• "La pluie qui tombe m’effraie un peu
    Comme les larmes qui coulent de tes yeux
    Le temps n’attend pas tu le sais
    Seuls les regrets semblent parfait

    Il est dangereux de se pencher au-dedans
    Les robes de mariées c’est salissant

     

    Les regrets ça va droit au cœur
    Et ça y reste
    Jusqu'à ce qu’on meurt

     

    La pluie qui tombe se calme un peu
    La nuit approche et je m’en veux
    De n’avoir pas lu dans tes yeux
    Celui qui sait est malheureux

     

    Il est dangereux de se pencher au-dedans
    Les robes de mariées sont maculées de sang

     

    Les regrets ça va droit au cœur
    Et ça y reste
    Jusqu'à ce qu’on meurt

     

    Les regrets ça va droit au cœur
    Et ça y reste
    Jusqu'à ce qu’on meurt

    Quand on est mort
    Que reste-t‘il
    Quelques bouquets de roses
    Inutiles
    Bien trop fragiles."

     

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  • De la curiosité - Alberto Manguel -"Ce que nous désirons savoir et ce que nous imaginons sont les deux faces d'une même page magique.

    L'une des expériences communes à la plupart des vies de lecteurs est  la découverte, tôt ou tard, d'un livre qui mieux que tout autre favorise l'exploration de soi-même et du monde, qui paraît inépuisable en même temps qu'il concentre l'intelligence d'une manière intime et singulière sur les détails les plus minuscules."

    De la curiosité - Alberto Manguel -

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  • "Pour la première fois depuis la fondation de la C.U., la population de Paris, gagnée par la panique descendait dans la rue pour clamer sa colère et son inquiétude. La police peinait à contenir les vagues humaines qui déferlaient sur l'hôtel de ville et menaçaient de le submerger. Jamais NyLoPa n'avait été à ce point déstabilisée. Les citadins commençaient à réclamer un gouvernement autoritaire et le déploiement de l'armée Unifiée. Une solution stupide : les soldats de l'A.U., même armés jusqu'aux dents, même bardés de nouvelles technologies, n'auraient servi à rien contre les insaisissables meurtriers, mais les populations terrorisées avaient besoin de voir des uniformes sur les places, dans les rues, devant leurs portes. Les médias jetaient de l'huile sur le feu, accusaient les municipalités d'incurie, vilipendaient les maires et leurs conseillers, réclamaient des mesures énergiques, urgentes, radicales."

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  • "Certains poètes ont fini au goulag pour avoir composé un vers de trop, pour s'être laissés aller un jour ou une heure, au mauvais moment.
    (...)
    Autour de lui, un tas de chefs minces de cou
    Les sous-hommes zélés dont il joue et se joue,
    Tel siffle, tel miaule, geint ou ronchonne,
    Lui seul frappe du poing, tutoie et tonne,
    En forgeant, tels des fers à cheval, ses décrets -
    En plein front et dans l’œil, au ventre, où ça lui plaît !
    (...)
    Les plus chanceux avaient une femme, un ami ou un amant qui avalaient leurs vers pour ne pas les laisser se perdre."

    ¤ ¤ ¤

     

    Vers d'Ossip Mandelstam, extraits de son Épigramme contre Staline. Il mourut sur le chemin qui le conduisait au goulag, de faim et de froid. Pour 16 vers qui composaient "Le montagnard du Kremlin". Les voici :


    "Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds,
    À dix pas personne ne discerne nos paroles.
    On entend seulement le montagnard du Kremlin,
    Le bourreau et l'assassin de moujiks.
    Ses doigts sont gras comme des vers,
    Des mots de plomb tombent de ses lèvres.
    Sa moustache de cafard nargue,
    Et la peau de ses bottes luit.

    Autour, une cohue de chefs aux cous de poulet,
    Les sous-hommes zélés dont il joue.
    Ils hennissent, miaulent, gémissent,
    Lui seul tempête et désigne.
    Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,
    Qu'il jette à la tête, à l'?il, à l'aine.
    Chaque mise à mort est une fête,
    Et vaste est l'appétit de l'Ossète."

    ¤¤ ¤

     

    Épigramme contre Staline, lu par Gilles-Claude Thériault :

     

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  • "Poète
    On n'a pas
    D'autre choix
    Que d'être secret
    Sinon comment
    Entendrait-on
    chanter
    La nuit ?"

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