• L'ombre s'allonge - Jean-Paul Goux -

     

    La beauté d'un jardin, lorsqu'on y vit, vous apprenait qu'on n'habite pas la beauté, qu'on ne peut que s'y mesurer dans une violence jamais éteinte qui vous rend muet et vous dévore.

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  • Les histoires sont comme les anguilles au fond d'un seau, à s'effleurer en permanence de leur peau visqueuse, et on se contente de les regarder avec une sorte d'effroi, parce qu'on voudrait que la vérité ait une apparence différente, mais bon Dieu, y a rien d'autre et on est forcé de regarder jusqu'à la fin, parce que la vérité, même laide, apparaît bientôt comme une chose indispensable.

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  •  Dansons tu dis
    Et moi, je suis
    Mes pas sont gauches
    Mes pieds tu fauches
    Je crains les sots
    Je cherche en vain les mots
    Pour m'expliquer ta vie, alors
    Tu mens, ma Sœur
    Tu brises mon cœur

     

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  • La jouissance - Florian Zeller -Vous voyez, ces lignes, celles dont on dit qu'elles révèlent l'avenir d'un individu... Vous savez d'où elles viennent ? Ce sont les cicatrices des premières pulsations. Au moment où le cœur se met à battre, les mains du fœtus se contractent, et les lignes se dessinent pour toujours.

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  • Les personnages naissent d'esquisses rapides et intuitives lors des premiers jets. (...) Jusqu'à ce qu'il [le personnage] sonne juste. Jusqu'au moment où le surgissement de sa présence me fascine. C'est encore un travail de sorcier : nourrir une chimère, un bout d'étoffe, jusqu'à ce qu'il prenne la parole et son autonomie. Une fois créés les personnages acquièrent un poids gravitationnel qui peut faire dévier le livre, l'attirer, le tordre.

    (...)

    L'auteur n'est pas un chef d'orchestre devant les petits santons joliment placés qu'il fait chanter à la baguette. L'auteur, c'est plutôt Mickey dans Fantasia : si tu t'avises de donner chair à des bouts de bois, tu ne sais jamais quelle danse ils vont t'imposer.
    Tu pourrais ne pas écouter leur danse, bien sûr, ou la leur refuser, mais alors : pourquoi t'être donné des pouvoirs de démiurge si tu ne voulais pas l'autonomie des créatures ?

    Interview Charles Robinson - Le matricule des anges -

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