• Du haut de mon cerisier - Paola Peretti -

    Certaines nouvelles, on ne devrait pas les recevoir
    sans un chat que l'on puisse serrer dans les bras. 

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  • East Village Blues - Chantal Thomas - Cozy Soup'n'Burger est toujours là, havre pour les noctambules, les malheureux en proie à une tourmente, qu'elle soit d'amour ou d'argent, les errants impénitents qui vont et viennent dans la ville, la parcourent en tous sens comme les fous qu'ils sont, qu'ils sont devenus à force de marcher, un pied puis l'autre, épuisés ou survoltés, tendus vers une fin, laquelle ils n'en savent rien, mais ils continuent les bras ballants, ou poussant devant eux des chariots débordants de sacs archipleins de bouteilles en plastique, qui leur seront payées le prix de la consigne, quelques centimes la bouteille. Des échafaudages volumineux, informes des trésors de vide au pied desquels, le soir, pauvres corps brisés, ils se couchent.
    En fait, c'est toute la ville - ses bars, ses magasins, son métro - qui est un havre pour les noctambules. Elle réussit cet exploit, elle réunit les deux qualités normalement séparées : vous inonder chaque matin de la clarté d'un commencement, frémir d'une énergie diurne infatigable et ne jamais se coucher, procurer aux insomniaques, à toute heure de la nuit, le réconfort d'une présence réelle.

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  • Trompe-la-mort - Lionel Ruffel -

    Depuis trois-quatre mille ans qu'on sait l'extinction inévitable, on sait aussi la tromper, on sait lui faire face, on sait la déjouer, c'est presque devenu instinctif : on réforme des liens perdus ou imaginaires, on se met à plusieurs, comme alors et comme aujourd'hui, et on se raconte des histoires.

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  • Vies conjugales - Bernard Quiriny - "Les gens parfois se moquent de nous, parce qu'ils se trompent d'échelle. Quand on rapporte tout à celle du temps, les perspectives changent : sédentaires ou nomades, nous sommes tous des voyageurs en transit sur Terre, en route vers une destination ultime. Qu'importe alors que, durant notre séjour, nous fassions des sauts de puce sur la planète ou restions immobiles ? Si la vie est un voyage, plus besoin de voyager - ce serait comme faire du vélo dans un avion. Être assis comme nous dans un fauteuil et attendre le terminus tranquillement, voilà l'attitude de l'homme sage."

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  • Ombres sur la Tamise - Michael Ondaatje -Quand on grandit dans l’incertitude, on ne s’embarrasse pas des gens plus d’une journée, voire plus d’une heure. On ne se préoccupe pas de savoir ce qu’il convient ou conviendrait de se rappeler à leur sujet. On ne peut compter que sur soi-même. Je mis donc longtemps à apprivoiser le passé et à reconstruire des repères qui me permettent de l’interpréter.

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