• Vous avez dit NaNoWriMo ?

    Mince alors ! Déjà le 13 octobre et je ne vous ai toujours pas parlé du NaNoWriMo ! Alors c’est parti ! On commence par un petit débriefing en quelques questions pour vous présenter l’OLNI (l’occupation littéraire non identifiée) :

    Qu’est-ce que le NaNoWriMo ?

    Un défi d’écriture à l’échelle internationale (si, si, je vous le dis !) qui court sur la période du 1er novembre zéro heure au 31 novembre minuit.

    Quel en est le but ?

    Dans l’absolu écrire 50 000 mots en un mois (soit environ 175 pages).

    Pour qui ?

    Pour soi ! Et c’est ouvert à tout le monde. Que vous soyez écrivain confirmé ou débutant, père au foyer, mécanicienne, cheffe d’entreprise, chômeur, maître d’école, flic ou voyou ! C’est aussi pour vous…

    Pour quoi ?

    J’aimerai vous dire « pour se faire plaisir » mais vous risquez de me maudire les soirs en manque d’inspiration et pourtant vous serez tellement happy quand s’affichera « Winner » sur votre profil, que ce n’est pas tout à fait faux.

    Je crois que le bénéfice le plus important de cette aventure, car c’est réellement une aventure, c’est de lever le blocage premier, celui qui nous fait dire « un jour, j’écrirai... » sans jamais oser se lancer. Là, vous avez l’occasion de faire fi de tout cela et la tête dans le guidon écrire, écrire, avec pour seul but : noircir l’écran blanc, sans se freiner à chaque mot, revenir sans cesse en arrière, barrer, supprimer, réécrire… vous ferez tout cela après, mais entre temps, vous aurez été capable d’aligner 50 000 mots et vous aurez instauré cette habitude de l’écriture jour après jour. Il y aura du mauvais. Et également du bon. Mais surtout, il y aura ce sentiment un peu fou de se dire que « c’est possible ! ».
    Et peu importe si on totalise les 50 000 mots à la fin...

    Où ?Vous avez dit NaNoWriMo ?

    Chez vous, tout(e) seul(e) ou entre amis, dans un café, au boulot (big brother is watching you !), dans le train, pendant un Write-In (rendez-vous fixé dans un lieu prédéfini pour écrire ensemble. comment cela, c’est glauque ! Mais non…), le jour, la nuit, enfin c’est où vous voulez…

    Comment participer ?

    C’est tout simple, il suffit d’aller s’inscrire sur le site Ici, de créer son profil. Vous pouvez, si vous le souhaitez, définir votre manière d’écrire (est-ce que vous suivez un plan ou fonctionnez à l’inspiration, etc.), le genre littéraire auquel appartiendra votre prose et présenter votre futur roman, titre, résumé, extraits, couverture… à vous de décider ce que vous souhaiter rendre public ou pas.

    Vous avez le choix de votre pays d’origine mais aussi de votre « région » (réelle ou d’adoption). Les « régions » sont présentes sur le forum, sur FB et autres réseaux sociaux, ce qui vous permet d’être informé de l’organisation des Write-In et autres réjouissances si vous voulez vivre l’aventure à fond…

    Personnellement, je suis rattachée à la région Elsewhere, mais suis régulièrement les info de la région Rhônes-Alpes (la plus proche de chez moi) et n’exclus pas une participation à un Write-In, cette année...
    Vous avez dit NaNoWriMo ?

    Comment cela fonctionne ?

    A partir du 1er novembre et ce, tous les jours, vous pourrez renseigner vous-même le nombre de mots écrits quotidiennement (ce n’est pas une obligation, mais cela vous permet de mesurer votre progression et ça peut être encourageant (ou pas). Et la dernière semaine, il ne vous restera, pour voir où vous en êtes puis valider votre participation et votre nombre de mots, qu'à copier-coller votre texte dans le word count.

    Le word count est juste un petit logiciel de comptage. Il ne garde rien en mémoire et vous pouvez recommencer le décompte autant de fois qu’il vous faudra pour arriver au chiffre fatidique…

    Est-ce que mon texte est protégé ?

