• Le livre que je ne voulais pas écrire - Erwan Larher -

    Le livre que je ne voulais pas écrire - Erwan Larher - Voilà un livre que je ne voulais pas lire. Peur d’être bousculée, touchée, atteinte. Puis, j’ai fini par l’ouvrir. Il est tout ce que je craignais : il vous remue les tripes à vous faire chialer, il appuie là où ça fait mal, sans pudeur ni faux semblants.

    Après l’effroi et l’angoisse, c’est maintenant la colère qui me domine. Colère contre ces barbares – qu’est-ce qu’ils croient ? -, colère contre ma patrie incapable de protéger sa jeunesse – alors voilà, on peut débarquer à Paris avec des kalachnikovs et ouvrir le feu au hasard, ou pas forcément au hasard mais sur n’importe qui. 

    C’est le témoignage d’un survivant et d’un écrivain qui ne veut pas faire business de cette horreur qui lui est tombée dessus ce soir du 13 novembre 2015, au Bataclan, comme tant d’autres dans cette même salle et ailleurs.

    Tu es un romancier qui invente des histoires, pas qui romance sa propre histoire. Tu as besoin de liberté. Tu ne veux pas décrire. L'odeur. Les HURLEMENTS. Au-delà des mots. Au-delà de l'imagination. Vous n'en saurez jamais rien, des HURLEMENTS, quelle que soit la plume.

    C’est le témoignage d’un homme qui sait que pour s’en sortir, l’humour et la dérision est une arme maîtresse. Et « Le livre que je ne voulais pas écrire » n’en manque pas ! Je suis passée du rire aux larmes, en quelques phrases, quelques pages. J’ai saisi l’horreur des téléphones qui sonnent, condamnant dans le même temps ses possesseurs ; j’ai senti cette main accrochée à sa jambe, comme à une bouée de sauvetage et j’ai surtout compris cette difficulté d’écrire sur cette nuit terrible, cet « après » de celui qui a eu la chance de s’en sortir et ne revendique aucune légitimité de paroles ou d’écriture.

    La littérature n’arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari. 

    Voila un livre que je ne voulais pas lire...

    ¤ ¤ ¤

    4ième de couv : 

    Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain.
    Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie: je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment; donc lui aussi.

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