• Même pas mort - Jean-Philippe Jaworski -"Tu raconteras ma vie.
    Tu es un marchand riche et un aventurier rusé. Mais je ferai de toi bien plus que le négociant qui trafique du vin et des vases contre des hommes et du métal. Je ferai de toi un tombeau. Je ferai de toi une voix appelée à résonner aux trois coins du monde. Je ferai de toi les strophes liminaires du chant dont je suis la matière. Que valent tes amphores, tes trépieds, tes esclaves ? Tu n’as que des biens. Moi, je t’apporterai la parole. Je t’apporterai mon propre souffle, la respiration d’un guerrier, d’un héros et d’un roi. Te fit-on jamais offre plus prodigue ?"

     

    Extrait lu par JC Lebert : Cliquez ICI

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  • S’asseoir peu importe où et quand : et attendre qu’on vienne vous chercher pour vous débarrasser du fardeau de vivre. Cela se passe ainsi dans la société que nous présente Jean-Claude Mourlevat dans Terrienne. L ‘ennui, le désespoir, le désœuvrement d’une vie aseptisée, morne et programmée, sans illusions, imprévus, uniforme tel la ligne d’un encéphalogramme plat. Ça, c’est la vie des gens de là-bas ! Enfin, des petites gens ordinaires...

     

    Car pour l’élite de ce monde-là, il n’en va pas de même. La distraction suprême est de franchir l’interdit, briser le tabou ultime : Avoir chez soi, sous son corps et sur sa peau, une femme de chair et de sang, de sueur et de larmes, jouet captif et secret, voué aux caprices des puissants.[écriture blanche à surligner : spoiler]

    La main posée sur une poitrine aux abois : un souffle par procuration.
    La capsule verte croquée pour tout oublier : un salut par nécessité.
    Le sel des larmes bues au bord des yeux : une saveur inconnue sur la langue.
    Le ventre arrondi par le viol et la contrainte : une condamnation à mort sur le champ.   

     

    Parce que dans ce monde-là, univers parallèle en marge de notre bonne vieille terre, on ne pleure ni ne rit, ne respire ni ne soupire, n’enfante ni ne jouit. Les sensations corporelles sont une aberration, écœurantes à vomir. Seuls quelques hybrides mâles, nés du viol des terriennes, [idem : spoiler] sont autorisés à avoir accès à cette sensorialité. Leur fonction est toute trouvée dans cette société : ils sont formés au rabattage et à la capture des femmes de notre terre, objets de plaisir des dirigeants de ce monde.

    Et au milieu de tout cela : sœur Anne, qui se débat et s’accroche aux traces laissées par Gabrielle, son aînée perdue dans ce monde de fous. Elle sera aidée dans cette quête par un vieil écrivain en désespérance, une réceptionniste, sympathisante terrienne et... je vous laisse découvrir la suite.

    J’ai ressentie cette angoisse, cette crainte distillées par l’auteur et j’avoue avoir eu le cœur serré d’émotions à la fin : certains donneraient toute leur vie pour cette sonnerie qui résonne au petit matin. Combien attendent en vain ? [écriture blanche à surligner : spoiler]

    Si c’est l’action effrénée qui vous pousse, vous motive dans le choix de vos lectures, Terrienne ne sera pas une évidence pour vous, ni un premier choix. Et pourtant, je ne peux que vous encourager à le lire. Tout au long de ce livre, court une tension qui ne nous fait le lâcher qu’à la lecture du dernier mot … Pour mieux repartir de nouveau !

    ¤ ¤ ¤

     

    Interview de Jean-Claude Mourlevat - Librairie Mollat - :

     

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    4ième de couv

    Cela fait des mois qu’Anne est sans nouvelles de sa sœur, Gabrielle. Elle a disparu le soir de son mariage et, depuis, pas le moindre signe de vie. Jusqu’au jour où Anne reçoit un énigmatique message de Gabrielle, l’appelant à son secours. Elle est en danger mais où?

