• L'inhabitable - Ariane Dreyfus - Je dédie ce livre à Stéphane Bouquet, à ses phrases tendues. A sa poésie, à son amitié, par lesquelles le vertige au-dessus du vide a été vivable, mué en cette légèreté ivre quand on se nourrit de peu. L'amitié comme la poésie relève sans remplir les mains, fait sourire sans que rien n'ait changé, s'asseoir côte à côte au milieu des ruines. Donne le temps et pourtant personne ne touche les corps. L'inhabitable - Ariane Dreyfus - Parfois l'amour vient réellement, cela aussi a un nom, le nom de quelqu'un. Alors cet autre vertige, celui d'être à la fois une et deux, de ne jamais cesser d'être cela autant que ceci. Incroyable perspective, fabuleux appareillage.

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  • J’ai quinze ans. Mon père s’en va pour rejoindre sa compagnie. Je me campe devant lui pour lui barrer le passage.

    — Je pars avec toi.

    Ses yeux s’agrandissent. J’existe devant lui pour la première fois. Sa fille, ce bout de femme lui adresse la parole, elle qui d’habitude ne parle jamais. Elle disparaît toute la journée dans la rue, revient sale et essoufflée à la tombée de la nuit après s’être battue avec les autres gamins du quartier. Mais aucun mot, jamais, ne sort de sa bouche.

    — Écarte-toi Axelle.

    Il n’ose pas me pousser. Maman me pousse déjà bien assez, alors il n’ose pas.

    — Je pars avec toi papa.

    — Je suis mercenaire. J’me bats.

    — Apprends-moi à me battre.

    — C’est un métier d’homme, Axelle.

    J’ai deux bras, deux jambes comme un homme. J’ai deux poings, comme un homme. Et le double de colère.

    — Apprends-moi.

    — Les femmes ont peur des coups.

    La peur je l’ai avalée. Dans ma bouche, dans ma gorge, elle me tombe tout au fond du ventre, jamais digérée.

    — Apprends-moi.

    — Les femmes ne savent pas s’battre.

    Je rosse les gars du quartier.

    — Apprends-moi.

    — C’est impossible, Axelle.

    Tu es mon père, mon dieu, mon espoir. Pour toi, rien n’est impossible.

    — S’il te plaît.

    Tu pleures comme une enfant Axelle. Tu pleures devant ton père, alors que tu voudrais lui prouver que tu es une guerrière. Un guerrier, ça ne pleure pas.

    — Je t’en supplie.

    Papa regarde sa fille qui pleure devant lui. Une gamine au corps maigre couvert de bleus et de cicatrices.

    — D’accord. On y va.

    Il me met la main sur l’épaule et nous partons de la maison. Sans un mot, juste comme ça. Je m’agrippe à lui, ma main serre son bras. Cinq fois merci, papa. Un pour chaque doigt.

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  • Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis.
    D’ailleurs, j’ai l’expérience.

    J’y suis déjà allé et j’ai dessiné.

    Boris Taslitzky

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  • N'exagérons rien ! - David Sedaris -Les films sont projetés en anglais dans leur version originale avec sous-titres en français. Un des personnages dira : "Get your fat ass out of here before I do something I regret", et en bas de l'écran on lira : "Pars."

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  • Les Royaumes du Nord, tome 1 BD - Stéphane Melchior et Clément Oubrerie -

    Les sorcières connaissent les autres mondes depuis des milliers d'années. Un cheveu nous sépare d'eux, et pourtant nous ne pouvons pas les toucher ni les voir...
    sauf...
    dans les lumières du Nord.

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