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    On ne peut pas être sur tous les fronts en même temps... C'est...un dépeuplement de la vie quand même. Quand je pense à ma vie, je pense que j'ai été quand même très absente.
    Sauf peut-être de l'amour de mon enfant.

    Absente, ça écrit tout le temps, c'est-à-dire, c'est pas seulement quand on écrit, c'est un "quant à soi" qui est complètement impérieux, qui... qui ne cesse jamais qui.... dont on est complètement la proie, la victime, enfin... C'est assez horrible, comment vous dire...
    Après chaque livre je me dis que c'est fini que je ne peux plus vivre comme ça dans cet... cet aparté infernal.

    Il n'y a pas... Il n'y a pas d'écriture qui vous laisse le temps de vivre... Ou bien, il n'y a pas d'écriture du tout. 

    Vous savez c'est ce que je pense, et puis ce que vous mettez dans le livre, ce que vous écrivez, c'est ce qui sort de vous, qui en passe par vous plutôt. Puisque c'est ça en définitif le plus important de tout ce que vous êtes. Vous ne pouvez pas faire l'économie de ça. Si vous faites l'économie de ça en faveur de la vie vécue, vous n'écrivez pas.

    On n'est personne dans la vie vécue, on est quelqu'un dans les livres.
    Et plus on est quelqu'un dans les livres, moins on est dans la vie vécue.

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  • Ama est un film sans parole qui raconte une histoire que chacun peut interpréter à sa manière, selon son propre vécu, tout est suggéré, rien n’est imposé. J’ai voulu mettre dans ce film ma plus grande douleur en ce monde. Pour qu’elle ne soit pas trop crue je l’ai enrobée de grâce. Pour qu’elle ne soit pas trop lourde je l’ai plongée dans l’eau. Je dédie ce film à toutes les femmes du monde.

    Julie Gautier

    Un matin ma sœur m’entendit sangloter sous la douche. Elle tira le rideau, me regarda tenir mon ventre vide étripé et entra pour me prendre dans ses bras.
    Tout habillée. On est bien restées vingt minutes, je crois.
    Sans doute la chose la plus tendre que quiconque ait faite pour moi dans ma vie.

    La mécanique des fluides – Lidia Yuknavitch

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  • Le miroir aux alouettes - Michel Onfray -Penser ce que pense l'autre parce que son support passe pour le summum de la bienséance intellectuelle ou politique, ça n'est pas penser mais dodeliner de l'intelligence.
    (...)
    Qui peut avoir assez de liberté, d'esprit critique, d'intelligence rebelle et libertaire, pour s'affranchir de journaux qu'il croit libres, de journalistes qu'il estime honnêtes, d'éditorialistes qu'il suppose sincères, lorsqu'il s'agit de se faire un avis ?

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  • indexJ’ai été stagiaire, non rémunérée, quatre mois ici, deux mois ailleurs, une semaine là, on me propose cette fois un contrat de trois mois. On dit un CDD, durée déterminée. Dans la rédaction, nous sommes un maigre bataillon de jeunes, ils nous appellent « les petits », c’est affectueux. Entre nous dansent les deux sœurs jumelles, invitées qu’on nous impose, elles s’appellent Rivalité et Précarité. La première s’incruste comme une sangsue, l’ignorer ne la décourage jamais. La seconde est une redoutable tatoueuse. Elle imprime à nos peaux la place qu’on nous accorde. Fragile, inférieure, inquiète. C’est comme un premier regard, une assignation : nous ne serons jamais que des hôtes chanceux à la table des grands. Chaque jour implique de faire ses preuves, et chaque jour durera longtemps ; c’est épuisant mais se plaindre serait indécent et inutilement coûteux en énergie.

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  • CVT_Les-freres-Lehman_5717Alors vous aimez le paysage, Mister Lehman ?
    Voyez comme le caféier est beau,
    il ne pousse qu’autour de l’Équateur…
    Aussi, pour en boire une tasse,
    il faut l’acheter chez nous, ou en Afrique…
    En Éthiopie, raconte-t-on, les coûts sont minimes :
    là-bas, les indigènes crachent leur sang
    pour une gamelle de soupe et une cabane.
    Ici c’est un peu différent
    mais comme le trajet est plus court,
    il n’y a pas d’Éthiopiens pour me faire concurrence,
    du moins en Amérique :
    moi je vous vends des sacs au prix qui est le mien,
    après quoi, si vous le voulez le marché vous appartient :
    de la Floride au Canada Dieu sait combien il faut de café,
    et Lehman Brothers peut nager dedans !

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