• Personne - Antoine Emaz - Il y a les vagues
    et ce qui reste là
    le ciel et le sable
    ce qui bouge n'avance pas
    plutôt tremble ou tourne
    vibre vaste remue
    pour au bout rester là aussi
                               on est seul à passer
                                   vraiment
                                          seul à traverser
                                        couper dans l'espace
                                      sauf peut-être le vent.

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  • Interview Sylvain Tesson - Lire mai 2020

    Quand on a un accident en France au XXIe siècle, on a la chance de recourir à cette chose incroyable qu'est le système de santé. Tout d'un coup, la collectivité sauve l'individu. Alors, évidemment, quand on est un individualiste qui pensait que la collectivité était l'antithèse de l'individu et qu'elle entravait son développement, ça vous fait réfléchir. J'ai aussi été incroyablement entouré par ma famille, j'ai même fini par penser que tout cela était très injuste parce que je ne méritais pas cette sollicitude. Ni celle de l'Etat ni celle de mon cercle privé. Parce que je n'ai pas chuté en allant sauver quelqu'un, comme Anne Dufourmantelle... Je n'ai donné ma vie pour personne, j'étais saoul comme une baleine du Kamtchatka. Et s'il y avait vraiment une éthique morale dans cette vie, on aurait dû me laisser crever, parce que je n'ai absolument pas mérité les faveurs dont j'ai bénéficié.

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  • Interview Sylvain Tesson - Lire mai 2020 -

    L'une des phrases de Churchill dans son discours de 1941 pour célébrer les pilotes était : "Never was so much owned by so many to so few" - presque intraduisible en français : "Jamais autant de gens n'ont dû autant à si peu." Et bien, il se passe un peu la même chose pour nous aujourd'hui. Il y a des milliers de soignants qui tiennent la situation. Nous leur devons tout.

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  • Fabuler la fin du monde. La puissance critique des fictions d'Apocalypse - Jean-Paul Engélibert - Avant, les fictions d'effondrement étaient notre imaginaire. A présent, les questions de virus ou d'écologie font que l'on se tourne à nouveau vers ces fictions, car elles ont formé les seuls discours qui puissent nous apprendre sur ce qui nous arrive. Médecins, politiques, économistes : aucun d'eux n'a mis en récit ces dangers. Seuls les romanciers et les cinéastes l'ont fait. Qui ont montré la variété des fins du monde, mais aussi que la vie continue toujours, qu'il faut apprendre et transmettre. 

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  • Interview Agnès Ledig - Lire, mai 2020 -

    Tout est dérisoire en ce moment. Sauf de sauver des vies humaines, celles des patients en réanimation, des personnes âgées en EHPAD, des femmes et des enfants confinés avec leur bourreau, ou des cœurs qui lâchent sans qu'on puisse les rattraper.
    L'envie d'écrire reviendra, quand la vague sera partie, comme l'eau se retire sur la plage en dessinant des arbres dans le sable. L'écriture reviendra, car nous aurons besoin d'un nouveau récit pour offrir à nos âmes confinées l'espoir d'un monde meilleur Je continuerai, comme dans mes précédents romans, à parler de la bonté des hommes, de la nature, de la simplicité et du respect que nous devons retrouver pour offrir à nos enfants non pas un avenir meilleur, mais un avenir tout court.

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