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  • Danse, Isadora ! - Evelyne Brisou-Pellen -Je ne connaissais pas grand chose d'Isadora Duncan avant de lire ce livre : son nom et l'histoire de sa fin tragique. Entre les deux : Rien ! Je l'ai vraiment découverte lors de cette lecture et cela m'a vraiment donné l'envie d'en savoir plus sur elle.

    Quelle gamine ! Et quelle femme ! Evelyne Brisou-Pellen nous offre là un beau récit, mais également un message plein d'espoir et d'encouragement pour les jeunes qui la liront : Il faut croire en ses rêves et ne pas se laisser décourager par l'adversité. Isadora vivait avec sa famille dans la misère, mais quelle richesse de coeur !

    La mère d'Isadora élève seule ses enfants. Si elle a souvent du mal à remplir leurs ventres, il n'en est rien de leurs têtes : elle les éduquent dans un monde de culture fait de danse, de poésie, de lecture des classiques, ... Isadora et ses frères et sœur en ont le cœur plein ! Cette enfance l'accompagnera toute sa vie et fera d'elle ce qu'elle est devenue : une danseuse hors norme qui a révolutionné le monde de la danse et a inspiré les plus grands...

    Quand j'entends des pères de famille dirent qu'ils travaillent pour laisser quelque chose à leurs enfants, je me demande s'ils se rendent compte qu'ils leur retirent ainsi tout esprit d'aventure, car le meilleur héritage qu'on puisse laisser à un enfant est de lu permettre de faire son chemin seul. Isadora Duncan

    Merci à Babelio et aux éditions ScriNéo pour cet envoi qui fut une réelle découverte !

     

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    4ième de couv
    :

    Découvrez l’incroyable enfance d’Isadora Duncan qui révolutionna la pratique de la danse !

    Sacré phénomène, Isadora Duncan ! À six ans, elle improvise une petite école de danse, à onze, elle donne de vrais cours, inventant ce qui deviendra la danse moderne.

    En attendant le succès qui, elle en est sûre, l’emmènera loin de San Francisco, elle doit faire des prouesses pour trouver de quoi manger, mais aussi payer le loyer pour éviter que sa famille ne se retrouve à la rue. Car bien qu’elle soit la plus jeune, elle est la plus débrouillarde…

    De San Francisco à Paris, en passant par New York, suivez le parcours de cette danseuse atypique, qui a révolutionné le monde de la danse !

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  • Marx et la poupée - Maryam Madjidi -J'ai adoré ce livre ! Mélange de témoignages, de roman, de journal intime, empli de poésie... Il faut avoir vécu l'exil pour comprendre toute l'ambivalence des sentiments qui sont à l'oeuvre dans cette volonté "d'assimilation", de se sentir enfin à sa place dans un pays, une ville, un lieu, une communauté... Mais rien n'est plus difficile. Entre les souvenirs qui vous assaillent, la rancoeur parfois, de ne pas avoir une vie à la hauteur de ce que l'on s'était imaginée, la honte de ses racines et j'en passe.

    Maryam Madjidi arrive à 6 ans en France. Si jeune et pourtant. Les souvenirs de sa vie d'avant en Iran, sont bien présents et bien là ! On a ses yeux de petite fille et on assiste aux angoisses, aux tentatives désespérées des adultes pour lutter contre ce régime religieux qui les briment et les tuent jusqu'à la fuite de ce pays qu'ils ne reconnaissent plus...

    Une nuit, elle en est sûre, elle a vu sa mère dans le jardin, au pied de l'arbre, enterrer ses rêves, un par un, à côté de ses jouets à elle.

    Si ce n'est que Maryam, elle, ne voulait pas partir. Du haut de ses 6 ans, que comprendre à ce monde d'adultes ? Elle ne voit que ses jouets qui s'égrainent ailleurs, que les câlins de Maman Massoumeh qui ne la berceront plus : 

    Je voudrais que tu nous prennes en otage dans cette maison pour toujours, que tu ne nous laisses plus repartir. Donne-nous encore des plats délicieux, du thé, de la chaleur, des friandises. Prends soin de ma première maison. Enveloppe-nous, fais taire les cris du monde, parle-nous encore.

    Il y a de belles réflexions sur la langue natale : celle du passé, du monde honnis qu'on rejette enfant, et sur cette reconquête des mots, une fois adulte, quand le temps a fait son travail de résilience, de mémoire retrouvée et enfin désirée...

    Tu t'acharnais à maintenir un lien entre ton pays et ta fille. Corde rongée par l'exil, ne tenant plus qu'à un fil. Et ce fil était la langue. Mais cette langue, je ne l'aimais plus car elle me faisait souffrir. (...) Tu réalisais peu à peu que ce nouveau pays transformerait ta fille, tu avais peur qu'elle devienne une étrangère ou plutôt de devenir un étranger pour elle, qu'elle n'ait plus rien en elle d'iranien.

    Un livre poignant, sans être larmoyant au contraire. C'est une ode au courage et à la résistance. L'exil n'est pas forcément un échec. C'est aussi une deuxième chance et l'opportunité de continuer la lutte, d'une manière ou d'une autre... La littérature en est une ! 

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    4ième de couv : 

    Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
    À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan, qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

    Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

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  • Le livre que je ne voulais pas écrire - Erwan Larher - Voilà un livre que je ne voulais pas lire. Peur d’être bousculée, touchée, atteinte. Puis, j’ai fini par l’ouvrir. Il est tout ce que je craignais : il vous remue les tripes à vous faire chialer, il appuie là où ça fait mal, sans pudeur ni faux semblants.