    Le word count n’enregistre rien et pour le reste, c’est à vous de décider ce que vous voulez rendre public ou non. Rien ne vous oblige à parler de votre projet sur le Chat ou sur le forum (et cela ne vous empêchera pas d’y participer), ni à publier des extraits, un résumé ou même le titre. Dans ce domaine, c’est vous qui détenez les clefs…

    Si je prépare mon NaNo Roman avant, est-ce de la « triche » ?

    Non, pas du tout. Du moment que vous ne commencez pas la rédaction proprement dite. Vous pouvez donc, prendre des notes, établir un plan, faire des recherches sur le ou les thèmes que vous allez aborder, créer et peaufiner vos fiches personnages, lieux, ... et établir un synopsis : tout cela est permis !

     Quelques conseils ?

     Ça, c’est plus compliqué, parce que nous sommes tous différents ; mais à défaut, je peux lister rapidement, si ce n’est ce qui marche pour moi, tout du moins la manière dont je fonctionne et m’organise.

    Avant d’écrire, je prépare un plan (assez grossier, je ne me prends pas trop la tête avec, car par expérience, je sais que je vais très vite m’en éloigner, mais cela permet de partir « rassurée »). Je travaille mes fiches perso et les lieux dans lesquels vont évoluer mes perso. Je n’hésite pas à prendre des notes que ce soit sur certains thèmes que je voudrais développer ou sur des scènes que je souhaiterais écrire.

    J’écris tous les jours pour ne pas perdre le fil et arriver à ce total de 50 000 mots. Je me lève une heure plus tôt, m’installe devant l’ordi avec un café et aligne entre 400 et 500 mots. Dans la journée, je n’ai pas le temps de m’y remettre, alors dés rentrée, je m’y replonge jusqu’au soir. Le week end, j’écris toute la matinée et suivant le soir ou l’après-midi.

    Un jour par semaine, je me pose pour faire le point, remodeler le plan que j’ai bien sûr perdu de vue et repositionner un peu les choses : quelles scènes vais-je développer dans les prochains jours ? quels nouveaux perso ai-je introduits dans l’histoire et quel sera leur rôle ?

    J’essaie de ne pas relire, ou seulement les dernières pages, pour ne pas être tentée de modifier ou pire recommencer (je laisse cela pour décembre). Le but n’est pas là. Le but est d’avancer… alors, même si je sens que certaines choses ne sont pas « raccord », ce n’est pas grave, je colle une note sur le paragraphe en précisant ce qui sera à modifier si vraiment ça me bloque, et je continue, j’aligne des mots et des mots…

    J’essaie d’être indulgente avec moi-même, car je sais que cela me permettra d’aller « jusqu’au bout ». Je sais que je vais vivre de grands moments d’euphorie, d’autres de désespoir sans nom quand ce n’est pas un manque d’inspiration chronique, mais au final, je sais qu’il y aura devant moi, le 30 novembre, si ce n’est 50 000 mots au moins suffisamment pour que je puisse avoir une base de travail pour les mois à venir. Et c’est là l’essentiel !

    Moi qui ai souvent écrit avec une exigence très stricte sur le nombre de caractères, c’est un bol d’oxygène qui m’ait donné quand je suis libérée de ces contraintes. Et en plus, cela booste le word count ! ;-)

    Vous avez dit NaNoWriMo ?

    Il ne faut pas abuser et faire du délayage dans le seul but d’accumuler des mots, mais c’est aussi un bon apprentissage quand on a tendance à négliger « le décor ». Ami des descriptions qui n’en finissent pas, le NaNoWriMo a été créé pour toi, et pour les autres, il faut vous y mettre, c’est un super exercice : décrire les lieux, le physique de ses perso, s’approprier le vaste champ des adjectifs qualificatifs et ne pas négliger les petits détails. N’ayez pas peur d’en faire trop ! C’est aussi une bonne tactique quand on est face à un blocage, cela permet parfois de relancer la machine…

    Pour les outils, un traitement de texte suffit et... se déconnecter d'internet ! oh

     Personnellement, j’ai adopté Scrivener (le NaNoWriMo est souvent l’occasion de bénéficier d’une promotion pour l’achat du logiciel et de 30 jours d’essai gratuit sans engagement, ce qui est pile poil la durée du NaNo : un bon moyen pour l’essayer.)

    Que dire de plus ?

