• Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar - Antoine Choplin -

     

    Je me dis que le théâtre doit au contraire puiser dans la réalité pour raconter des histoires. C'est là sa mission et que c'est comme ça qu'il est le plus fort. Qu'il n'a à se soucier de rien d'autre que ça, reproduire la réalité pour qu'on ait juste la possibilité de la regarder mieux, autrement, grâce à lui.

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  • Ma vie balagan - Marceline Loridan-Ivans -

     Je voudrais monter au sommet d'un des miradors et crier : "Je suis le numéro fünf und siebzig tausend sieben hundert fünfzig* et je suis vivante ! vivante ! " Un cri lancé aux bourreaux et aux fantômes de Birkenau. Le cri de la mémoire jeté à la face du monde. Mais il n'y a qu'un chien pour l'entendre. 

    *75750

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  • Le sillon 2 - Valérie Manteau -

    Toutes deux d'habituelles marcheuses de nuits solitaires et glacées, on est dans notre élément, on se raconte des histoires d'anciennes danseuses. Asli fait en riant un entrechat un peu raide, inattendu, quand tout à coup au coin de la rue débouchent trois militaires lourdement armés, cagoulés. Probablement une ronde de nuit, conséquence de l'état d'urgence. Asli se fige. Ils viennent pour moi - et tout de suite elle se reprend, s'autocensure - tu sais, quand ils ont débarqué chez moi ils étaient des dizaines, avec les masques, ils ont braqué leur arme comme ça. Elle fait le geste de pointer vers moi et se ravise, elle pointe sur elle, en plein milieu de la poitrine, le menton levé. 

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  • Le sillon 1 - Valérie Manteau - Comme ils étaient peu, combien l'absence de l'un doit dépeupler leur monde, et les faire se sentir orphelins. Asli écrivit, devant l'immense vague de solidarité que la mort de Hrant déclencha en Turquie : "Étions-nous vraiment si nombreux ? Alors pourquoi nous sentions-nous si seuls depuis tant d'années ? Pourquoi avions-nous passé autant de temps dans cette solitude qui nous avait été imposée ? J'aurais tellement voulu que ce qui nous rassemble ne soit pas un assassinat. J'aurais tant voulu qu'en nous retournant vers la vie, nos vies respectives, on ne trouve pas autant de défaites, autant de déceptions, de désillusions."  

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  • Asli Erdogan est devenue un symbole. Son procès est avant tout le procès d'une littérature engagée, d'un journalisme de combat tel que Camus pouvait le pratiquer, et qu'Asli n'a pas cessé d'incarner sur la scène littéraire turque. Une femme - qui est aussi une grande voix insoumise de la littérature turque - risque la prison à vie dans un état qui tient l'Europe par les couilles, pour reprendre une expression qu'on entend au café, et qui a le mérite de résumer clairement la situation. Aucun chef d'Etat européen, aucun ministre ne tentera la moindre démarche pour essayer de sortir Asli de sa cellule. Le Conseil Permanent des Écrivains a écrit une demande officielle en ce sens à Hollande et Azoulay. A ma connaissance, on attend toujours la réponse (...). Pas de quoi inquiéter le tyran Erdogan, qui sait parfaitement jouer du manque de courage de nos ministres et élus.

    Journal d'un combat : mardi 27 décembre 2017, Tieri Briet - Le matricule des anges n°179 -

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