• L'enfer, c'est le passé - Tristan Garcia -

    L'enfer, c'est le passé. Il n'y a pas de jugement dernier, pas de résurrection. La vie est finie, point barre. L'enfer, c'est ça. Si mon livre est hanté par le pouvoir, il l'est aussi par la cruauté du progrès. Rendre la vie meilleure, c'est rendre plus tragique la vie de ceux qui n'en ont pas bénéficié. Car l'Histoire est irréversible. 

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  • Âmes. Histoire de la souffrance ! - Tristan Garcia -Je l'ai entamée il y a huit ans environ. J'avais envie de signer une grande épopée vue du côté des dominés, et de décentrer le récit hors de l'occident. J'en avais assez d'être contraint par une époque voulant du fragment, de l'expression de soi et cherchant toujours à savoir d'où l'on parle. C'est trop frustrant. La littérature ne se résume pas à l'autofiction. On a encore la possibilité de raconter au delà d'ici et maintenant ! Il faut essayer d'embrasser toute chose, de changer de classe sociale , de temps, d'espèce, de genre, etc.

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  • Cosmos - Michel Onfray - Y-a-t-il trop de mots, de livres entre le monde et nous ? Nous expérimentons ce qui nous entoure, le cul bien au chaud dans nos salons ou en courant les bibliothèques pour apprendre. Toujours et encore, en apprendre plus. Est-ce qu'il ne faudrait pas au contraire, renverser toutes ces barrières, ces filtres qui nous coupent de ce cosmos qui ouvre cette brève encyclopédie du monde de Michel Onfray ? Ou ne faut-il lire que les livres qui ramènent au monde ? 

    Le livre n'est grand que lorsqu'il apprend à se passer de lui, à lever la tête, à sortir le nez du volume pour regarder le détail du monde qui n'attend que notre souci.

    Ne comptez pas sur moi pour vous dire ce que vous avez à faire. Je pourrais éventuellement lâcher à mi-mots "Lisez Cosmos !" avec ce sourire entendu, un brin crétin parfois, de celle qui se la joue, entre initiée et novice. Je pourrais. Mais je préfère vous confier mes impressions sur cette lecture singulière. 

    Cosmos - Michel Onfray - Michel Onfray nous propose une invitation au sublime résultant de la tension avec le souci et l'attention au spectacle du monde concret et la petitesse de notre conscience aiguisée, sachant qu'elle n'est pas grand-chose, mais qu'elle peut beaucoup.

    Il commence par nous faire ressentir cet écart qui existe maintenant entre ce qu'il appelle le temps virgilien, celui de la nature, des saisons ..., celui de son père. Un temps où l'homme vivait en harmonie avec le monde, au même diapason, sans heurts et précipitations, sans cette idée récurrente que nous avons tous maintenant de gagner ou de perdre du temps, "son" temps...

    Ignorer les cycles de la nature, ne pas connaître les mouvements des saisons et ne vivre que dans le béton et le bitume des villes, l'acier et le verre, n'avoir jamais vu un pré, un champ, un sous-bois, une forêt, un taillis, une vigne, un herbage, une rivière, c'est vivre déjà dans le caveau du ciment qui accueillera un jour un corps qui n'aura rien connu du monde.

    Cette force vive, à laquelle nous tentons de nous arracher ou faisons "comme si" nous n'y étions pas reliée, nous détermine et finit toujours par nous soumettre, que ce soit simplement en sonnant la fin de nos existences. Homme ou Animal, nous y sommes tous soumis. Il n'y a pas de différence de nature entre l'homme et l'animal mais une différence de degré. Ce cosmos, d'où nous sommes issus et dans lequel nous vivons et interagissons, peut être la clef d'une sagesse retrouvée, hors de toutes les interprétations religieuses ; l'occasion d'un discours sur le monde, enfin concret et cohérent avec notre nature profonde...

    Ce que j'ai eu énormément plaisir à lire : 

    - les très belles pages sur son père ; 
    - cette découverte de la culture tzigane ;
    - l'incroyable expérience de Michel Siffre, ce géologue, exilé volontaire sous la terre pendant deux mois ;
    - toutes ses réflexions sur l'animal, comme alter ego, sur le véganisme et le végétarisme ;
    - son analyse du Land Art...

    Sans compter tout ce que j'oublie...

    J'ai eu plus de mal avec son analyse des Haïkus. Un brin longuet à mon goût, mais cela reste très subjectif. 

    En un mot, j'ai vraiment apprécier ce livre, qui nous ouvre à d'autres horizons, tout en nous ramenant constamment à ce que nous sommes. Je compte bien lire Décadence, même s'il me tente un peu moins. 

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    4ème de couv

    Cosmos est le premier volume d'une trilogie intitulée "Brève encyclopédie du monde". Il présente une philosophie de la nature. Il sera suivi de "Décadence", qui traitera de l'histoire, puis de "Sagesse", consacré à la question de l'éthique et du bonheur. "Trop de livres se proposent de faire l'économie du monde tout en prétendant nous le décrire. Cet oubli nihiliste du cosmos me semble plus peser que l'oubli de l'être. Les monothéismes ont voulu célébrer un livre qui prétendait dire la totalité du monde. Pour ce faire ils ont écarté des livres qui disaient le monde autrement qu'eux. Une immense bibliothèque s'est installée entre les hommes et le cosmos, et la nature, et le réel". Tel est le point de départ de ce livre, dans lequel Michel Onfray nous propose de renouer avec une méditation philosophique en prise directe avec le cosmos. Contempler le monde, ressaisir les intuitions fondatrices du temps, de la vie, de la nature, comprendre ses mystères et les leçons qu'elle nous livre. Tel est l'ambition de ce livre très personnel, qui renoue avec l'idéal grec et païen d'une sagesse humaine en harmonie avec le monde.

     

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  • Si je me réveille avec la première phrase, j'ai tout le reste : le ton, le souffle, l'ampleur. C'est une alchimie, ce n'est pas conscient. J'ai besoin de sentir le poids de la densité de la langue. Si je n'ai pas ça, je n'ai rien, même si j'ai l'histoire. J'écris à l'oreille. Il faut que la phrase bouge dans l'articulation du son. Question de rythme, d'assonances.

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  • Interview Céline Minard - Lire février 2019 -J'écris de la littérature populaire, qu'on prend pour autre chose, je ne sais pas pourquoi. Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de raconter des histoires, mais pas n'importe comment. J'aime bien perdre mon lecteur. Lui faire explorer un monde. Sinon, on met ses charentaises, on se pose dans son fauteuil devant sa série et on n'explore rien. La littérature, ce n'est pas des charentaises ! Si on n'est pas déplacé, surpris, choqué, dérangé, émerveillé, on s'ennuie. 

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