    Une seule chose : Gardons toujours en tête que ce n’est pas un concours mais un défi contre/avec soi-même que nous pouvons vivre « en solitaire » ou entouré des autres Nanoteurs.

    Si le cœur vous dit de me rejoindre dans cette aventure, voici l’adresse de mon profil. N’hésitez pas à me contacter !

    ¤ ¤ ¤

    NaNo Vocabulaire :

    Gator : L’alligator, mascotte du NaNoWriMo français.

    Kick-Off Party : Fête de lancement du NaNoWriMo, le 31 octobre au soir et pendant toute la nuit. Cette année, une Kick-Off Party sera organisée sur le chat pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer ou qui n’en ont pas dans leur ville.

    ML : (Municipal Liaison) représentant national ou régional pour le NaNoWriMo. Pour la France, nous avons pour les régions :

    Elsewhere : Saintemew
    Lille : French Muse
    Paris : Isabelle Lila
    Rhônes-Alpes : Lia MornElda

     Meet & Greet : Rencontre avant le début du NaNoWriMo pour faire connaissance et accueillir les nouveaux nanoteurs, parler des projets de chacun et partager ses expériences.

    Meet-Up : Rencontre dédiée à l’échange et à la discussion.

    Nano Rebelle : Nanoteur qui fait le choix d’écrire autre chose qu’un roman ou qui continue le NaNo Roman commencé l’année d’avant (euh, moi par exemple), mais qui a tout autant sa place dans cette belle aventure...

    Nanoteurs (ou Wrimos) : Participants au NaNoWriMo.

    TGIO : (Thank God It’s Over), fête de la fin du NaNoWriMo qui a lieu le premier week-end de décembre.

    Word War : défi entre deux ou plusieurs nanoteurs qui consiste à écrire le maximum de mots dans un temps limité (15 ou 30 minutes), pendant un Write-In ou sur le chat du NaNoWriMo.

    Wrimos (ou Nanoteurs) : Participants au NaNoWriMo.

    Write or Die : Dernier Write-In de la saison, le 30 novembre aux alentours des minuits moins quelque chose...

    Write-In : Rencontre dédiée à l’écriture (dans un café le plus souvent, ou chez un ML).

    writing buddies : Copains d’écriture. Vos amis du NaNoWriMo qui vous soutiennent, vous encouragent ou tout du moins, en bavent autant que vous…  

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  • Je ne papillonne pas vraiment de blog en blog, mais quand j'en trouve un qui me plaît, j'y suis fidèle. Attendant avec impatience, le dernier article publié, parfois dans l'ombre, parfois en laissant ici ou là quelques mots à partager, mais toujours avec intérêt et curiosité...

    Parmi tous ces blogs qui nourrissent ma PAL et m'offrent, bien souvent, de belles découvertes, il y a celui d'Aelinel. Elle parle de ses lectures, ses découvertes littéraires, mais pas que... Je lui dois de beaux moments partagés en Lecture Commune et quelques soirées devant Ripper Street ! Et quand je lis son dernier post sur Banished, je me dis que je ne vais pas tarder à devenir addict ! C'est pour améliorer mon anglais, you know ? of course !
    Elle m'a invitée à répondre à un Tag, et c'est avec plaisir que je me lance maintenant - et avec toutes mes excuses pour le retard -

    Tu me demandes, Aelinel, alors je te réponds :

    1- Quand vous étiez petit à quel personnage fictif vous identifiez-vous ?

    Phileas Fogg ! Je rêvais de tour du monde, de départs et de voyages. Peut-être est-ce pour cela que je n'arrive jamais à me fixer quelque part ?
    Je suis toujours en partance...

     

    2- Avez-vous déjà fait dédicacer un de vos livres par votre auteur préféré ? Si oui, lequel ?

    Je m'aperçois que j'ai peu de livres dédicacés. Et la plupart du temps il s'agit plus de recueils de poésie ou d'essais. J'ai presque tous les livres de Marie-Monique Robin dédicacés. depuis plusieurs années, j'assiste à ses rencontres-dédicaces, son dernier livre sous le bras. Idem pour Gilles-Eric Séralini.

