• Quand un condamné à mort et un flic landa se découvrent des dons de télépathes, que le FBI s'en mêle et compte bien exploiter cet atout et que les deux acolytes finissent par se retrouver et mener ensemble une recherche sur l'origine de cet étrange pouvoir, cela donne un roman haletant que je n'ai pas tardé à dévorer.

     

    Iain Levison sait y faire pour nous embarquer dans son histoire : l'intrigue tient la route, les situations sont bien amenées et le rythme soutenu. Seule chose : un goût de trop peu avec une fin qui s'emballe et se termine en deux temps trois mouvements là où on en voudrait encore.

     

    Une critique courte pour moi sur ce thriller fantastique (une fois n'est pas coutume) car que dire de plus sur un tel livre sans en dévoiler tout ce qui en fait le sel ? Si ce n'est : lisez-le ! Vous n'en ferez qu'une bouchée et passerez un sacré bon moment.

     

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    Ils savent tout de vous - Ian Levison -

    4ième de couv :

    Condamné à mort, Brooks Denny a le don de lire dans les pensées. Le pouvoir fédéral le découvre et envoie l'agent du FBI Terry Dryer pour lui proposer un marché: s'il l'accompagne à l'ONU pour participer aux négociations avec un chef d'Etat africain, il aura la vie sauve. Quand Brooks comprend qu'il est manipulé et s'enfuit, Snowe, un flic qui a le même pouvoir que lui, se lance à sa poursuite.

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  • Il y a 40 ans, à Kaboul, On pouvait voir des femmes se promener en jean's ou mini-jupes, s'asseoir sur les bancs de l'université ou travailler pendant que leurs filles allaient à l'école en rêvant du métier qu'elles pourraient faire plus tard.  

      

    Ces femmes n'étaient pas légion, mais encourageaient, celles qui étaient toujours sous le joug des traditions, à y croire... "Les lendemains des Afghanes chanteront, au siècle prochain !", croyait-on du haut de nos tours d'ivoire occidentales. Elles ont à vrai dire, toutes ces femmes, rapidement déchanté. Et la situation de 2016 est bien loin derrière ce passé. Même si l'on voit dans les rues de Kaboul de plus en plus de hidjabs, les burqas sont toujours là. Et sur le papier, me direz-vous, les choses avancent ? Non. Mais les mères et les filles continuent de se battre pour obtenir le premier de tous les droits (la reconnaissance de leur humanité), et d'espérer. Elles ne sont pas les seules.   


    "Dans le classement mondial Win-Gallup de l'optimisme, les Afghans arrivaient en 2015 dans les tout premiers, avec soixante et onze pour cent de ses habitants qui se déclaraient confiants en l'avenir." 

    C'est surprenant, n'est-ce pas, pour nous qui nous plaignons tout le temps et voyons toujours tout en noir ? - D'ailleurs à ce propos, nous sommes l'un des pays les plus pessimistes au monde, à en croire le même sondage - Peut-être est-ce le sentiment d'avoir touché le fond et que, quoiqu'il arrive, les Afghans pensent ne pouvoir que "remonter" ? Est-ce la ferveur religieuse ou une fierté à toute épreuve, même celle des faits ?   

     

    Enfin, me direz-vous quel rapport les droits des femmes afghanes avec BAAD de Cédric Bannel, si ce n'est cette tradition pachtoune qui porte son nom et permet de régler conflits, dettes d'argent ou d'honneur, par le "don" de jeunes femmes de 4 à 14 ans, mariées de force comme 60 à 80 % des femmes de ce pays, pour servir d'esclaves et de souffre-douleurs et, accessoirement, assurer ainsi la paix au sein des clans et des familles ? Depuis 1976 en Afghanistan, le Baad est une infraction pénale... Réjouissons-nous ! Quand il concerne une femme de plus de 18 ans... Pleurs et grincements de dents !


     Je vous l'accorde, c'est une bien longue introduction. Mais elle est loin d'être hors sujet, tant ce livre nous plonge dans un Afghanistan réaliste, aussi beau que violent, miné par la corruption, la drogue, l'intégrisme religieux... et nous fait approcher avec beaucoup de justesse et de lucidité mais aussi de respect pour ce peuple, à tout ce qui le gangrène et finira bien un jour par avoir sa peau, nonobstant l'espoir, l'accueil extraordinaire de ces âmes guerrières et la beauté de ses territoires à couper le souffle.  BAAD, sur fond de thriller et d'enquête policière, c'est tout cela réunit. Et c'est ce qui fait que je l'ai adoré, malgré le thème (ces petites filles de 10 ans violées, torturées et jetées mortes sur le bord des routes par un serial killer, (encore un !) poursuivi, de France à Kaboul, par une ex-flic d'élite, Nicole Laguna, prête à tout pour sauver sa famille, et le qomaandaan Kandar, mojahid ayant lutté au côté de Massoud... qui a les talibans et tous les extrémistes en horreur, autant que les tueurs d'enfants.

