• "Pour la première fois depuis la fondation de la C.U., la population de Paris, gagnée par la panique descendait dans la rue pour clamer sa colère et son inquiétude. La police peinait à contenir les vagues humaines qui déferlaient sur l'hôtel de ville et menaçaient de le submerger. Jamais NyLoPa n'avait été à ce point déstabilisée. Les citadins commençaient à réclamer un gouvernement autoritaire et le déploiement de l'armée Unifiée. Une solution stupide : les soldats de l'A.U., même armés jusqu'aux dents, même bardés de nouvelles technologies, n'auraient servi à rien contre les insaisissables meurtriers, mais les populations terrorisées avaient besoin de voir des uniformes sur les places, dans les rues, devant leurs portes. Les médias jetaient de l'huile sur le feu, accusaient les municipalités d'incurie, vilipendaient les maires et leurs conseillers, réclamaient des mesures énergiques, urgentes, radicales."

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  • "Certains poètes ont fini au goulag pour avoir composé un vers de trop, pour s'être laissés aller un jour ou une heure, au mauvais moment.
    (...)
    Autour de lui, un tas de chefs minces de cou
    Les sous-hommes zélés dont il joue et se joue,
    Tel siffle, tel miaule, geint ou ronchonne,
    Lui seul frappe du poing, tutoie et tonne,
    En forgeant, tels des fers à cheval, ses décrets -
    En plein front et dans l’œil, au ventre, où ça lui plaît !
    (...)
    Les plus chanceux avaient une femme, un ami ou un amant qui avalaient leurs vers pour ne pas les laisser se perdre."

    ¤ ¤ ¤

     

    Vers d'Ossip Mandelstam, extraits de son Épigramme contre Staline. Il mourut sur le chemin qui le conduisait au goulag, de faim et de froid. Pour 16 vers qui composaient "Le montagnard du Kremlin". Les voici :


    "Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds,
    À dix pas personne ne discerne nos paroles.
    On entend seulement le montagnard du Kremlin,
    Le bourreau et l'assassin de moujiks.
    Ses doigts sont gras comme des vers,
    Des mots de plomb tombent de ses lèvres.
    Sa moustache de cafard nargue,
    Et la peau de ses bottes luit.

    Autour, une cohue de chefs aux cous de poulet,
    Les sous-hommes zélés dont il joue.
    Ils hennissent, miaulent, gémissent,
    Lui seul tempête et désigne.
    Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,
    Qu'il jette à la tête, à l'?il, à l'aine.
    Chaque mise à mort est une fête,
    Et vaste est l'appétit de l'Ossète."

    ¤¤ ¤

     

    Épigramme contre Staline, lu par Gilles-Claude Thériault :

     

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  • "Poète
    On n'a pas
    D'autre choix
    Que d'être secret
    Sinon comment
    Entendrait-on
    chanter
    La nuit ?"

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  • Kinderzimmer - Valentine Goby -"Est-ce que l'enfant étouffe sous le béton du ventre ? Est-ce que ça le brise comme ça fracasse les reins ?"

    "trois heures ou toute la vie, toute la vie c'est peut être moins que ça."

    "Partir. Maintenant. Comme ça. Être libre. Libre de quoi."

    "silencieuses et perdues à cause de ce mot, frei, libres, elles en ont rêvé et maintenant qu'en faire ?"

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  • Bilbo Le Hobbit - J.R.R. Tolkien -"Là, dans les profondeurs près de l'eau sombre, vivait le vieux Gollum, une petite créature visqueuse. Je ne sais pas d'où il venait, ni qui il était, ou ce qu'il pouvait être. C'était Gollum : noir comme les ténèbres, hormis deux grands yeux ronds qui luisaient dans son visage émacié. Il avait une petite barque, qu'il promenait sur le lac sans aucun bruit - car c'était bien un lac : vaste, profond, et horriblement froid. Il la manœuvrait de ses larges pieds qui pendaient de chaque côté, mais sans jamais faire la moindre ride sur l'eau. Lui, non, jamais. De ses yeux allumés comme des lampes, il guettait les poissons aveugles, qu'il saisissait entre ses longs doigts à la vitesse de l'éclair. Il aimait aussi la viande. Celle des gobelins lui plaisait, quand il en trouvait ; mais il s'assurait de ne jamais être découvert. Il se contentait de les étrangler par derrière, lorsqu'ils s'aventuraient seuls au bord de l'eau pendant qu'il rôdait alentour."

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