• La forêt des araignées tristes – Colin Heine –

    Lorsque les violences prirent un caractère moins diffus, leur brutalité l'effraya. Les manifestants ne se contentaient plus de défiler et de crier devant les portes des usines avant de livrer aux forces de l'ordre une bataille perdue d'avance. Ils s'en prirent bientôt à une partie d'eux-mêmes. A ce qui les faisait vivre et mourir au quotidien. Aux machines.
    Ils ne voyaient en elles qu'un instrument de torture qui leur suçait la moelle, ce qu'Angela pouvait en partie comprendre. Certains y ajoutaient l'idée que c'étaient les machines qui, loin de leur apporter la richesse comme l'affirmaient ceux qui les exploitaient, leur volaient leur sueur et leur sang pour grossir les coffres-forts des patrons.
    Cela ne devait, cela ne pouvait pas durer. Et si protester ne suffisait pas, si seuls les coups et les balles de la police répondaient à leur soif d'un peu de bien-être, alors il était vain de demander, de supplier ou de menacer. Il fallait prendre le mal à la racine et détruire ce par quoi on les enchaînait.

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