Mais aucun mot, jamais, ne sort de sa bouche.

    — Écarte-toi Axelle.

    Il n’ose pas me pousser. Maman me pousse déjà bien assez, alors il n’ose pas.

    — Je pars avec toi papa.

    — Je suis mercenaire. J’me bats.

    — Apprends-moi à me battre.

    — C’est un métier d’homme, Axelle.

    J’ai deux bras, deux jambes comme un homme. J’ai deux poings, comme un homme. Et le double de colère.

    — Apprends-moi.

    — Les femmes ont peur des coups.

    La peur je l’ai avalée. Dans ma bouche, dans ma gorge, elle me tombe tout au fond du ventre, jamais digérée.

    — Apprends-moi.

    — Les femmes ne savent pas s’battre.

    Je rosse les gars du quartier.

    — Apprends-moi.

    — C’est impossible, Axelle.

    Tu es mon père, mon dieu, mon espoir. Pour toi, rien n’est impossible.

    — S’il te plaît.

    Tu pleures comme une enfant Axelle. Tu pleures devant ton père, alors que tu voudrais lui prouver que tu es une guerrière. Un guerrier, ça ne pleure pas.

    — Je t’en supplie.

    Papa regarde sa fille qui pleure devant lui. Une gamine au corps maigre couvert de bleus et de cicatrices.

    — D’accord. On y va.

    Il me met la main sur l’épaule et nous partons de la maison. Sans un mot, juste comme ça. Je m’agrippe à lui, ma main serre son bras. Cinq fois merci, papa. Un pour chaque doigt.

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  • Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis.
    D’ailleurs, j’ai l’expérience.

    J’y suis déjà allé et j’ai dessiné.

    Boris Taslitzky

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  • N'exagérons rien ! - David Sedaris -Les films sont projetés en anglais dans leur version originale avec sous-titres en français. Un des personnages dira : "Get your fat ass out of here before I do something I regret", et en bas de l'écran on lira : "Pars."

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  • Les Royaumes du Nord, tome 1 BD - Stéphane Melchior et Clément Oubrerie -

    Les sorcières connaissent les autres mondes depuis des milliers d'années. Un cheveu nous sépare d'eux, et pourtant nous ne pouvons pas les toucher ni les voir...
    sauf...
    dans les lumières du Nord.

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  • Assassinées, pendues ou lapidées. Je vais exhumer ces femmes et les faire exister dans votre imaginaire pour le malheur des ayatollahs, et écrire noir sur blanc qu'elles n'étaient pas des souillures, que leurs vies n'étaient pas condamnables, et que LEUR SANG N’ÉTAIT PAS SANS VALEUR. Qu'elles méritaient la vie et non pas la mort. Qu'elles n'étaient pas la honte de la société. Qu'elles n'étaient pas des coupables, mais des victimes assassinées. Des femmes mal nées, malmenées, mal loties, des femmes fortes, des femmes fragiles,vulnérables, sans défense, des femmes meurtries. Des écorchées vives d'une société hypocrite, corrompue, et surtout criminelle jusque dans sa pudibonderie.

    Une société qui réprime, étouffe, pend, lapide, torture, assassine sous le voile. Je ne chercherai pas à les décrire ni comme des anges, ni comme des putains, ni comme des pures victimes. Mais comme des femmes. des Femmes Étonnantes. Et ce livre sera leur sanctuaire. Leur Mausolée.

    La Chronique de Gérard Collard :

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