• Compiègne faisait partie de ces autodidactes prompts à faire savoir à leur entourage qu'ils s'étaient extirpés de leur bourbier en commençant à travailler très tôt, à peine sortis de l'enfance. Ce qu'ils avaient édifiés, ils ne le devaient qu'à leur travail, à leur insatiable soif d'atteindre des sommets. Eux savaient ce qu'étaient la faim, le froid, la douleur. La connaissance, la culture, l'apprentissage de la vie, ils en avaient bavé pour réussir. Et à les croire, peu d'élus y étaient parvenus. Donneurs de leçons pitoyables, ils ne cessaient de vanter leurs mérites, cherchaient la reconnaissance tout en voulant susciter l'admiration. Ils ne récoltaient qu'un mépris camouflé. Car en guise de connaissance, de culture, d'apprentissage, ils ne faisaient que tisser sans fin les fils de la bêtise.

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Un printemps à Tchernobyl - Emmanuel Lepage -

    Dessiner c'est essayer de rendre visible
    ce qui ne se voit pas. Soulever une peau.

    Un printemps à Tchernobyl - Emmanuel Lepage -

    Partager via Gmail Pin It

    2 commentaires
  • Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon d'Auxerre -J’ai eu l’envie de lire ce livre il y a déjà quelques mois en suivant la lecture d’Iris, les citations qu’elle a picorées de ci de là pour nous les faire partager et sa critique engagée – et engageante. Je ne le regrette pas. Certes, vous allez me dire, qu’apprend-on que l'on ne savait déjà sur ce monde du mannequinat ? Rien, pour beaucoup. Mais si le fait de le savoir ne change pas les mentalités de tous ceux et celles qui tueraient père et mère pour avoir « un carton » pour la dernière collection de Monsieur Décrépit et de Madame Harpie, peut être que partager l’expérience de Victoire Maçon d’Auxerre pourra-t-il, si ce n’est faire avancer les choses, du moins en faire réagir certaines ou certains. Je sais, ce n’est pas gagné. Mais son témoignage a le mérite (et le courage) d’exister : Elle relate sa vie de top model durant une année, ce qui l’a mené sur les podiums et à l’anorexie, car Jamais assez maigre !

    Quelle vie de chien, la vie de cintre !

    L’idéal de ces grands créateurs : un petit poupon pré-pubère, non pas rondelet comme un bébé Cadum, mais plutôt émacié, grand corps dénutri aux os et pommettes saillants avec de grands yeux fixes et vides au milieu d’un visage exsangue. Pas de seins, pas de fesses, pas de hanches. Rien. Malgré tous les froufrous, les jarretelles et les tissus soyeux, ce n’est pas la féminité qu’on sublime. Et ce n’est pas non plus la libido qu’on titille dans les défilés, mais un sacrosaint idéal : « le culte de la peau sur les os », que certains Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon d'Auxerre -nomment pudiquement minceur… Une femme mince est tout aussi jolie qu’une femme ronde. Mais ce n’est pas la minceur qui est décriée ou mise en cause dans le témoignage de Victoire. 

    C’est la sous-nutrition comme moyen de facilité (quand vous n’avez aucune forme, le vêtement «tombe bien » sur vous, sans retouches nécessaires) et arme de soumission (quand vous ne vous alimentez plus ou mal, votre cerveau perd ses capacités, tout à son affaire de faire fonctionner vos fonctions organiques premières pour vous maintenir en vie).

    Un défilé de cernes sur porcelaine.

    Vous dire que tout cela fait rêver. Il paraît. Une chose est sûre : ça fait vendre. Et pour beaucoup c’est la seule chose qui importe…

    Vous lirez comme moi les arguments des uns et des autres, fallacieux pour beaucoup (« nos mannequins sont naturellement maigres », emprisonnés dans un « idéal » pour certains (« la minceur allonge, cela donne une sacrée allure à la silhouette ») et désespérés pour d’autres (« si je veux travailler, je n’ai pas le choix »)… Je vous laisse les découvrir.