    Accompagnée d’un vieil écrivain en mal de création, rencontré sur la route, Anne passe alors brusquement «de l’autre côté». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un univers blanc, aseptisé, glacial : Estrellas.

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  • "Ce que je ne lis pas aux enfants : ce que je n’aime pas lire moi-même. Je ne saurai pas lire quelque chose que je n’aime pas. C’est comme ça."
     
     
    "Quand des gosses ne lisent pas en classe et finissent par lire avec nous, c’est une victoire. Non pas une victoire sur l’enseignant mais une victoire sur l’enfant, pour l’enfant."
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  • Quand on m’a proposé de participer à un tirage au sort pour recevoir ce livre, je vous dis franchement, je n’étais pas trop emballée par l’idée de lire un tome 1 (oui, je sais, vous allez me dire, j’ai un petit souci avec les « sagas » en ce moment !). Alors, oui, donc, je n’étais pas trop partante pour me lancer dans la lecture d’un premier tome, mais Québec et une couverture sublime... ont eu raison de mes dernières résolutions !
    Sont malins chez Babelio... Ils nous distillent des tomes 1 pour nous ferrer et après, t’es foutu, tu sillonnes les rayons de ta librairie préférée en quête du tome 2 :
    - « Laurent, t’es sûr, tu n’as pas ? Mais oui, tu sais, la saga de Michel DAVID, l’auteur québécois, celle qui raconte les aventures de Corinne Boisvert, ex Joyal.  Cela se passe au Québec, début des années 1900 ! Avant Fred Pellerin et Saint-Élie-de-Caxton ! Cela cause comme lui ! J’te le dis ! Faut que tu mettes cela dans tes rayons... Cela gravite autour, entre la belle famille qui sait pas se comporter comme du monde et les voisins du rang qui se magasinent des claques...»
    - Euh... Une petite maison dans la prairie au Québec, c’est ça ?
    - Pousse pas ta luck ! Allume tes lumières pis arrive en ville ! Va pas dire cela par là-bas ! Tu vas avoir de la misère ! Michel DAVID, à Québec, il est connu comme Barabas dans la passion !
    Non, c’te Germaine. Elle a marié le Laurent Boisvert, un beau smatte qu’a le cordon du cœur qui traine dans la marde. C'est pas le crayon le plus aiguisé de la boîte : Il pense qu’à se pogner le cul et aller se paqueter ! La Corinne, elle a beau se faire des accroirs, elle sait que son Laurent, il est pas prêt de se désâmer pour avoir des bidoux ! Du coup, ils ont pas une piastre, et c’est pas sur le beau-père, qu’est trop proche de ses cennes, qu’ils peuvent compter. Elle a beau avoir du guts, elle est tanné, c’est plate !
    C’est pas des menteries, ni de la Vitamine Scout, tu sais, à lire, c’est le fun !
    - ???!!!
    - « Bon tu me le commandes ? Et tu devrais prendre quelques tomes 1, franchement, regarde un peu la belle job !!! Cela va te faire flancher le chaland à deux présentoirs à la ronde, une jaquette pareille ! »
    (Oui. Je sais ! Parfois, je la surjoue un peu... beaucoup.)

    Michel David

    Vous aurez compris :
    - Que ma belle résolution de ne plus lire de séries en cours, car « Y’en a marre d’attendre la suite ! », est partie en fumée devant le talent de Loisel et Tripp. Franchement, rien qu'à voir on voit ben : C'est au boutte !
    - Que j’ai adoré ce livre, dévoré en un rien de temps !
    - Que je remercie comme il se doit Babelio (tu sais que je commence vraiment à t’aimer, toi ?) et les éditions Kennes !
    - …
    - Que j’oublie pas le Grenier de Bibiane pour le vocabulaire utile à cette modeste critique !
    - Que j’arrête là. C’est trop de jasette ! Ben manque !
    PS : Accroche ta tuque avec d'la broche, je compte bien lire la suite ;))

    ¤ ¤ ