• Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu
    importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus
    mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient
    plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour
    qu'il ne tombe pas ?

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  • La théorie des mèmes : Pourquoi nous nous imitions les uns les autres - Susan Blackmore -Qu'est-ce qui distingue l'humain de l'animal ? Peut-être sa tension vers l'ignoré, le mystérieux, l'indéterminé, l'inexploré, l'inouï. L'inconnu est cette passion inépuisée de découvrir, cette détermination à s'aventurer dans les moindres recoins d'un microcosme ou d'un sujet.
    Plus le monde s'accélère, plus la connaissance devient le lieu sinon d'une transcendance du moins d'une danse de la curiosité, selon l'invite de René Char : "Enfonce-toi dans l'inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer".

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  • Correspondances - Valence Rouzaud -Cher poète,

    J’ai hésité à vous écrire – pour de vrai, avec de l’encre et du papier – de peur de quoi ? Je ne sais… La poésie est une chose intime, qu’on l’écrive ou qu’on la lise, mais de cette intimité qui rapproche les êtres et se partage sans barrière ni intermédiaire. Pudeur peut-être ? Sans doute. Et puis je me suis dit, pourquoi pas ?

    Je viens de terminer ce courrier que vous lirez peut-être – Boîte Postale XXX, Paris cedex ; cela sonne comme une balise, dernier point d’encrage dans une société que vous ne ménagez pas. Mais n’est-ce pas là, la mission du poète ? Écrire avec son cœur sans flagornerie ni flatterie au risque de ne recevoir pour tout retour que rires et moqueries, quand ce n’est l’indifférence… Regardez l’Albatros de notre vénéré Charles, gauche et veule parmi les hommes.

    La poésie est en perdition ! C’est l’époque qui veut cela ! Je ne sais… Est-ce les hommes qui se contentent de peu ? Moi, nous, tous peut-être, qui nous laissons happer par les belles couvertures des têtes de gondole, par les émissions de radio ou télé qui veulent nous dicter ce que nous devons lire, regarder, aimer ?

    Que vaut le petit budget de l'idéal devant les rêves cossus du grand capital.

    Nous laisserons nous dompter comme des lecteurs de rien et savants sur tout ou reprendrons-nous avec le poète ce cri du cœur :
    Ah la poésie ! Quelle mauvaise nouvelle pour les barbares
    .

    ¤ ¤ ¤

     Le 31 janvier 2017,                                                                                              
    Liza Helle


    Cher Valence Rouzaud, Cher Poète,                

    J'ai reçu cette proposition de vous lire, avec réserve et, disons-le, une certaine méfiance. Je ne voulais pas me sentir obligée, tenue de dire « J’aime », même qu’un peu, si ce n’était pas le cas. J’ai sans doute été trop directe dans ma réponse. Mais peut-être ce que je vais vous dire ne vous en paraîtra que plus sincère ?

    J’ai pris le temps de vous lire. Et vous relire. Un peu chaque matin. Reprenant le fil des mots, le soir venu. Comme une respiration. Un entre deux. Je me suis tant retrouvée que j’ai fait mienne la majorité de vos lettres. Vos mots sont libres et beaux et nous invitent à la réflexion, au rêve et à la découverte. Je me suis laissée piquer au vif par cet anathème jeté à la face de ceux (éditeurs ou auteurs) qui ont tué le rêve, déchiré les cerfs-volants, enterré l’idéal pour faire marcher la machine à fric.

    Certains s'écoutent parler et il y en a même qui se regardent écrire.

    On vous sent amer ; un brin désœuvré face à cette réalité. Mais n’est-ce pas là, tout simplement, le constat d’un homme qui a su dire non ? Libre comme un mot chargé d'un nouveau monde.

    Correspondances - Valence Rouzaud -

     Penser à Jean-Claude Tardif, poète et directeur de la revue à l’index en lisant votre lettre aux revuistes et le retrouver destinataire, quelques pages plus loin, d’un de vos courriers. Surprise et questionnement : Seraient-ils si rares, ces hommes de peu, qui savent mettre entre parenthèses ce temps si précieux de l’écriture pour porter les mots des autres, comme s’ils étaient leurs ?

    De cela la majorité se raille. Que sait-elle de notre salaire journalier !... Quand à la lampe du soir, bombardé de boules de pétanques, le cerveau se fait boulodrome jusqu'à s'endormir avec des mots et rêver de phrases.

    Si tous ceux qui écrivent de la poésie, se mettaient à en lire, que de recueils prendraient vie, que de poètes auraient la chance d'être lus et découverts, que de belles œuvres verraient le jour et sa lumière…
    Les auteurs ne seraient pas obligés de mendier à la DRAC, de servir la soupe convenue à Gallimard et Cie pour pouvoir goûter au plat du jour, de dépouiller Arthur pour s’habiller en Paul, de flatter les minables puissants pour avoir le droit de racler, après les festins, les gamelles…

    Quelle misère !

    Et pourtant, je ne les blâme pas. Moi aussi, j’y ai cru. J’ai présenté des projets, candidaté pour des résidences et frapper aux portes des suffisants, flattée là d’un regard, ici d’une écoute, avec au bras, ma condition de peu. Jusqu’à ce que – hélas comme beaucoup – je réalise que j’y perdais mon âme…

    Le poète n'a pas lieu d'être s'il est servile et voûté.

    Cette lucidité et cette loyauté ont un prix : le silence et la mise au ban, qui ne sont rien à côté de la tristesse de ne pas être lu.

    En votre compagnie, j’ose croire encore que les mots circulent, que la poésie vit, que les poètes brandissent leurs plumes et continuent le combat. Je ne veux me résoudre à cette lassitude, à cet abandon que je sens parfois au détour de vos mots. J'aimerai vous dire : "Ne lâchez rien ! Les mots sont perdus s’ils ne sont pas lus ; et les vôtres ne demandent qu'à vivre".

    La vie des livres console la vie des hommes.

    Mais qui console le poète ?

    ¤ ¤ ¤

    Correspondances - Valence Rouzaud -

    4ième de couv :

    Extrait de la préface de Louis DELORME

    Ces cinquante-huit lettres ne sont pas qu’un testament littéraire... Valence Rouzaud y dénonce la mainmise sur la littérature par les éditeurs patentés, ceux qui font la pluie et le beau temps en matière de publications et même parfois de récompenses. Et il est bien vrai que l’écrit marginal, celui que l’on retrouve dans les petites revues déshérités qui n’ont pour survivre que l’acharnement de leurs créateurs, que l’on rencontre sur le blog de ceux qui ont encore la foi en un autre monde, ne présente pas moins de richesse que ce qui a l’aval des instances officielles.
    (...)
    Savourez lentement ces textes. Ils le méritent et n'oubliez jamais : "Les poètes sont des enfants qui détournent les avions avec des cerfs-volants."

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  •  Une bibliothèque est une chambre d'amis.

    Eloge de l'amitié -Tahar Ben Jelloun -

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