• 41QYTZYGdeL._SX210_Mon père est mort dans mes bras, vingt minutes après le début de la nuit de l’Avent, debout, comme un chêne foudroyé qui, frappé par le destin, l’aurait accepté, mais tout en refusant de tomber. Je l’ai pris dans mes bras, déraciné de la terre qu’il avait soudainement quittée, porté comme Enée porta son père en quittant Troie. Ensuite, je l’ai assis le long d’un mur, puis, quand il fut clair qu’il ne reviendrait pas, je l’ai allongé de toute sa longueur sur le sol, comme pour l’aliter dans le néant qu’il semble avoir rejoint sans s’en apercevoir.

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  • indexLe pays d’abondance est enveloppé de brouillard. Alors que nous devrions nous assigner pour tâche d’investir de sens cette existence riche, sûre et saine, nous avons enterré l’utopie. Il n’y a pas de nouveau rêve pour la remplacer, parce que nous ne pouvons imaginer de monde meilleur que le nôtre. En fait, dans les pays aisés, la plupart des gens croient que la vie de leurs enfants sera plus difficile que la leur.
    Mais la véritable crise de notre temps, de ma génération, n’est pas que nous n’avons pas la vie facile ou qu’elle risque de devenir plus dure.
    Non, la véritable crise, c’est que nous n’avons rien de mieux à proposer.

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  • index
    Je vivrais dans ta tête, je ne t’abandonne pas. Je serai dans l’air tout autour de toi. Je serai la terre sous chacun de tes pas. La seule chose que je sache, Victor, quand le chagrin est trop fort, il faut vivre une minute à la fois. Puis une heure à la fois. Une nuit, puis un jour. Un seul jour à la fois. Un seul jour à la fois, Victor. Tu ne m’oublieras pas, mais un jour ton chagrin s’apaisera.

     


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  •  CVT_A-son-image_1482
    L’énigme qui la captivait n’était pas celle-ci. Peu lui importait d’appartenir ou pas à la famille de ceux qui avaient laissé leur trace sur le papier glacé. L’énigme consistait en l’existence de la trace elle-même : la lumière réfléchie par des corps désormais vieillis ou depuis longtemps tombés en poussière avait été captée et conservée au cours d’un processus dont l’aspect miraculeux ne pouvait être épuisé par de simples explications techniques.

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  •  Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m’est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie. Nous étions cinq dans la cabine. Je suis le seul survivant.

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