• Pour quelques grammes d'éternité - Philippe Dumont - Pour quelques grammes d’éternité vous emmène en septembre 1948 à Bruxelles et dans sa banlieue cossue d’Ixelles. Le commissaire Van Geluwe enquête sur un suicide peu commun : celui d’un évêque, qui se serait pendu après s’être crevé les deux yeux. Van Geluwe ne peut se résoudre à classer l’affaire en suicide, même si tous les indices convergent en ce sens.

    Le commissaire va peu à peu lever le voile sur les raisons qui ont conduit l’homme d’église au suicide et faire la lumière sur ce mystérieux cercle "Les amis du Temps", regroupant des collectionneurs fortunés, prêts à tout pour acquérir la plus belle pièce de collection…

    L’écriture est posée et nous emmène peu à peu vers un récit fantastique dont on ne sait trop, jusqu’à la chute finale, s’il naît de la réalité ou de l’esprit dérangé de certains de ses protagonistes. Le commissaire Van Geluwe m’a bien souvent fait penser à son célèbre collègue : le commissaire Maigret. Peut-être pour cette bonhomie qu’il affiche, sa façon d’envisager l’enquête et ses relations avec « son » inspecteur et binôme ; mais je dirais surtout, pour cette passion pour la bière avec toutes les Gueuze Lambic qui l’accompagnent au fur et à mesure de l’enquête… 

    Pour quelques grammes d'éternité - Philippe Dumont - J’ai également apprécié les petites pointes d’h umour que Philippe Dumont égraine ici ou là. Seul petit bémol, j’aurai aimé parfois un peu plus de dynamisme dans le déroulement de l’histoire ; mais cela ne gâche rien à ces quelques grammes d’éternité…

    Merci à Babelio et à ses opérations Masse critique, ainsi qu’aux éditions Séma : ce fut une agréable lecture !

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  • C’est à une véritable traque que nous convie Dan Smith dans le village. Dans les steppes ukrainienne, sous un paysage de neige et de glace, Luka part, avec ses deux fils et son beau-frère, à la recherche d’un voleur d’enfant. La petite Dariya a été enlevée peu après le massacre d’un homme que Luka avait trouvé dans la neige, mourant, traînant derrière lui un bien triste équipage : les corps de deux enfants mutilés, vraisemblablement dépecés pour se nourrir de leurs chairs. Luka n’a plus qu’une obsession, arriver à temps pour sauver la gamine… Mais voilà, le voleur d’enfant apprécie ce jeu macabre et bien vite, on ne sait plus qui est chasseur ou chassé…

    Nous sommes encore des êtres humains. Quoi que nous fassions, quoi que nous voyions, quoi qu’il arrive dans ce pays, il ne faudra pas l’oublier. Nous sommes encore des êtres humains. Il ne faudra jamais l’oublier. Parce que si nous oublions ça, tout sera perdu.

    Le Village - Dan Smith -

    C’est un livre d’atmosphère, plus que d’action, mais ce n’est pas pour autant qu’on arrive à s’en détacher plus facilement. Son propos marque et dérange : j’avoue qu’en règle générale, je n’apprécie pas les récits qui mettent en scène la douleur, et encore moins la torture d’un enfant et si en plus, vous y rajouter le cannibalisme, je suis plutôt certaine de fuir… Mais là, je me suis laissée vraiment prendre au collet par ce récit : Il y a une montée en puissance de l’angoisse qui est vraiment bien dosée et maîtrisée par l’auteur, qui vous met rapidement mal à l’aise, mais cela a été plus fort que moi : il fallait que je sache si Luka allait réussir à ramener Dariya chez elle. Si vous avez lu Le village, vous mesurez la naïveté qui est la mienne. Si ce n’est pas encore fait, je vous laisse découvrir tout ce que je ne peux vous dire…

    Il fallait que je voie les visages de ces hommes qui venaient de me donner tout ce qu'ils avaient. Des hommes qui ne savaient rien de moi et qui pourtant m'offraient tout. Et je fus frappé par le fait que, même en des temps aussi durs, il pouvait exister de brefs moments de douceur qui nous élevaient au-dessus de la fange et de la mort.

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    Le Village - Dan Smith -

    4ième de couv :

    En 1930, dans le village ukrainien de Vyriv. Luka, vétéran de la guerre de Crimée et ses deux fils recueillent un homme inconscient qu'ils trouvent dans la steppe enneigée. Dans son traîneau gisent deux corps d'enfants atrocement mutilés. La panique s'empare des villageois...

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  • Quand sort la recluse - Fred Vargas -Toujours avant d’ouvrir le dernier Vargas : cette crainte que la magie n'opère plus, cette volonté de ne pas se laisser emporter par cette aura entourant ses livres, capable de nous ôter tout esprit critique, sous prétexte que « c’est du Vargas » ! Faire table rase de toutes les étoiles d’avant. Remettre les compteurs à zéro et se lancer.