    Cédric Bannel nous offre de très beaux personnages, qui donnent vraiment cette impression d'être au plus près des hommes et femmes qui vivent là-bas.

     
    Shamsia, graffeuse dans les rues de Kaboul

    Les pires, comme les meilleurs, mais également les "petites gens" dont le seul but est d'arriver à gagner quelques afghanis pour pouvoir simplement se nourrir et nourrir leur famille. Kandar est le personnage central de ce récit, homme fort et attachant, on le quitte à regret.  L'auteur mêle la petite et la grande histoire et esquisse les liens entre tous les protagonistes de son roman, pour certains, les mêmes que dans la vraie vie : les chefs de clan, les talibans, les religieux modérés et extrémistes, l'ombre de DAESH qui plane et s'immisce dans les montagnes afghanes... Et cela, sans donner de leçons. (Ce que je craignais un peu à la lecture du curriculum vitae de l'auteur, sorti de l'ENA avec une carrière déjà longue comme mon bras à pas 40 ans, mais non... Il est bien en retrait, à tenir fermement les rênes de son récit pour nous mener où il veut, sans nous faire accroire).

      
    Inch'Allah, pourrait être sa conclusion...

    La mienne sera pour remercier Babelio de m'avoir permis de découvrir et le livre et l'auteur, ainsi que les éditions Robert Laffont pour ce partenariat Masse Critique qui, à en croire les premiers retours, n'a pas ravi que moi !

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    BAAD - Cédric Bannel -

    4ième de couv :

    BARBARIE
    Des jolies petites filles, vêtues de tenues d’apparat, apprêtées pour des noces de sang.

    ABOMINATION
    Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d’une nouvelle drogue de synthèse.

    AFFRONTEMENT
    Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l’impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l’incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar.

    DÉFLAGRATION
    Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.

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  • Voilà ! S’il y a une chose à laquelle j’ai du mal à résister, que ce soit à lire ou voir, c’est bien les histoires d’amnésie. C’est un peu comme les Marvel, cela exerce sur moi une attraction irrépressible, et « y’a pas », faut que je lise ou regarde si par hasard, un tel récit pointe le bout de son nez sous le mien ! Alors, forcément, une telle addiction ne peut conduire toujours à une envolée lyrique, et parfois, la chute est sévère. J’ai mémoire de grands moments de solitude, qui ont parfois donné lieu à des fous rires nerveux - de défense, évidemment - devant quelques niaiseries dont je me serais somme toute, bien passée. Mais que voulez-vous, quand le compulsif dicte la raison, il faut s’attendre parfois à de belles déconvenues.

     

    Mais que nenni pour cet opus ! Et pourtant, c’était pas gagné…

     

    Imaginez-vous que notre chère Christine sort de son sommeil tous les matins sans souvenirs de rien : ses vingt ans en tête, mais quarante sept en corps. Collé à elle, au réveil, un homme qu’elle ne (re)connaît pas. Que faire, me direz-vous dans une telle situation ?

    Avant d'aller dormir - S.J. Watson -

    Et bien, rassembler ses vêtements, courir à la salle de bains pour se rhabiller illico presto et prendre la poudre d’escampette en se jurant de moins picoler la prochaine fois, pour éviter de se retrouver dans le lit d’un « vieux », au lendemain d’une soirée sûrement un peu trop arrosée. Mais voilà, scotchées de part et d’autre sur les murs, elle découvre des photos d’elle avec cet homme, mariage, anniversaires, soirées, virées and co, avec en face d’elle, dans la glace, ses yeux de quarante sept ans rivés, effarés, sur son moi de femme épanouie, petites rides naissantes et mèches grisonnantes en prime…

     

    En gros, sous les photos, écrit en majuscule : « BEN ». C’est le prénom de cet homme, qui va lui expliquer, pour la énième fois, l’histoire qui disparaît de sa conscience tous les matins au réveil : l’accident, ses quarante sept ans, la mémoire qui ne fixe rien, et ce  perpétuel recommencement…

     

    Avant d'aller dormir - S.J. Watson -

    Comme je le disais, ce n’était pas gagné : car nous le vivons, nous aussi, lecteurs, ce replay de tous les jours… matin après matin ! Et cela aurait pu être (peut-être l’est-ce pour quelques lecteurs, d’ailleurs) pesant et décevant. Ce serait oublier le talent de S. J. Watson qui fait que nous ne lâchons rien, page après page, l’angoisse monte, les questions fusent : on mène l’enquête également et on en arrive nous aussi, à ne pas pouvoir dormir, avide de savoir, ce qui a bien pu arriver à notre chère Christine…

     

     "Je me rends compte que le livre que je suis en train d'écrire (...) pourrait être dangereux, aussi bien que nécessaire. Ce n'est pas une fiction. Il pourrait révéler des choses qu'il vaudrait mieux laisser ignorées. Des secrets qui ne doivent pas remonter à la lumière.
    Mais mon stylo continue à courir sur la page."

