• Don Benvenuto, tu pouvais pas allonger le pli ? Si c'est du vélin qui manquait, fallait dire ! Parce que si c'est ça, y a pas à ergoter, je veux bien faire un casse aux archives départementales du coin et dégoter quelques vieilles peaux à une ou double queheux ! Pas de soucis ! Il suffira de gratter un peu et hop ! On repart sur la suite de l'histoire … J'ai pas mes entrées, mais on peut toujours essayer ! Avec toi dans les basques, cela devrait le faire ! Sinon pour pas jouer les larrons, voir à leur proposer un deal : en échange je veux bien négocier un prêt au denier seize (quatre, c'est trop pour ma prébende, je voudrais pas que mes hoirs fassent la gueule). Parce que j'ai vraiment, vraiment, vraiment envie de continuer l'aventure...

    Je sais ce que tu penses, j'ai bien pigé le message :

     

    « Et vous, oui, vous ! mon très cher lecteur ! Vous vous prélassez bien au chaud, sur votre coussiège favori ou dans la cathèdre de votre cabinet de lecture, en tournant d'une main indolente les pages de ce volume où je risque bien de perdre ma santé, ma vie, sans compter ma réputation. Est-ce que vous mesurez seulement ce que j'ai sué, d'angoisse et de labeur, sur l'ouvrage que vous avez le culot de parcourir comme un conte divertissant ? Vous vous rendez compte de ce que je risque, à vous dévoiler ainsi les dessous de la politique ciudalienne ? Vous croyez peut-être que je fais ça uniquement par plaisir ? Ou par malveillance ? Vous croyez qu'on accouche d'un pavé pareil seulement pour l'agrément de cafarder ?

    Tant de légèreté, tiens, ça me dégoûte !"


    Je comprends bien, mais, faut pas la jouer comme ça ! Moi, je savais pas ! Je suis tombée sur Marple et sa critique d'enfer et hop ! Deux trois clics sur les moutons électriques, pour un prix modique (t'es sûr d'avoir bien converti ?), et c'était dans la liseuse ! En plus quand on s'allie à des pointures comme Arnaud Cremet pour vous pondre une couverture de dingue ! Faut pas nous faire les yeux fris du mec étonné !

     

    Puis quand je me suis rendue compte que j'étais ferrée, c'était trop tard, j'étais déjà fichue !

     Alors, si j'ai le droit qu'à une question, une seule, je vais pas en faire des rallonges, ni babiller pendant des plombes. Cela va être clair, net, précis :

    « - C'est quand que tu reviens ? »

    ¤ ¤ ¤

     

    Parce qu'on ne s'en lasse pas, Benvenuto et Gagner la guerre, mis en lumière par son auteur, avec un petit clin d’œil pour les Imaginales au passage, par la librairie Mollat...

     

    ¤ ¤ ¤

    Gagner la guerre - Jean-Philippe Jaworski -

    4ième de couv

     

    Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : "Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier."
    Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère.
    Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire.
    Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique