• La forêt des araignées tristes – Colin Heine –

    La forêt des araignées tristes – Colin Heine –

    Les gens sont laids. 
    Agathe l'a vite compris et ne l'a jamais oublié.
    Laid le rentier, qui sous des abords généreux troussait sa mère dans sa chambrette quand madame était sortie. Laids ses allusions aux affaires qui marchent mal et au prix exorbitant du personnel, surtout encombré d'une fillette et d'un garçonnet sans père. Laide la bague offerte à son épouse, parce que rien n'est trop beau pour elle, alors que les domestiques travaillent tous les jours de la semaine, avec une soirée de libre accordée avec hauteur. Laid leur sentiment de fierté quand, lorsqu'ils faisaient un peu moins trimer les petites mains de la maisonnée et leur menaient la vie un peu moins dure, lui et sa femme se drapaient de bonne conscience et dormaient du sommeil du juste dans des édredons à housses de soie ourlées de brocart.
    (...)
    Oui, les gens sont laids. Agathe le sait. Elle l'a vu. Elle n'a jamais oublié. Les convenances ne coûtent rien quand l'enjeu est nul ou presque. Mais face au pouvoir, celui de l'argent ou un autre, elles ne font pas le poids. 

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