• Loin - Alexis Michalik -Tu as pris un avion, consommé du kérosène, dépensé de l'argent, et tout ça pour quoi ? Pour quelques photos de plus des Vélasquez du Prado, que tu ne regarderas jamais à nouveau, qui mourront avec ton disque dur, quand ton disque dur mourra ? Tout le monde, chaque être humain, aujourd’hui, possède un appareil photo, un téléphone avec appareil photo, une caméra vidéo. Qui ira regarder les photos, les innombrables et inutiles photos du voisin ? Mal cadrées, mal éclairées, prises avec un matériel médiocre, et qui contiennent, devant une merveille architecturale mondiale, la tête du voisin, en polo rouge, casquette vissée sur le crâne, souriant et faisant de ses doigts le V de la victoire… Pourquoi cette photo existe-t-elle seulement ?

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  • Une joie féroce - Sorj Chalandon -

    Ce matin, j'étais une femme rieuse de 39 ans.
    Cet après-midi, une femme gravement malade.
    Six heures pour passer de l'insouciance à la terreur.

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  • Le Ghetto intérieur - Santiago H. Amigorena -

    J'ai écrit le Ghetto intérieur au milieu de la tourmente, entouré de livres sur la Shoah, pendant trois longs hivers qui ont fini par baisser leurs bras d'acier glacé aux pieds du frêle battement d'ailes d'un unique printemps.

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  • Le bon cœur - Michel Bernard - Des folles, des illuminées, il en avait vu des dizaines depuis quinze ans qu’il commandait la place au nom du roi, mais comme celle-là, qui non seulement lui demandait une lettre de recommandation et une escorte pour la conduire sur la Loire, auprès de son souverain, mais prétendait qu’il lui donnerait, à elle , cette gamine, l’armée à conduire, ça jamais il n’avait connu. Les extravagants couraient les rues et la campagne en ces temps calamiteux. La guerre, la famine et les épidémie les faisaient sortir de nulle part, pulluler et brailler sur les places les carrefours et jusqu’aux porches des églises, chaque fois en se réclamant de Dieu, de la Vierge et de tous les saints.

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  • Nous étions nés pour être heureux - Lionel Duroy -

    Même Anne-Cécile avait demandé à le revoir. "Nous vieillissons, Paul, lui avait dit Nicolas, dans quelques années il sera trop tard." Oui, et alors ? avait-il songé, ne plus vous voir ne m'empêche pas de vous aimer, et c'est reposant de ne plus avoir à penser à chacun d'entre vous. C'est reposant.

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