• Le vent dans les roseaux, 2 - Wendell Pierce -

    Cette expérience a insufflée de la vie à mes os desséchés et blanchis par le chagrin et les humiliations d'après-Katrina. Elle m'a donné la force et la résolution nécessaires pour que je vienne en aide à mon quartier, ma ville. Dans quelques décennies, des gosses me demanderont : "Hey Mr Pierce, qu'avez vous fait aux heures les plus sombres de la Nouvelle-Orléans ?", et je leur parlerai de cette pièce écrite par un irlandais expatrié qui avait connu la vie à Paris sous l'occupation nazie. Je leur raconterai cette soirée dans le Lower Ninth Ward. Et comment, par une sorte de miracle, la pièce de Beckett disait tout ce qui pouvait être dit sur ce que c'était de vivre dans cet interminable cauchemar qu'était devenu notre ville après l'ouragan. Je leur dirai que cette expérience m'a montré le réel pouvoir de l'art sur un individu, sur une communauté. Ce pouvoir qu'il a de nous galvaniser, de nous régénérer, de nous sauver. Ce pouvoir qu'il a de nous donner l'envie de reconstruire, ensemble, notre vie.

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  • Le vent dans les roseaux, 1 - Wendell Pierce -Ce que je ne savais pas, c'est que ce serait l'expérience la plus prodigieuse de ma vie (...). Ce soir là, dans ce camp de mort et de désespoir, j'ai assisté à la renaissance de la vie, de l'espoir. J'ai été témoin du pouvoir qu'ont les arts de régénérer la confiance en l'avenir, même pour des hommes et des femmes au bord du gouffre. Et pas seulement de régénérer leur confiance en l'avenir, mais aussi de transmettre l'esprit de la résurrection, qui proclame, face à l'ouragan : Oui, ces os peuvent revivre !

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  • Interview Wendelle Pierce - Lire décembre 2016 -

    Nous avons vérifié que l'art est ce par quoi une société se révèle à elle-même. La politique change les lois, mais ne change pas la vie ; l'art, si.

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  • La politique sauvée par les livres - Guillaume Bachelay -Je suis convaincu que la France est une nation littéraire et qu'à avoir oublié ou négligé cette vérité notre pays et d'abord ses élites, institutionnelles, économiques, médiatiques, ont perdu de vue l'étoile à laquelle il faut accrocher le char qui nous emmène.
    (...)
    Les livres permettent d'éprouver et d'exprimer, de comprendre et d'imaginer. Voilà pourquoi ils sauveront la politique si, humble et volontaire, généreuse et sincère, elle veut bien recevoir ce don.

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  • La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -Il en est des livres comme des gens : certains rendez-vous sont mille fois reportés et le plaisir de la rencontre, quand enfin elle se réalise, n’en est que plus vif, plus fort. Ce fut le cas pour la Cité de la joie de Dominique Lapierre. J’avais adoré le film. Et maintenant, ce livre que je n’ai pas su lâcher jusqu’au dernier mot...

    Tout le monde connaît plus ou moins l’histoire, beaucoup l’ont lue et appréciée, certains pourraient penser que ce n’est plus d’actualité, que « c’est daté » et alors à quoi bon se replonger dans ce slum de Calcutta dont on a l’impression qu’on en a tant (trop) dit.

    Cette ville est une ogresse. Elle fabrique des gens dont le seul but est de te dépouiller.

    L’Inde fait parler d’elle en ce moment, et pas forcément en bien. Et pourtant, en refermant ce livre, ce n’est pas la pitié, le dégoût ou la tristesse qui vous soulève le cœur, mais un surprenant émerveillement devant ce désir fou de vivre et une certaine incompréhension aussi : comment avoir et garder autant la foi devant tant d’abjections, d’horreurs et d’injustices ?

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    Vous êtes la lumière du monde, leitmotiv qui aide à tenir debout ou imposture qui maintient à genoux ? C’est facile de dire cela pour moi, à l’abri et au chaud dans ma petite vie de privilégiée, avec la panse pleine sans le souci de la remplir le lendemain...

