• Le tribunal des flagrants délires - Pierre Desproges -

    "S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot."

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  • "Les écrivains partent avec l'idée fausse que l'édition est une démocratie, or il n'y a rien de moins démocratique que l'art. Il y a tellement peu de place au sommet...
    (...)
    Il faut apprendre à écrire par soi-même, par la lecture, l'imitation, l'étude. Personne ne peut t'aider, je n'y crois pas. Les ateliers d'écriture, ça finit presque toujours dans la médiocrité. Il faut faire ce qu'on a dans les tripes, sans se soucier du résultat.
    (...) Donner une voix aux gens qui n'en ont pas, je crois que c'est ça, la responsabilité de l'écrivain."

     

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  • "Tu t'en vas à la dérive
    Sur la rivière du souvenir
    Et moi, courant sur la rive,
    Je te crie de revenir
    Mais, lentement, tu t'éloignes
    Et dans ma course éperdue,
    Peu à peu, je te regagne
    Un peu de terrain perdu.

    De temps en temps, tu t'enfonces
    Dans le liquide mouvant
    Ou bien, frôlant quelques ronces,
    Tu hésites et tu m'attends
    En te cachant la figure
    Dans ta robe retroussée,
    De peur que ne te défigurent
    Et la honte et les regrets.

    Tu n'es plus qu'une pauvre épave,
    Chienne crevée au fil de l'eau
    Mais je reste ton esclave
    Et plonge dans le ruisseau
    Quand le souvenir s'arrête
    Et l'océan de l'oubli,
    Brisant nos cœurs et nos têtes,
    A jamais, nous réunit"

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  • "La pluie qui tombe m’effraie un peu
    Comme les larmes qui coulent de tes yeux
    Le temps n’attend pas tu le sais
    Seuls les regrets semblent parfait

    Il est dangereux de se pencher au-dedans
    Les robes de mariées c’est salissant

     

    Les regrets ça va droit au cœur
    Et ça y reste
    Jusqu'à ce qu’on meurt

     

    La pluie qui tombe se calme un peu
    La nuit approche et je m’en veux
    De n’avoir pas lu dans tes yeux
    Celui qui sait est malheureux

     

    Il est dangereux de se pencher au-dedans
    Les robes de mariées sont maculées de sang

     

    Les regrets ça va droit au cœur
    Et ça y reste
    Jusqu'à ce qu’on meurt

     

    Les regrets ça va droit au cœur
    Et ça y reste
    Jusqu'à ce qu’on meurt

    Quand on est mort
    Que reste-t‘il
    Quelques bouquets de roses
    Inutiles
    Bien trop fragiles."

     

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  • De la curiosité - Alberto Manguel -"Ce que nous désirons savoir et ce que nous imaginons sont les deux faces d'une même page magique.

    L'une des expériences communes à la plupart des vies de lecteurs est  la découverte, tôt ou tard, d'un livre qui mieux que tout autre favorise l'exploration de soi-même et du monde, qui paraît inépuisable en même temps qu'il concentre l'intelligence d'une manière intime et singulière sur les détails les plus minuscules."

    De la curiosité - Alberto Manguel -

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