     

    Dans ce récit, ce n’est pas un rythme effréné d’action qui nous captive et nous tient en haleine, mais une montée progressive d’une angoisse, d’un questionnement liés à toutes ces incohérences entre discours et réalité.

     

     L’idée de départ est originale et a donné lieu à une adaptation ciné avec Nicole Kidman et Colin Firth. Pas si mal, certes, mais j’ai réellement préféré le livre. Ayant beaucoup de mal avec les adaptations, cet avis n’est sûrement pas objectif. A vous de juger !

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    Extrait "Il arrive"

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    Avant d'aller dormir - S.J. Watson -

    4ième de couv :

     Chaque matin, c'est le même effroi. La même surprise.
    En se découvrant dans la glace, Christine a vieilli de vingt ans. Elle ne connaît ni cette maison, ni l'homme qui partage son lit.
    Et chaque matin, Ben lui raconte. L'accident. L'amnésie...
    Ensuite, Christine lit son journal, son seul secret. Et découvre les incohérences, les questions, tout ce qu'on lui cache chaque matin, posément. Peut-être pour son bien... Peut-être pas.

    «Avec une construction qui tient du tour de force, ce livre est un cocktail totalement addictif.» Le Point

    «Un thriller psychologique qui maltraite les nerfs de son attachante héroïne en même temps qu'il joue avec ceux du lecteur.» Le Monde

    «Je n'avais encore jamais vu ça : des heures après avoir fini ce livre, j'avais encore les nerfs à vif !» Dennis Lehane

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  •  

    Ils vous annoncent un polar, mais ne vous y fiez pas ! C'est bien plus que cela. Laissez tomber la 4ième de couv. Vous en saurez un peu plus, mais bon, rien qui pourra vous préparer à cette bombe littéraire, ce scud venu tout droit de l'ancienne terre soviétique qui va vous envoyez illico presto aux portes de l'enfer, cerné(e) par les marécages de Nazino.
    Nazino, cette « île des cannibales » où furent déportées 6 000 personnes, sans nourriture, sans abri, sans rien excepté ce qu'ils avaient sur le dos et dans leurs poches. Ces « éléments socialement nuisibles » sensés coloniser les terres arides pour la gloire de la patrie socialiste vont finir par s'entredévorer, abandonnés à leur sort.
    Voilà qui plante le décor, mais ne vous donne que le tempo, tant le rythme du récit est dense et soutenu.

     


    Tout s'est joué là-bas, dans les années 30. Et tout ce qui secoue la Barcelone du XXIième siècle dans cette histoire, a ses racines dans cette terre aride.
    Gonzalo Gil ne sait pas vers quoi il s'embarque, quand il décide de poursuivre l'enquête, ou plutôt la quête de sa soeur, agente de police que l'on soupçonne d'un meurtre sanguinaire commis pour venger l'assassinat de son fils et qui s'est suicidée juste avant que la justice ne la rattrape. Cet homme sans histoire (dans tous les sens du terme) va ouvrir les portes de la backroom de l'Histoire, là où se forgent les lignes directrices des grands évènements de nos civilisations : dans la fange et le sang.


    Jamais entendu parler de Nazino avant de lire ce livre. Je me suis documentée et me demande pourquoi est-ce que l'on ne nous apprend pas cela à l'école ? Qu'est-ce qui justifie ce silence gêné ou cette évocation à mi-mots avant de tourner vite la page sur les crimes staliniens ? Staline, Franco, Hitler : même combat !
    Enfin la question on se la pose par principe, car on en connaît tous plus ou moins la réponse. Vous savez :L'histoire...
    C'est elle qui va façonner les hommes et les femmes de ce récit, les broyer, les ré-éduquer ou les porter aux nues. Et c'est elle qui trônera encore et toujours, la tête haute, contre vents et marées : « L'esclave le plus fidèle est celui qui se sent libre. »



    Victor de Arbol est un virtuose des mots et de la narration (à saluer : la traduction de Claude Bleton) ; il vous embarque de Barcelone à Nazino, des années 30 au début des années 2000 avec une allégresse et une dextérité qui ne peuvent que soulever l'admiration et rendent le lecteur fébrile, suspendu à ses mots et ces pages que l'on enrage de quitter quand il nous faut abandonner le livre pour retourner pagayer dans le courant de nos vies.

    La dernière page refermée, on se retrouve comme Elias Gil, ce personnage dantesque qui n'aura de cesse de sauver sa peau :
    « Il était plein de trous, telle une vieille carcasse de bateau, et il lui arrivait de penser qu'il ne pourrait plus flotter, plus jamais. »


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    Les bois flottés finissent toujours par s'échouer sur la côte, rejetés par l'océan. Et les mains des hommes les façonnent à leur guise...

     

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    Toutes les vagues de l'océan - Victor del Arbol -

    4ième de couv

     

    Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa sœur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils. Ce qui ne semble alors qu’ un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.
    Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina. La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite “île aux cannibales” marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants. Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé. La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.
    Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un xxe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines.

     

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    Interview Victor del Arbol - Librairie Mollat - :

     

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