• Si nous avions été les protagonistes de l'un de ces films indiens qu'il nous arrivait d'aller voir, je me serais précipité dehors à cet instant. Pieds nus dans les flaques, je les aurais poursuivis en leur hurlant de s'arrêter, j'aurais tiré Hassan de son siège pour lui dire que j'étais désolé, nous nous serions jetés dans les bras l'un de l'autre. Seulement nous n'étions pas au cinéma. Certes j'étais désolé, mais je ne pleurai ni ne courus derrière eux. Je me contentais de regarder la Mustang quitter le trottoir et emmener celui dont le premier mot avait été mon nom. Hassan m'apparut brièvement une dernière fois, juste avant que mon père tourne à gauche à l'angle de la rue où nous avions si souvent joué aux billes.
    Je reculai d'un pas et ne vis plus que le rideau d'argent de la pluie sur mes vitres.

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  • Toutefois, se préoccuper du sort des quelque 1,6 million d’autres espèces qui peuplent la planète n'est ni irréaliste ni déplacé, car, la plupart du temps, il n'est pas nécessaire de choisir entre le bien-être des humains et celui des animaux. Nous vivons dans un monde essentiellement interdépendant, où le sort de chaque être, quel qu’il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s'agit donc pas de ne s'occuper que des animaux, mais de s'occuper aussi des animaux.

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  • Le bagne. Une réalité qui nous paraît tellement loin. Et pourtant, il y a à peine un siècle, cela existait encore. Ce qui y a mis fin ? Le journalisme d’investigation et sa volonté farouche d’informer dans un soucis de vérité et d’impartialité, en la personne d’Albert Londres. Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne -

    En 1923, le journaliste débarque au Bagne de Cayenne afin de découvrir la réalité de cette colonie pénitentiaire où sont envoyés, sans distinction, les assassins, les voleurs de pommes, les opposants politiques et tout individu a-social, débarrassant ainsi les honnêtes gens – et le territoire – de la racaille… Loin de France, qui peut bien se préoccuper de ces hommes dont l’espérance de vie ne dépasse pas les cinq ans, dans une nature tellement hostile qu’on en viendrait presque à préférer la cruauté de l’administration pénitentiaire, s’il n’y avait la liberté ?

    Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne - Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne - Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne -

    Bagne de Cayenne

     

    Personne – ou si peu – avant la publication de l’article d’Albert Londres dans le Petit Parisien.

    Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne -

    Le scandale et l’effroi que cela généra dans la population conduisirent à la fermeture du bagne. La république piquée au vif dans son orgueil, honteuse de cette barbarie d’un autre temps, qui s’accorde si peu avec son idéal, mais dont elle s’est si bien accommodée tout ce temps – quel outil merveilleux pour débarrasser la France et ses dirigeants politiques de toute persona non grata ! –jura qu'on ne l'y reprendrait plus. Donc Acte...

    Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne - C’est cette enquête à travers les liens qui vont se tisser entre Albert Londres et Eugène Dieudonné – anarchiste accusé d’être membre de la bande à Bonnot, sans grandes preuves, mais parce que « ça en fait toujours un de moins» sur le territoire – que mettent en mots, dessins et couleurs Pat Perna et Fabien Bedouel dans ce tome 1 de Forçats : Dans l’enfer du bagne.

    L’album est une petite merveille de justesse : l’ambiance est pesante, étouffante, les visages sont durs et sombres, les couleurs utilisées : noir, bleu sombre, métallique, rouge sang, donnent la réalité de ses lieux immondes.

    Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne -

    Le texte nous donne à lire l’essentiel et les dernières pages nous apportent des précisions historiques utiles pour mesurer toute la répercussion de l’enquête effectuée par Albert Londres. On oscille entre récit d’aventure et récit historique, avec dans les deux cas, un fort militantisme qui fait écho aux convictions et au combat mené par le journaliste.

    Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne -

    Une BD dont j’attendrais avec impatience la suite et que je vais m’empresser de faire connaître autour de moi. Un grand merci aux éditions les Arènes et à Babelio pour ses opérations masse critique.

    ¤ ¤ ¤

    Forçats, tome 1 : Dans l'enfer du bagne -

    4ième de couv :

    Guyane française, 1923
    La forêt vierge, les serpents venimeux, la chaleur étouffante...et le bagne.
    L'existence des forçats ne tient qu'à un fil : l'espoir fou de s'évader de cette île du malheur.
    Au milieu des ténèbres, deux hommes : l'anarchiste Eugène Dieudonné, incarcéré depuis 10 ans pour un crime qu'il n a pas commis, et le grand reporter Albert Londres, venu « porter la plume dans la plaie » de ce monde inhumain.
    Leur amitié va changer l'histoire de ce bagne.

    * Photos extraites de "Eugène Dieudonné", sur le forum Crétois. Ici.
    à ne pas lire si vous souhaitez découvrir la suite dans le tome 2...

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  • Les gens se focalisent sur la dernière seconde de vie. Je voudrais qu'ils s'intéressent à l'existence entière des animaux.

    Le grand orchestre des animaux : Ici

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  • Mémoires de la jungle - Tristan Garcia -

    Il n’y a qu’air mouillé, en bloc, terre qui pue, fumée de la chaleur, bois brûlé qui a pris la douche de la pluie ploc-ploc et les mille parfums de la Nature qui n’a pas mis de pschitt pour sentir bon la civilisation, tout n’est dans mon nez que comme une seule odeur qui ne dit rien, l’odeur du junglement. Qui ne parle pas. À quoi sert le langage dans la Jungle ? Maudit nez qui n’est pas nez, sale nez qui n’est même plus museau.

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