• Entretien Michael Connelly - Lire, avril 2017 -

    Le journalisme m'a appris à savoir écrire tous les jours, y compris ceux où l'inspiration ne vient pas. Ça ne veut pas dire pour autant que je ne doute jamais. Pour moi, le fait de savoir écrire est quelque chose d'assez magique. Bien sûr, je suis allé à l'école, j'ai appris des techniques d'écriture. Mais je crois aussi que l'écriture est un don qui peut vous quitter du jour au lendemain.

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Le poisson dans l'eau - Mario Vargas Llosa -J'ai fait une découverte déprimante. La politique réelle - non pas celle qui se lit et s'écrit, mais celle qui se vit - a peu à voir avec les idées, les valeurs, l'imagination. (...) Elle est faite presque exclusivement de manœuvres, intrigues, conspirations, pactes, paranoïas, trahisons, calculs, pas mal de cynisme et toutes sortes de jonglerie.

    Partager via Gmail Pin It

    2 commentaires
  • La marche du milieu de Chantal Dupuy. Celle qui relie ou sépare.La marche du milieu - Chantal Dupuy -

    Celle
    Entre les écrits commis
    et le texte à venir.


    J'apprivoise l'étape,
    attentive,
    Du seuil.

    Faire arrêt, avant de franchir chaque palier, comme autant d'étapes dans les poèmes à construire. L'attente est pleine de promesse, de renoncements parfois aussi.

    Il y a
    Dans la mémoire des pas
    Tant de déséquilibre
    Et, dans les projets,
    tant d'errance.

    L'arrêt seul jette une passerelle.

    Les yeux tournés vers ce but ultime, le poète grimpe, marche après marche, chancelant et incertain, conscient de ce qu'il y a de dérisoire et signifiant dans cette démarche, avec en mémoire, les traces à demi effacées des anciens pas posés.

    Dans la pierre irisée
    Les traces demeurent
    Des passages antérieurs,

    Réceptacle creusé
    Comme au front de la table,
    la marche se souvient.

    La marche du milieu - Chantal Dupuy -Obstinément, pierre après pierre, sans garantie aucune : le poète avance avec sa plume, réinventant le chemin à chaque vers, sans savoir si la prochaine marche sera la transition ou malheureusement la fin de tous ses mots. Tel un don qui s'envole, le petit bonheur s'en irait sans nous donner la main...

    La même obstination, la même liberté incertaine, se lit dans les dessins de Michèle Dadolle. Les pinceaux survolent, légers, le papier épais ou s'écrasent et gouttent, encres noire et rouge, solitaire ou mêlée : violence et plénitude de la quête, du mouvement.

    ¤ ¤ ¤

    La marche du milieu - Chantal Dupuy -

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Les Misérables 2 - Victor Hugo -Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il s’affaissa. Toute la barricade poussa un cri ; mais il y avait de l’Antée dans ce pygmée ; pour le gamin toucher le pavé, c’est comme pour le géant toucher la terre ; Gavroche n’était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l’air, regarda du côté d’où était venu le coup, et se mit à chanter. 

    Je suis tombé par terre, C’est la faute à Voltaire,
    Le nez dans le ruisseau, C’est la faute à… 

    Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler.

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Les Misérables 1 - Victor Hugo -Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l’air de s’amuser beaucoup. C’était le moineau becquetant les chasseurs. (...) Les insurgés, haletants d’anxiété, le suivaient des yeux. La barricade tremblait ; lui, il chantait. Ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme ; c’était un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Les balles couraient après lui, il était plus leste qu’elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde du spectre s’approchait, le gamin lui donnait une pichenette. 


    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire