• Penser l'islam - Michel Onfray -Bible, Coran, Torah : même combat !

    Oui, je sais. C'est un peu provoc comme entrée en matière, mais c'est surtout pour signifier que penser qu’Onfray fait le procès à charge de l’islam, c’est oublier bien vite que son discours est le même pour toutes les religions dès qu’elles sortent de la sphère privée dans le but de dicter les lois de la cité.

     

    Michel Onfray éclaire le débat en le resituant et pointe du doigt une polémique stérile dont le dessein est plus d’annihiler la pensée et de faire taire ceux qui veulent la voir naître, à grand renfort d’anathèmes...

    Je continuerai à dénoncer ces impostures. Ils continueront donc à me traiter de fasciste, d'antisémite, d'islamophobe, puis d'islamophile, enfin de compagnon de route de l’État islamique... Plus c'est gros, mieux ça passe !

    ...et d’images terribles tournant en boucle sur nos écrans. La peur et la terreur font le bonheur des médias. Je vous laisse apprécier ses réflexions à ce sujet… elles sont pertinentes !

    Faudra-t-il bientôt demander l'autorisation de penser quand le pouvoir médiatique exige la compassion ?

    Penser l'islam - Michel Onfray -

    On ne peut lui opposer une méconnaissance des textes religieux. Contrairement à beaucoup, il a lu et étudié ce dont il parle. Et sa conclusion est la même que pour d’autres religions : on y prône aussi bien l’amour, le respect de la vie et de son prochain, que la haine, le droit et le devoir de tuer les mécréants comme les impies. Il appartient aux musulmans de penser ces « contradictions ».

    Là où cela devient franchement intéressant et où il ne s’est sûrement pas fait que des amis, c’est quand il pointe du doigt les origines de la montée de l’islamisme radical en France et de la présence du terrorisme sur notre territoire. Sans tout lister (ce n’est pas le but), je n’en relèverai que quelques unes : le refus de la reconnaissance de la souveraineté des peuples et l’ingérence de l’État français. Au nom des droits de l’homme ?

    Mais pourquoi donc cette loi ne se trouve-t-elle jamais appliquée ailleurs que dans des pays dont le sous-sol est intéressant pour la France ?

    Ces éléments de discours sont assez radicaux, et même (voire surtout) si on ne les partage pas ou peu, ils ouvrent le débat.

    A lire aussi ces passages sur le choc des civilisations en œuvre dans cette guerre qu’on pense « de religion » et l’instrumentalisation de cet islam radical dans un but révolutionnaire.

    L’interview menée par Asma Kouar, journaliste algérienne, autant par ses questions, qui reflètent la pensée du monde arabe sur la manière dont est jugé et reçu l'islam en occident, que par les réponses d'Onfray, est vraiment passionnante et à elle-seule justifie la lecture de ce petit opus.

    Penser l'islam - Michel Onfray -

    On ne changera pas Onfray. Il est égal à lui-même. Mais, qu’on l’adore ou qu’on l’abhorre, il ouvre là un débat que beaucoup renoncent à mener, sans langue de bois ni discours convenu tout droit sorti du « politiquement correct » !

    J’ai appris par Beatson sur le forum Babelio qu'un livre au sujet dérangeant Le fascisme islamiste de Hamed Abdel-Samad, ne paraîtra pas en France, faute d’éditeur (les droits sont achetés, mais... Je vous laisse lire le reste et vous faire votre propre opinion Ici).

    Quand les faits donnent raison à Onfray…

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    Penser l'islam - Michel Onfray -

    4ième de couv :

    «Il est difficile, ces temps ci, de penser librement et encore plus de penser en athée. Affirmer que les idéaux de la philosophie des Lumières sont toujours d’actualité nous fait paradoxalement passer pour des réactionnaires, des islamophobes, voire des compagnons de route du Front National assimilé au fascisme.
    Dans un monde qui prétend en masse «Je suis Charlie», Voltaire revenu passerait pour un défenseur du fanatisme! C’est le monde à l’envers.