    J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'assister à des séances de dédicaces pour des auteurs que j'appréciais. Mais le côté, paraphes à la chaîne, sans lever le nez du pupitre, ou seulement pour un "A quel nom ?", m'en a dissuadé.
    Tous les auteurs ne sont pas comme cela, heureusement ! J'ai souvenir de si beaux moments passés à parler de poésie avec Albert Jacquard, que la maladie n'a pas réussi à priver des rimes de sa vie, et d'une discussion avec Yves Bonnefoy, sur la Shoah et l'engagement de l'artiste...

     

    3- Si vous aviez le pouvoir de vous immiscer dans un univers de roman, lequel serait-ce ?

    Laissons-là le tour du monde en quatre-vingt jours et les rêves d'enfant !

    Je dirais alors : A la croisée des mondes ! Car j'adorerai connaître mon daemon... Et que ce monde-là n'est pas si différent du nôtre, tout compte fait. Puis à l'idée de toucher aux mystères de la poussière, j'en oublierai tout le reste : le froid, la solitude et la peur !

     

    4- Consacrez-vous un budget mensuel pour l’achat de vos romans où cela dépend-il uniquement des sorties du moment ?

    J'essaie surtout de ne pas dépasser une certaine limite, que je me suis fixée. Je peux rester des semaines (menteuse !) sans acheter un seul livre et revenir les bras chargés, mes pas m'ayant par pur hasard (t'abuses !) conduite à la Boîte de Pandore (Librairie !)

    Par contre, comme tout le monde, j'attends certaines sorties, et là, c'est pour moi une priorité dans mon budget...

     

    5- Avez-vous une période de l’année où vous lisez davantage que d’autres ou êtes-vous constants ?

    Je lis plus à la mauvaise saison.
    L'hiver, c'est dedans et l'été, c'est dehors !
    Alors, je me pelotonne sous la couette avec un pavé, en laissant la pluie, la neige tombées et quand arrive le soleil, je traîne partout un bouquin, de sable en terrasse et de sentiers  en chemins, en me répétant tous les soirs, que ce n'est pas encore demain, que j'en connaîtrais la fin...

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  • Après tant d'années, toujours cette voix, ses silences et son regard.
    Les poètes ne meurent jamais !

    Les poètes ne meurent jamais !

     

    Ils vont, leurs mains sont pleines
    D'une poussière d'or,
    Ils entrouvrent leurs mains
    Et la nuit tombe.

     

    Je suis là, debout, face à la réalité rugueuse, à jeter des pierres. 
    Dans ma nuit, mon étoile brille de plus belle depuis hier.

    Et la parole scellée, éveillée, je me souviens.
    J'ouvre les yeux
    de mes demains sur les ruines du monde.

    Et puisse être le ciel...

    ¤ ¤ ¤

    "Jeter des pierres"
    Les planches Courbes

     

          Et nous étions là, dans la nuit, à jeter des pierres. À les jeter le plus haut, le plus loin possible, dans ce bois devant nous qui si rapidement dévalait la pente que c'en était sous nos pieds comme déjà un ravin, avec le bruit de l'eau à ruisseler en contrebas sous les arbres.

         Des pierres, de grosses pierres que nous dégagions des broussailles, difficilement mais en hâte. Des pierres grises, des pierres étincelantes dans le noir.

         Nous les élevions à deux mains, au dessus de nos têtes. Qu'elles étaient lourdes ainsi, plus hautes, plus grandes que tout au monde ! Comme nous les jetterions loin, là-bas, de l'autre côté sans nom, dans le gouffre où il n'y a plus ni haut ni bas ni bruit des eaux ni étoile. Et nous nous regardions en riant dans la clarté de la lune, qui surgissait de partout sous le couvert des nuages.
         Mains déchirées bientôt, mains en sang. Mains qui écartaient des racines, fouillaient la terre, se resserraient sur la roche qui résistait à leur prise. Et le sang empourprait aussi nos visages, mais toujours nos yeux se levaient du sol dévasté vers d'autres yeux, et c'était encore ce rire.

    Yves Bonnefoy

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  •  Le printemps des poètes arrive doucement et avec lui quelques brèches qu'il va falloir tenir, maintenir ouvertes et tendues jusqu'à l'extrême. L'éveil.
    Le thème cette année : "Le grand vingtième : d'Apollinaire à Bonnefoy, cent ans de poésie".
    "La poésie est morte" : J’ai entendu ça hier !

