• "Ma vérité, je l'ai rapportée du combat dans un sac de cellophane... La tête, les bras, les jambes en morceaux séparés... La peau aussi..."

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  • "Moi je m'en suis pris plein la houle, des rincées bien salées sur le pont. Je peux vous dire que ça n'a jamais soigné personne. La déferlante de vos lois comme des vagues scélérates. On nous fout la tête sous l'eau depuis des siècles mais moi je suis fort en apnée, vous ne me noierez pas comme un chaton au fond d'un sac de jute.

    Je sais quand ça gîte.

    J'avais treize ans la première fois, la mer complètement saoule avec sa gueule ouverte, qui vous crache dessus qui s'engouffre et vous fout des trempes.

    La vorace une ogresse.

    Si elle ne m'a pas avalé vous n'êtes pas prêt de m'engloutir.

    Je viens du déluge et vos torrents de lois qui nous tabassent et nous régurgitent comme des arêtes coincées dans la gorge, c'est pacotille.

    Vous ne voyez que mes œuvres mortes mais sous la surface la carène c'est du solide."

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  • "Si tu reçois mon frère ces lettres de sable qui coulent obstinément c'est parce qu'il doit s'écrire la dignité qui nous tient lieu d'être vivant.
    Alors, nous allons tenir mon frère, cette poignée de sable qui coule entre nos mains.
    Nous écoutons son temps et comprenons la douleur de son sang.
    Aussi petit soit notre espoir aussi fragile soit notre chant grand sera demain cet arbre sous lequel nous parlerons ensemble à nos enfants.
    Et je si reçois mon frère ces larmes de sable qui coulent depuis si longtemps c'est parce qu'il doit se lire la vérité qui s'adresse aux vivants...
    Nous partageons le sable mon frère, comme le ciel partage les vents sans contraires, sans haines ni colères, Nomades de la Terre.
    On doit s'aimer mon frère, comme une promesse de pluie faite au désert.
    On doit marcher mon frère contre cette immense dune de pierres.
    On nous apprend à partager des tombeaux à nous d'inventer demain les mots qui sauront les refermer.
    Le silence des mots jette les morts si loin du repos.
    Alors, nous allons tenir mon frère, ni à genoux, ni face contre terre, ni tête contre des pierres, nous allons tenir mon frère à ce qu'en l'homme il reste toujours et encore de plus haut.
    Nous allons tenir l'un à l'autre, debout, mon frère, comme ces lettres à notre peau."

    Astrid Shriqui Garain

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  • "A l'ombre des sévices, même les plus profonds, que Bacon fait subir à la beauté traditionnelle, dort une contre-image ; comme le dit Leiris par ailleurs, la beauté est autant fonction de l'autodestruction que de l'autorégénération et l'impression finale que nous avons en face de toutes les toiles importantes de Bacon est une réhabilitation de la beauté. Si ce n'était pas le cas, l’œuvre de Bacon ne serait plus que du sensationnalisme sans valeur et caricatural. (...)
    "Je voudrais avoir une énorme pièce couverte de miroirs déformants du sol au plafond. De temps en temps, il y aurait un miroir normal, intercalé entre les miroirs déformants : les gens seraient si beaux quand ils s'y reflèteraient !"."

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  • "Je sais mon frère, je sais. Je sais que ce n'est rien. Ce n'est rien d'autre que le silence - un silence cruel, sans fin, qui me murmure à l'oreille. Mais qu'est-ce qui me reste d'autre pour me tenir compagnie - pour me consoler, maintenant que toi aussi tu es parti, seul vestige de ma chair et de mon sang à présent disparu. Mon premier, mon meilleur ami depuis l'enfance. Mon dernier, mon ultime compagnon.
    Comme mon cœur saigne."

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