    Je me propose de réactiver la pensée des Lumières dans ce "Penser l’Islam". Non pas le penser en faveur ou en défaveur, ça n’est pas le propos, mais en philosophe.
    Je lis le Coran, examine les hadiths et croise avec des biographies du Prophète pour montrer qu’il existe dans ce corpus matière au pire et au meilleur: le pire, ce que des minorités agissantes activent par la violence, le meilleur, ce que des majorités silencieuses pratiquent de manière privée. Comment la république doit-elle considérer ces deux façons d’être musulman? Y-a-t-il des relations et des points de passage entre minorités agissantes et majorités silencieuses, sachant que l’histoire est faite par les premières, pas par les secondes?
    Ce livre remet également en relation ce qu’il est convenu d’appeler le terrorisme avec la politique étrangère islamophobe menée par la France derrière l’OTAN depuis des années. Nous nommons barbarie ce que nous ne voulons pas comprendre.
    L’islam terroriste a été partiellement créé par l’occident belliqueux. Les choses ne sont pas aussi simples que ce que, de part et d’autre, on voudrait nous faire croire. D’où la nécessité de se remettre à penser. Sur ce sujet comme sur d’autres.»

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  • Le charme discret de l'intestin : tout sur un organe mal aimé - Giulia Enders -Qu'ouïe-je ? Que lis-je ? Notre génial cerveau ne serait pas le pilote incontesté de cette suprême machine : notre corps vénéré ? Et qu'il nous faut composer avec nos entrailles : boyaux, bactéries, microbes... et matières fécales comprises ? Mais que dis-je « composer » ? Ne tortillons plus du cul pour chier droit : ce sont plutôt elles qui mènent le jeu, en déplaisent aux « braves gens » qui préfèrent étudier les mystères de notre esprit que la consistance de nos « cacas » : durs, mous, noirs, bruns, clairs, foncés ?, rien n'est anodin et tout est matière à creuser et développer notre affaire : celle d'une révolution.

    Le charme discret de l'intestin : tout sur un organe mal aimé - Giulia Enders -

    Oui, vous lisez bien, une révolution ! A en faire pâlir Galilée et Newton réunis ! Scientifiques et chercheurs en quette de notoriété, laissez tomber les neurones et penchez vous sur la cuvette ! Il y a de l'avenir et un créneau à prendre : notre « ventre » et tout ce qui le compose sont une mine de mystères encore à découvrir, de savoirs toujours inconnus sur le fonctionnement de cette sublime machine dont on croyait (presque) tout connaître : notre corps si fabuleux.

    Le charme discret de l'intestin : tout sur un organe mal aimé - Giulia Enders -Giulia Enders, elle, n'a pas attendu son reste pour nous dévoiler tout le charme discret de l'intestin. Avec un culot et un humour dévastateur, encore étudiante et épaulée par le coup de crayon de sa sœur Jill, elle a su poser les jalons d'une approche ludique, simple et enjouée de cette partie de notre anatomie qui commence à susciter les intérêts. Et bien lui en a pris : son avenir est assuré et elle peut continuer à œuvrer sur ce vaste sujet. Et elle n'est pas la seule :

    - Les scientifiques s'y collent et commencent à comprendre que beaucoup de nos maux ont leur source dans cette flore intestinale que nous ne ménageons plus, depuis l'industrialisation de la production de notre alimentation et l'entrée de la chimie dans nos assiettes (entre autre).

    - Les industriels et chercheurs de l'agro-alimentaire également, car ils y ont vite vu le paquet de pognons qu'ils allaient pouvoir se faire. Pas si cons ! D'ici qu'ils nous brevètent par milliers nos gentilles bactéries intestinales comme ils ont fait avec le savoir ancestral des aborigènes sur les plantes et celui de la médecine chinoise, y a pas loin ! Imaginons dans quelques années, quand ils auront fini de mettre la main sur toutes les semences du monde, ce qu'ils pourront faire avec nos petites bactéries vitales ?? Maîtres de toutes les flores, de la plus intime à la plus commune, mais toutes universelles.

    Le charme discret de l'intestin : tout sur un organe mal aimé - Giulia Enders -

    Wahou, mais c'est un super sujet de bouquin, là !

    Excusez-moi mais je vais vous laisser. Je crois que je tiens mon filon à moi ! Avec un peu de chance, ce sera pas trop chiant !

