• Nana - Emile Zola -

    — Qu'as-tu, chéri ?…
    Tes yeux crèvent de larmes, je le vois bien…
    Allons, parle, tu es venu pour me dire quelque chose.

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  • Il savait qu'avec le commissaire à sa tête, la Brigade tenait plus d'un large navire à voiles, parfois cinglant vent arrière ou bien rôdant sur place, voilure affalée, que d'un puissant hors-bord dégageant des torrents d'écume.

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  • C’était un spectacle merveilleux pour Pancrace de les voir maintenant récolter les grappes avec le sourire au coin des lèvres. Certes, le vicomte payait particulièrement bien ses servants, mais, en des jours comme celui-ci, il leur redonnait aussi l’orgueil de travailler la terre, d’être paysan.

    Qui plus est, pour les remercier de l’excellence de leur effort, chacun recevrait, en fin de récolte, une gourde de cinq litres recouverte d’osier, provenant de la première cuvée. Ils boiraient alors, sous leurs modestes toits, en le coupant avec un peu d’eau, le même vin que le pape et le roi d’Angleterre.

    De quoi être heureux et fiers.

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  • Par amour - Valérie Tong Cuong -C'était un drôle de spectacle, notre petit campement au milieu de tant d'autres. Nous étions si nombreux et si seuls à la fois.

    Pour la première fois de ma vie, j'ignorais à quoi ressemblerait le jour suivant. En réalité, j'ignorais même à quoi ressemblerait la nuit.
    Je ne savais rien des constellations, des bruits, des cris.
    (...)
    La vie est ainsi, m'avait confié papa. Le monde est une roue qui tourne vite, à peine es-tu en haut, que te voilà déjà en bas.

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  • Être le greffier du temps,
    Quelconque assesseur que l'on voir rôder
    Lorsque se mélangent l'homme et la lumière. 

    Voilà. Ce sont ces quelques vers en exergue des âmes grises de Philippe Claudel qui m'ont conduite à l'homme de peu de Jean-Claude Tardif.

    Parfois cela tient à pas grand chose, la découverte d'un auteur : un chemin tracé, une résonance entre deux livres, deux écrivains... et puis surtout, cette promesse de bonheur, que l'on devine entre les mots.

    mots-jetés, brindilles entre deux amis
    consolés par leurs gestes. 

    J'ai commencé la lecture, et très vite, je me suis retrouvée aux côtés de l'auteur, l'écoutant me raconter cet homme de peu, me présentant certains de ces compagnons de voyage, d'accueil et de partage :  poètes et amis...  

    Petit à petit, sont remontées doucement :

    des odeurs d'enfance séchée
    que l'on tient au secret
    dans une armoire de chêne. 

    En ce temps où l'enfant écoutait, apprenait autant des silences que des mots, petite main enserrée dans celle calleuse et ample de l'ancien ; en ce temps où

    Un livre prêté...
    Nous l'appelions lucarne
    d'où les mots s'envolaient,
    s'étiraient telles nos grasses matinées de printemps.

    Nous n'osions pas même le refermer
    quand nous faisions l'obscurité. 

    Et puis, il y a les douleurs fantômes de la guerre d'Espagne, si savamment tues qu'elles ne dupent personne : ni les vieux qui peinent à effacer leurs bleus, ni les "enfants-petits" qui savent 

    que les morts du jardin prolongeaient d'autres morts
    sous les paupières d'Antonio. 

    J'ai repris la route plusieurs fois, relisant encore et encore 

    La parole jusqu'à l'écho 

    Libre d'aller, sans boussole ni plan, je me suis sentie plus légère, délestant de mes épaules tout ce que je croyais essentiel et qui tombait sans peine jusqu'à trouver trace de l'homme de peu. Le mien. Ni tout à fait le même, ni tout à fait différent de celui de l'auteur. 

    Il me ressemble
    lorsqu'il se regarde dans les flaques. 

    Ce ne sont pas des souvenirs égrainés au fil des pages que vous trouverez dans ce recueil de Jean-Claude Tardif ; c'est la moelle d'une vie.

    Demain se fera en silence 


    ¤ ¤ ¤

    L'homme de peu - Jean-Claude Tardif -

    4ième de couv :

    Livre des gens simples
    émargé à chaque feuille d'une ride sèche
    - terre avant l'orage.

    Sans autre prétention, nous y forçons la pluie
    attendant le meilleur du jour
    sous la pelisse de nos remords

    avec l'espoir
    d'une ode découverte sous la pierre
    avant de nous perdre,
    mendiants magnifiques,
    dans le requiem du poème.
    - - -
    Jean-Claude Tardif est né en 1963, et vit actuellement en Normandie. Animateur de la revue "à l'index", il a publié une dizaine de livres. Le présent recueil vient clore une trilogie qui réunit "Orcus" (La Bartavelle, 1995) et "De la vie lente" (La Dragonne, 1999) : s'y exprime la voix d'un poète qui garde intacte sa faculté d'émerveillement et de partage.

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