    Après l’effroi et l’angoisse, c’est maintenant la colère qui me domine. Colère contre ces barbares – qu’est-ce qu’ils croient ? -, colère contre ma patrie incapable de protéger sa jeunesse – alors voilà, on peut débarquer à Paris avec des kalachnikovs et ouvrir le feu au hasard, ou pas forcément au hasard mais sur n’importe qui. 

    C’est le témoignage d’un survivant et d’un écrivain qui ne veut pas faire business de cette horreur qui lui est tombée dessus ce soir du 13 novembre 2015, au Bataclan, comme tant d’autres dans cette même salle et ailleurs.

    Tu es un romancier qui invente des histoires, pas qui romance sa propre histoire. Tu as besoin de liberté. Tu ne veux pas décrire. L'odeur. Les HURLEMENTS. Au-delà des mots. Au-delà de l'imagination. Vous n'en saurez jamais rien, des HURLEMENTS, quelle que soit la plume.

    C’est le témoignage d’un homme qui sait que pour s’en sortir, l’humour et la dérision est une arme maîtresse. Et « Le livre que je ne voulais pas écrire » n’en manque pas ! Je suis passée du rire aux larmes, en quelques phrases, quelques pages. J’ai saisi l’horreur des téléphones qui sonnent, condamnant dans le même temps ses possesseurs ; j’ai senti cette main accrochée à sa jambe, comme à une bouée de sauvetage et j’ai surtout compris cette difficulté d’écrire sur cette nuit terrible, cet « après » de celui qui a eu la chance de s’en sortir et ne revendique aucune légitimité de paroles ou d’écriture.

    La littérature n’arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari. 

    Voila un livre que je ne voulais pas lire...

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    4ième de couv : 

    Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain.
    Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie: je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment; donc lui aussi.

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  • L'Homme des bois - Pierric Bailly - J'avais lu Polichinelle à sa sortie, comme beaucoup d'autres jurassiens. J'avoue. Il m'était tombé des mains. Lorsque j'ai vu L'Homme des bois sur la liste d'une LC à laquelle je participe, je me suis dit "oh, non !" Prenant mon courage à deux mains, j'ai fait le choix de commencer par lui, comme pour clore d'emblée tout débat intérieur, toute hésitation, m'en débarrasser en quelque sorte. Et je n'ai pas pu le lâcher ! 

    Pierric Bailly a écrit ce livre suite à la mort accidentelle de son père : Il y a quelques années dans le Jura, le corps d'un homme d'une soixantaine d'années a été retrouvé après quelques jours dans la forêt de Revigny.

    C'est sur les flancs du premier plateau qu'il a dégringolé (...) de cette forêt sombre et pentue au sol meuble, de cette petite falaise, de la source du ruisseau, de la dalle de roche calcaire où son corps était étalé, sur le dos.

    Une mort accidentelle qui laisse l'auteur en proie à des questions insolubles : Est-il mort sur le coup ? Que faisait-il avec ses chaussures de ville ? Était-il vraiment parti en quête de champignons ? L'idée du suicide que certains murmurent. Non, ce n'est pas possible... Et pourtant, comment ne pas se laisser envahir par de telles pensées ?

    Alors, il fait et refait sans cesse le parcours de son père en forêt, dans les endroits qu'il aimait arpenter, essaie de trouver le lieu exact d'où il a pu tomber..., se remémore sa vie, ses engagements comme ses renoncements, tout en essayant peu à peu de débarrasser sa maison, trier ses affaires (celles à garder, donner ou ne pas toucher...).

    Il y a la cérémonie, ce discours à préparer, ce père à honorer et cette mémoire à préserver. Alors les souvenirs des moments partagés refont surface. Ceux de l'enfance, de l'adolescence et ces derniers moments. Deux taiseux, deux hommes qui n'ont pas toujours su se dire qu'ils s'aimaient.

    Pierric Bailly nous livre un portrait de son père, fort et sans complaisance : avec tendresse et bienveillance, il met en lumière ses failles, mais aussi ses qualités, ses aspirations et ses rêves inaboutis. 

    Il y a ce beau moment, très symbolique, où il emprunte un des tunnels de la voie verte, celui le moins fréquenté, en terre battue avec l'eau qui ruisselle des pierres et la lumière blafarde des néons. Il s'adresse à son père des entrailles de la terre, dans la pénombre et le froid, il lui raconte "l'après": 

    L'Homme des bois - Pierric Bailly -
    Site du Photographe

    Je me disais aussi que c'était l'endroit rêvé pour croiser le fantôme de mon père.
    Ou simplement lui parler.
    Un lieu calme, isolé, irréel, où je pouvais imaginer qu'il m'écoutait.

    ...jusqu'à la sortie du tunnel où la lumière du jour l'assaille et le rappelle parmi nous.

    Cela sonne juste et beau. C'est parfois drôle et souvent bouleversant, car cela touche à un essentiel : peu importe l'âge ou les circonstances, on est toujours un môme lorsque l'on perd ses parents. Un môme qui se raisonne, redresse la tête et se console comme il peut... 

    Je m'accrochais à cette idée qu'il était mort dans les bois comme un marin meurt en mer. La forêt qui prend l'homme. Mon père cet aventurier.

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    4ème de couv :

    L'Homme des bois n'est pas seulement le récit de la mort brutale et mystérieuse de mon père. C'est aussi une évocation de la vie dans les campagnes françaises à notre époque, ce qui change, ce qui se transforme. C'est l'histoire d'une émancipation, d'un destin modeste, intègre et singulier. C'est enfin le portrait, en creux, d'une génération, celle de mes parents, travailleurs sociaux, militants politiques et associatifs en milieu rural.

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