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    Le charme discret de l'intestin : tout sur un organe mal aimé - Giulia Enders -

    4ième de couv :

    Giulia Enders, jeune doctorante et nouvelle star allemande de la médecine, rend ici compte des dernières découvertes sur un organe sous-estimé. Elle explique le rôle que jouent notre “deuxième cerveau” et son microbiote (l’ensemble des organismes l’habitant) dans des problèmes tels que le surpoids, la dépression, la maladie de Parkinson, les allergies...
    Illustré avec beaucoup d’humour par la sœur de l’auteur, cet essai fait l’éloge d’un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, Giulia Enders invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre.
    Véritable phénomène de librairie, Le Charme discret de l’intestin s’est vendu à 950 000 exemplaires en Allemagne et sera publié dans 26 pays.

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    2 commentaires
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    On pourrait reprocher à la fin de l'homme rouge de n'être qu'un catalogue de témoignages.
    On pourrait reprocher à Svetlana Alexievitch son effacement, et sa non-interprétation des faits.
    Mais ce serait passer à côté du dessein de l'auteure : Donner la parole aux «sans-voix», recueillir les témoignages des hommes et des femmes qui ont vécu sous le régime soviétique, ont assisté à sa chute et vu l'émergence d'un capitalisme froid et sans limite.
    Recueillir la parole avant qu'elle s'éteigne, qu'elle ne soit plus audible, compréhensible. A charge aux historiens futurs d'en faire matière à interprétation.

     

    Une suite donc de témoignages qui donne à ce livre un rythme envoutant, jusqu'à l'écœurement parfois. On voudrait le laisser et il nous happe ! Partagée que nous sommes entre des sentiments contraires : Tout n'est qu'une question de point de vue. La Vérité, l'Unique, n'existe pas ! Il y a celle des "homo sovieticus" (victimes ou bourreaux, parfois même les deux), celle des nouvelles générations enivrées par le consumérisme (riches ou pauvres, élus ou exclus) et celle des réfractaires qui cultivent le souvenir d'un esprit soviétique. Mirage identitaire.

    Certains conflits sont proches de nous et encore actuels (les tensions au Caucase entre les différentes ethnies, la situation des émigrés qui ont fuit les conflits pour la Russie...), ce qui n'en rend ce livre que plus intéressant, poignant, voire même inquiétant.

    Une lecture dont on ne sort pas indemne, qui laisse le sentiment que l'histoire sera amenée à se répéter, si les gouvernements, sous couvert de la mondialisation, continuent d'ignorer ou d'orchestrer les crises identitaires des peuples.

    Une chose aussi frappe les esprits, c'est le sort des femmes et des enfants. Victimes tout autant du régime soviétique que les hommes, les femmes subissent de plein fouet la violence des hommes, portent souvent à bout de bras un mari, un père, un frère blessés, traumatisés par la guerre et les enfants qui, bien souvent, ne connaissent que la violence et la peur. Ce qui ne veut pas dire que l'amour n'est pas présent, au contraire, il est dans chaque témoignage, dans chaque aspiration, même dans les pires situations.

    Dans les cuisines soviétiques, on parle de violence, de faim, de mort, on boit à outrance, passionnément, désespérément, on rit et on pleure, mais on finit toujours par parler d'amour...

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     Entretien réalisé par Dominique Conil et Lorraine Kihl pour Mediapart :

    Svetlana Alexievitch , La fin de l'homme rouge (1) : "La grande masse des gens s'est réveillée un beau jour, dans un pays inconnu. Ils ne savaient pas comment y vivre ! (...) On ne savait rien de l'économie, du monde extérieur, On était juste là, dans nos cuisines, en train de lire."

     Svetlana Alexievitch (2): les femmes, la Biélorussie... : "A l'école, on lui avait demandé de lire l'Archipel du Goulag, elle avait ouvert le livre et avait trouvé que c'était un gros livre ennuyeux et c'est seulement plus tard, quand elle est sortie de prison, qu'elle a compris de quoi il parlait..."

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    La fin de l'homme rouge : Ou le temps du désenchantement - Svetlana Alexievitch -

    4ième de couv

     

    Depuis Les Cercueils de zinc et La Supplication, Svetlana Alexievitch est la seule à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu’a été l’URSS, la seule à écrire la petite histoire d’une grande utopie. Mais elle est avant tout un écrivain, un grand écrivain. Pour ce magnifique requiem, elle invente une forme littéraire polyphonique singulière, qui fait résonner les voix de centaines de témoins brisés.

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