    Ce qu’on lit là, dans les 3/4 de ce livre, c’est un enfer. Là-bas, on survit au milieu d’un océan de puanteur, de douleur et de mort. On (se) tue pour gagner quelques roupies et espérer au moins faire un repas par jour. On vend ses os, ses yeux, la prunelle de ses yeux (fœtus ou nouveau né). On vole. On trime. Qu’importe. On vit. On donne. On aime et on aide au centuple…

    « Tout ce qui n’est pas donné est perdu » dit le proverbe indien. On ne perd rien, à la Cité de la Joie. On s’accroche et on vit. Mais avec tant de hargne, de joie, de peur, d’amour, de douleur, de foi et autant de larmes, de sourires et de sang, qu’on ne peut qu’être admirative face à cette volonté de vivre effrénée, cette force vive dont je ne sais si nous, occidentaux, en serions aussi capables…

    Ce peuple de flagellés, d'humiliés, d'affamés, d'écrasés est vraiment indestructible. Son goût de la vie, son pouvoir d'espérance, sa volonté de se tenir debout le feront triompher de toutes les malédictions de son karma.

    Et au milieu de tout cela, il y a quoi ?

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - Un prêtre venu vivre sa foi au milieu de la lie de l'humanité, à cause de ce "J'ai soif !" crié par le Christ. Afin de dire la faim et la soif de justice des hommes d'ici qui montaient chaque jour sur la Croix, et qui savaient regarder en face cette mort que nous, en Occident, nous ne savions plus affronter sans désespoir.
    - Un paysan sans terre venu à Calcutta avec l'espoir d'y trouver de quoi vivre un jour de plus. Car dans une métropole de cette importance, il y avait toujours quelques miettes à ramasser. Alors que dans un village grillé par la sécheresse ou inondé par la mousson, même les miettes n'existaient plus.
    - des touristes (vous et moi) descendus des autocars pour se faire tirer le portrait avec nous. Les rickshaws de Calcutta en colère, cela valait bien les tigres blancs du zoo d'Ali-pore, non ?
    - des aborigènes chassés de leurs forêts en flammes,
    arrivés là poussés par la chance de trouver un abri. Ce jour-là, l'Inde avait subi une nouvelle défaite : un slum intégrait un homme qui était l'Homme par excellence, l'Homme primitif, l'Homme libre.
    - la fleur de la Cité de la Joie : Elle n'avait rien appris, mais elle savait tout. Par intuition, par amitié, par amour.

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - un américain qui se retrouve sans comprendre avec un nourrisson dans les bras : Prends-le ! gémit-elle. Emmène-le dans ton pays ! Sauve-le.
    - un médecin en mission humanitaire qui ne rêve plus que d'une seule chose : Dormir ! Dormir quinze, vingt heures de suite. Sur du ciment, avec des rats, des scolopendres, des scorpions, n'importe-où, mais dormir !

    - des lépreux dont le corps part en lambeaux, mais dont le cœur exulte : Ces hommes et ces femmes étaient la Vie. La vie en majuscules. La vie qui palpite, qui tourbillonne, qui frissonne, qui frémit, la vie qui vibre comme elle vibrait partout ailleurs dans cette ville bénie de Calcutta.

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -

    - un auteur qui a trouvé plus que des héros de roman et qui a fait de sa vie, un combat pour tous les parias du monde (les lépreux, les malades du sida et tant d'autres...)

    Restaient les vivants.

    Alors, me direz-vous : Une goutte d'eau dans l'océan des besoins, mais une goutte d'eau qui aurait manqué à l'océan si elle n'avait pas été là. - Mère Teresa -

    La Cité de la Joie - Dominique Lapierre -
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    4ième de couv :

    Un prêtre catholique français, un jeune médecin américain, une infirmière et un tireur de pousse-pousse indien se rencontrent sous les cataractes de la mousson.
    Ils s'installent dans l'hallucinant décor d'un quartier de Calcutta pour soigner, aider, sauver. Condamnés à être des héros, ils vont se battre, lutter, vaincre. Au milieu des inondations, des rats, des scorpions, des eunuques, des dieux, des fêtes et des soixante-dix mille "lumières du monde" qui peuplent la Cité de la joie. Leur épopée est un chant d'amour, un hymne à la vie, une leçon de tendresse et d'espérance pour tous les hommes de notre temps.

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