    Ça y est. J’y suis. Je le tiens entre mes mains. Ce n’est pas que j’hésite à le commencer, mais plutôt que je savoure l’instant. Un Vargas, c’est comme un bon vin. Ça se regarde, ça se hume, ça se rêve, avant d’entamer la première phrase. Les premiers mots…
    Quand sort la recluse - Fred Vargas -

    Il y a une part de féerie dans l’écriture de Vargas, une injonction à ne plus douter, à se laisser porter et accepter son univers : celui où les recluses sortent de leur tanière, où les vieilles dames surfent sur internet avec autant de dextérité qu’un jeune geek, où les chats se portent au pied des gamelles et où les framboises se picorent pour ne pas crever.

    - Raconte-moi cette femme qui t'a offert une araignée morte.
    - Les hommes offrent bien des manteaux de fourrure. Quelle idée. Imagine-toi serrer dans te bras une femme qui porte soixante écureuils morts sur le dos.
    - Tu vas porter ton araignée sur le dos ?
    - Je l'ai déjà sur les épaules. Louis.

    Quand sort la recluse - Fred Vargas -

    La magie opère. Perdue à travers les brumes, je suis les pensées évanescentes d’Adamsberg, les regarde se disperser doucement pour petit à petit laisser affleurer quelques vérités du passé. J’ai envie de botter le cul de Danglard, rajouter quelques ingrédients à la garbure, chercher la cellule et creuser la terre, amusée par ce nouveau visage de la Rétancourt… Je savoure doucement la lecture, me délectant des nouvelles inventions, bizarreries et trouvailles de l’auteure.

    Mais ne vous y trompez pas : la noirceur des âmes n’a d’égale que la pesanteur des bulles qui naviguent entre deux eaux neuronales du cerveau de notre cher commissaire.

    C'est souvent, quand on a eu un enfer, qu'on en parle et on en parle, comme s'il fallait le tuer tous les jours. Vous me suivez ? Qu'on en parle même en rigolant, comme si ç'avait été un paradis. Le bon vieux temps, quoi. Et eux, leur enfer, (...) ils l'appelaient "La Miséricorde".

    Alors oui ! Vargas fait du Vargas. Mais c’est tellement bon, qu’on laisse le livre à porter de main, pour mieux rêver du prochain…

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    Quand sort la recluse - Fred Vargas -

    4ième de couv :

    « - Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence.
    - Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle.
    - Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
    - Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
    - Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l'araignée recluse ? »

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  • Attention ! Chronique d’une lectrice conquise qui ne va pas tarir d’éloges sur sa dernière découverte en date : Les larmes de Pancrace de Mallock ! Allez, je vous aurai prévenu. C’est parti :

    Pour commencer la couverture est belle. Oui, je sais. C’est pas le plus important, mais reconnaissez tout de même qu’il est toujours plaisant d’avoir un beau bouquin à la main.

    Passons au contenu : l’intrigue ! Car, oui, il y en a une. C’est un roman policier, que diable ! Au départ, je n’étais pas plus emballée que cela par le vignoble bordelais (ne me jetez pas la pierre, SVP, mais quand vous êtes entourée de personnes qui bossent dans La Vigne, de quoi vous finissez toujours par parler ? Hein ? Bon. Vous m’aurez comprise…) donc, je disais, première réaction : Bof, Bof ! Encore le pinard, les viti, la terre (shame on me ! Yes, I know… ), mais comme je me suis engagée à le lire dans le cadre du Prix CL 2017, je me suis jetée à l’eau ! (sic) Et là, incroyable : je me suis surprise à rêver d’arpenter les rangs, à sentir cette terre épaisse mais malgré tout légère sous mes pieds, ce soleil et cette chaleur écrasante, sans parler de la folle envie de déguster un Corneille-de Renom. Et quand Mallock nous propulse en l’an 1323 sur les premiers pas du créateur de ce vignoble, dans ce savant effet feed-back du Passé au Présent que j’aime tant dans les romans, je n’ai pu le lâcher…

    Pour le reste, je ne vous ferais pas de résumé. Faudra vous y coller ! Mais sachez que les personnages sont écrits avec une telle justesse, qu’ils évoluent au cours du récit sans aucune fausse note. Sans oublier cette curiosité : Se doter d’un héros homonyme, un flic un peu bourru, bon vivant et détonant, mais tellement attachant.

    Les larmes de Pancrace - Mallock -

    Et que dire de son style ? Une petite merveille ! Je ne veux pas sous-entendre que les romans policiers sont habituellement mal écrits ou qu’on s’attend forcément à un style « bateau ». Non. Loin de moi cette pensée de cloporte. Mais en règle générale, quand je lis un roman noir ou un thriller, je suis plutôt en mode TGV, happée par la curiosité de toujours vouloir en savoir plus. Là, je me suis surprise à prendre le temps de lire, m’arrêter sur un passage, en relire un autre et savourer tous les mots sans l’impatience des maux à venir…

    Et tout cela avec humour, ce qui, vous me l'accorderez, ne gâche rien...