    J'ai souvenir d'une lecture des planches courbes. Yves Bonnefoy s'installe, parle si doucement de sa voix caverneuse pourtant, que le silence qui s'était déjà invité, semble le recouvrir, lui, sa parole et sa présence authentique. Puis, sans lien ni entrée en matière, il ouvre les planches, ouvre ce lieu de vie où il n'y a plus rien d'autre que chaque soi suspendu à ses mots à lui.
    Et ce grand vide juste après.
    La discussion ? C'était difficile. Le véritable dialogue avait déjà eu lieu.

     

    "La poésie est morte" : J’ai entendu ça hier !

     

    Pourquoi toujours regarder en arrière ? Dieu sait que j’aime cette poésie du XX ième, mais voilà : C'est aujourd'hui que je respire et non hier. C'est maintenant que mon coeur pulse et c'est ici que ses battements raisonnent. Le XXI ième siècle est déjà en marche. Depuis seize ans. Seize années déjà que certains n’ont pas vues passer.
    Que faut-il faire pour qu'ils avancent, ne restent pas coincer sur cet âge d'or, le leur ?

     

    "La poésie est morte" : J’ai entendu ça hier !

     

     Que faut-il faire pour qu’on offre un espace de paroles aux poètes d'aujourd'hui ? Et n'est-ce pas trop facile d'invoquer ces "ils" et ces "on" ? Est-ce que cet espace s’offre ou se conquiert ? La poésie n'a que faire des institutions et la poésie institutionnalisée se répand dans les latrines de l'Histoire pour son plus grand désespoir.
    Alors ne pas courir après subventions, reconnaissance et édition. Écrire parce qu’on a quelque chose à dire. Même si personne n’est là pour l’entendre ?
    Tous ces poètes ignorés aujourd'hui qui ne savent ni crier ni se taire...

     

    "La poésie est morte" : J’ai entendu ça hier !

     

    Peut-être est-ce nos sociétés, nos vies qui vont trop vite ou sommes-nous à ce point gavés d'images, de bruits et de paroles, que nous n'avons pas su maintenir cet espace, cette sphère entrouverte pour le recueil et le recueillement ?

     

    "La poésie est morte" : J’ai entendu ça hier !

     

    Tu me dis cela comme ça. Pas de provocation dans ta voix et tes  yeux : tu constates. Et tu voudrais que je te réponde. Que je t'explique, que je riposte ou que je nie, j'é-crie ? J'aurais beau contester, consternée, toi et moi nous y changerons quoi ?

    "La poésie est morte" : Tu m'as dit !Peut être ouvrir les recueils, laisser les yeux courir entre les pages.

    Peut être fermer les recueils, courir les pistes de slam, assaillir l'oiseau de twitter de "jets de cailloux"1, et surtout : dire, écouter, lire, donner une voix haute et franche, à tous ces mots qui se battent à la marge.

    Laisser entrer les rimes et les libres dans nos oreilles et nos gorges pour se les approprier et les faire se tenir debout, face à nous !

    "La poésie est morte" : J’ai entendu ça hier !De bric et de broc, aller cahin caha au creux de l'épicentre d'une création sans annonceurs ni projecteurs. Éblouis par l'éclat de pépites et perles noyées à laver, polir et cajoler, au détour d’un chemin dont on ne sait pas encore si c’est le bon. Se fourvoyer dans un sentier et faire demi-tour, les pieds dans la rivière Serpentine, s’essouffler mais continuer à parier sur la poésie naissante, sur la/le poète balbutiant, sur cette lumière qui n'éclaire que celui qui sait la recevoir.

    Et puis..."La poésie est morte" : Tu m'as dit !

    Et puis s'accrocher à tous ces lanceurs de mots, comme autant de lanceurs d'alertes dans notre monde en dérive.

     

    "La poésie est morte" : J’ai entendu ça hier !

     

    - Quand tu auras tout dit, que te restera-t-il ?
    - Il me restera encore tes mots et les miens mêlés... sous la peau. 

     ¤ ¤ ¤


    1 - Si vous voulez connaître la suite donnée à ces jets de cailloux et découvrir son auteur - Ryôichi Wagô-, c’est ici et  !

    Photos : -Yves Bonnefoy - Chloé M. - Grand Corps Malade - Astrid Shriqui Garain -

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