• Interview Céline Minard - Lire février 2019 -J'écris de la littérature populaire, qu'on prend pour autre chose, je ne sais pas pourquoi. Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de raconter des histoires, mais pas n'importe comment. J'aime bien perdre mon lecteur. Lui faire explorer un monde. Sinon, on met ses charentaises, on se pose dans son fauteuil devant sa série et on n'explore rien. La littérature, ce n'est pas des charentaises ! Si on n'est pas déplacé, surpris, choqué, dérangé, émerveillé, on s'ennuie. 

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  • Nous en parlions comme on parle, dans les romans, de la recherche d'un trésor. Nous nous exclamions : quand on sera riches, on fera ceci, on fera cela ! A nous entendre, on aurait dit que la richesse était cachées quelque part dans le quartier, dans des coffres qui, une fois ouverts, s'illuminaient, et qu'elle attendait simplement que nous la trouvions. Puis, je ne sais pourquoi, cela changea, et nous commençâmes à associer les études à l'argent. Notre idée était qu'en travaillant beaucoup nous écririons des livres, et ces livres nous rendraient riches. La richesse conservait la forme d'un scintillement de pièces d'or enfermées dans d'innombrables caisses, mais pour y arriver il suffisait de faire des études et d'écrire un livre.

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  • Les âmes engloutiesSusanne Jansson nous offre avec Les âmes englouties, à la fois un thriller bien mené mais également un récit fantastique qui nous happe dès les premières pages. J'avoue ne pas l'avoir lâché jusqu'au dénouement final. 

    L'histoire commence simplement : Nathalie Ström, revient sur ses terres natales pour finaliser sa thèse en biologie. Elle loge dans une petite maison, près d'un vieux manoir. Elle fait rapidement la connaissance d'un étudiant en art qu'elle va mettre à contribution pour effectuer toute une série de mesures scientifiques dans la tourbière. Jusqu'au jour où elle le sauve d'une mort certaine...

    Une enquête est menée par un policier pas vraiment motivé ; la photographe sous contrat aux affaires criminelles, Maya, est bien plus décidée à faire éclore la vérité... Car, peu à peu, les cadavres remontent à la surface, si j'ose dire, sortent les uns après les autres de la tourbe. Et pourtant, rien n'indique qui pourrait en être responsable. La tourbière a tout englouti, les preuves comme les corps et que dire des âmes ? C'est là tout le nœud et l'intérêt de ce récit...

    Les tourbières sacrificielles avaient la réputation d'être à la fois dangereuses et sacrées. Un lieu à craindre et à vénérer en même temps.

    Devant ces événements, le passé de Nathalie prend peu à peu sens. Elle qui ne s'est jamais vraiment confiée ni libérée de son histoire, se rend compte qu'elle va devoir affronter toutes ces choses et que tout cela est peut-être lié...

    Susanne Jansson installe dès les premières pages une ambiance assez fantasmagorique... Les paysages de tourbières, les personnages assez froids et distants, suspicieux souvent, prennent corps sous sa plume. On a vraiment l'impression de se frayer un chemin dans les tourbières avec l'angoisse d'être happée par cette terre mouvante en cas de faux pas...
    A découvrir !  

    Je remercie les éditions Presses  de la Cité pour l'envoi de ce livre sans oublier Babelio et ses opérations masse critique.

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    4ème de couv : 

    Surgie des tourbières scandinaves, une nouvelle voix du polar nordique

    Pour travailler à sa thèse de biologie, Nathalie retourne vivre dans sa région natale, au coeur d'une Suède humide et reculée. Dans la petite maison qu'elle habite en forêt, elle se laisse rappeler à son enfance douloureuse, à l'époque où la disparition de la jeune Tracy avait inauguré une succession de drames. Un jour, un cadavre est retrouvé dans la tourbière. Dix années auparavant, déjà, une jeune fille momifiée avait été découverte au même endroit. Bientôt, de nouveaux cadavres affleurent. Alors que la police se met en quête d'un serial killer, Göran, ancien 
    professeur de physique, est convaincu que l'endroit est peuplé de revenants. Cette théorie intrigue aussi Maya, photographe judiciaire. Les trajectoires de Nathalie et de ces deux enquêteurs de l'ombre vont se mêler... et de nombreux secrets seront déterrés. 

    Angoissant et précis, un thriller atmosphérique à la rare puissance suggestive, qui conjugue tentations surnaturelles, croyances populaires, explications scientifiques et fines analyses psychologiques.

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  • Hortense - Jacques Expert - Depuis, le temps, à force de les entendre s'interpeller, j'ai retenu leurs prénoms. Pas sûr, en revanche, qu'elles aient jamais vraiment remarqué la femme sans âge qui passe chaque dimanche à leur hauteur.
    Cette femme sans âge, c'est moi, transparente, anonyme.
    Voilà ce que je suis devenue. Rien.
    Même pas un fantôme. Un fantôme, on finit toujours par le voir. Moi, je ne suis rien, depuis une éternité, et cela m'indiffère. Mieux, cela me convient tout à fait. 

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  • Les passeurs de livres de Daraya - Delphine Minoui -

    C'est une salle d'école aux fenêtres dépecées. Carcasses de pupitres et squelettes de chaises en ferraille s'y disputent le plancher. Au fond, un tableau noir sur lequel Abou Malek al-Chami a fait glisser sa craie de droite à gauche. Je déchiffre sa prose rédigée en arabe : "Avant, on blaguait en disant : pourvu que l'école s'effondre. Et elle s'est effondrée". L'autodérision, cet autre produit de protection. Mon regard pivote un peu plus vers la gauche, où l'illustration se poursuit : elle représente un garçon en haillons, pieds nus et sac à dos, qui écrit "Daraya" en lettre rouge sang.

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