    Il y a toujours un certain plaisir à mettre un menteur face à son mensonge. Et quand il s’agit de quelqu’un qui vous prend pour un larbin doublé d’un con, la chose devient carrément jouissive.

    Chapeau Mallock(s) ! Créateur et Créature, je vous adopte et vous garde une place de choix dans mon cœur de lectrice et sur les rayonnages de ma bibliothèque...

     ¤ ¤ ¤

    Les larmes de Pancrace - Mallock -

    4ième de couv :

    Jean de Renom, un jeune châtelain, rentre chez lui un soir, heureux de retrouver sa femme Camille et leur bébé après plusieurs jours d’absence. Mais il est sauvagement assassiné à son arrivée et est retrouvé criblé de balles au bas de son escalier. Sa femme ne sait absolument pas ce qui s’est passé, mais l’enquête arrive à la conclusion que c’est elle qui a tué son mari. Sans aucune raison. L’affaire fait d’autant plus de bruit que la mère de Camille est une femme politique puissante destinée à devenir candidate pour la présidence de la République. Appelé à la rescousse par un ami, le commissaire Amédée Mallock va s’intéresser à un tout autre assassinat ayant eu lieu dans la même famille trente années plus tôt. Un meurtre étrange en chambre close. Celui du père de Camille agressé en même temps que son épouse Sophie retrouvée inconsciente.

    Et si ces deux crimes étaient liés ? Et si le Chevalier d'Assas, enfermé depuis lors et accusé du crime, était innocent ? Et si tout cela remontait à une malédiction proférée contre cette famille par un templier assassiné il y a sept siècles ?

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  • Dans ce roman, on suit un procès du premier à son dernier jour. Sur le banc des accusés : Sam Madison, universitaire pédant, se trouve mis en examen pour le meurtre de sa femme, Sandrine.

    Aurait-il maquillé en suicide cet acte tragique ? Rien ne semblait plus aller entre les deux époux, et l’annonce de la maladie de Charcot dont souffre sa femme, n’aurait-elle pas été l’élément déclencheur d’une mise en scène pour nous faire croire au geste désespéré de Sandrine ?

    Ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre, ce n’est pas le déroulement du procès, mais cette plongée dans le passé des personnages et le psychisme de Sam : Suivre ses pensées, remonter le temps avec lui, pour comprendre tout ce qui a pu le désigner comme coupable potentiel, le sentir indifférent, puis petit à petit, ferré et aux abois comme une bête éblouie, tétanisée par les phares d’une voiture.

    Quel foutu jeu de dé, le cœur humain.

    Le rythme est lent, posé, mais on ne s’y ennuie pas. Certains portraits sont vraiment ciselés d’une main de maître : Morty, l’avocat est une caricature à lui tout seul ; j’ai bien aimé le couple Avril-Clayton, je l’ai trouvé assez touchant… l’empathie par contre, n’est pas d’emblée là pour Sam, avec cette question qui nous taraude tout du long : l’a-t-il tuée ou ne l’a-t-il pas tuée ?

    Le délitement de cette grande histoire d’amour, de ce coup de foudre sous la plume de Thomas H. Cook est palpable : On les voit tous les deux pris au piège des petites déceptions quotidiennes, englués dans une réalité qui escamote leurs grandes aspirations et leurs rêves les plus fous.

    Et tout cela éclairé peu à peu par le dernier message de Sandrine Madison…

    Ce n'est pas important Sam. Écoute-moi maintenant. Parce que je sais comment te sortir de cet enfer.

    Le dernier message de Sandrine Madison - Thomas H. Cook -

    4ième de couverture :

    Sam et Sandrine Madison enseignent tous deux — elle l'histoire et lui la littérature — à l'université Coburn, en Géorgie. La nuit où Sandrine succombe à un mélange de vodka et de Demerol, on peut croire à un suicide. Le comportement singulier de Sam lui vaut cependant d’être accusé du meurtre de sa femme, malgré l'absence de preuve. Aux premières heures du procès, tout est envisageable: Sam semble sincèrement effondré et, à l'entendre, Sandrine avait de bonnes raisons de vouloir mourir. Pour autant, il n'est pas impensable qu'il l'ait tuée: plusieurs témoignages éclairent l'affaire d'un jour nouveau qui ne lui est pas favorable. Les souvenirs de l'accusé, qui se déploient en contrepoint des attaques du procureur et des arguments de l'avocat de la défense, brossent un paysage conjugal d'une extrême complexité, embrouillant le jugement du lecteur. Des deux conjoints, lequel a manipulé l'autre?

     

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