    Je pourrais m’appesantir sur beaucoup de choses qui m’ont fait réagir à la lecture de ce livre et elles sont nombreuses : Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon d'Auxerre -

    – la réaction des parents de Victoire
    – la réalité du mannequinat : des heures d’attente et d’ennui pour quelques minutes de trip intense et cristallin, comme un flash d’héro avant la descente…
    – la critique des mannequins trop rondes (entendons-nous, il ne s’agit que d’un petit 36)
    – l’art du photo(shop)graphe qui s’emploie à remettre des joues, des seins, des pleins, là où il n’y a plus qu’os anguleux et creux
    – le fait que l’anorexie est une conséquence pour Victoire, mais que cela reste une maladie qui a bien souvent d’autres causes que l’envie de ressembler à cet idéal de beauté...

    Et la liste pourrait être longue encore.

    La seule chose que je voudrais ajouter pour conclure, c’est qu’on incrimine les agences, les stylistes, les créateurs, les magazines, etc., mais l’acteur principal de tout cela, c’est nous : vous et moi et tant d’autres, qui avons intégré la maigreur comme « norme » et nous moquons parfois, même « gentiment » des rondeurs de telle ou telle sur le devant (ou pas) de la scène, qui achetons ces magazines où s’étalent en pleine page des silhouettes filiformes que nous n’atteindrons pour la plupart jamais, des régimes « miracles » que nous suivons bien que nous savons pertinemment, que nous reprendrons « tant  et plus» avant même d’être rentrée dans le petit slim et le mini maillot qui nous font de l’œil dans les vitrines.

    S’il y a changement à espérer, il ne faut pas attendre que cela vienne de tout ce beau monde, mais « simplement » de nous...

    ¤ ¤ ¤

    Jamais assez maigre, journal d'un top model - Victoire Maçon Dauxerre -

    4ième de couv :

    À 17 ans en pleine révisions du bac Victoire fait du shopping à Paris, quand elle est repérée par un chasseur de mannequins. Engagée par l’agence Elite, elle mesure 1,78 m et pèse 56 kg. Trop grosse ! Ou pas assez maigre. Elle va perdre 9 kg en ne mangeant que trois pommes par jour, afin de répondre aux exigences tyranniques des maisons de couture.
    En septembre elle atteint la taille 32, sésame indispensable pour briller lors des castings, et participe avec succès à sa première fashion week à New York. Avec Milan et Paris, elle enchaîne vingt-deux défilés pour les plus grands créateurs : Céline, Alexander McQueen, Miu Miu, Vanessa Bruno... Elle entre dans le Top 20 des mannequins les plus demandés.
    Mais derrière la soie et les paillettes Victoire découvre un système inhumain : des adolescentes que l’on prend pour des femmes sont traitées comme des objets. La sélection est impitoyable et la maigreur devient une obsession. Elle est emportée dans la spirale de l’anorexie. Sept mois après ses débuts fracassants, elle fait une tentative de suicide et passe des podiums à l’hôpital.
    Un récit sans fard de la vie d’un top model d’aujourd’hui. Un témoignage bouleversant.

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Deux remords de Claude Monet - Michel Bernard - Ils couraient dans le champ découvert, sur l’herbe rase et dure que les morts engraisseraient au printemps. Frédéric encourageait ses hommes de la voix. Lui n’entendait que la tambourinade de la course sur le sol gelé et le halètement des poitrines, surtout la sienne. Le souffle de son effort, pressé par l’angoisse et l’excitation, aiguisé par le froid, était presque douloureux. Parvenus à deux cents mètres du cimetière environ, ils entendirent les commandements hurlés par les officiers prussiens et, aussitôt, le bruit de la salve. Elle crépita pendant quelques secondes, dans un grandissant nuage de fumée. Lorsqu’il se dissipa, Frédéric regarda autour de lui. Ce qui était un instant auparavant une ligne d’assaut progressant comme à l’exercice, neuve, vigoureuse et pleine d’élan, était maintenant une foule confuse, déchirée, tournoyant sur elle-même. Elle était pleine de trous, vastes comme des clairières jonchées de tas de chiffons pourpres et marine. Le bruit de la fusillade avait été suivi d’un soudain silence, une sorte de stupeur. Puis les cris des blessés avaient rempli l’air de jurons, d’imprécations, d’appels, de plaintes. La force, la cohésion et la jeunesse, deux battements de cœur après, la solitude et la détresse.

    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  • Il veut que les couleurs se frottent, se griffent, se révèrent, se maudissent, s'injurient, s'élèvent et s'écrasent jusqu'à livrer, balbutiantes, leur bonheur cicatriciel.

    Partager via Gmail

    votre commentaire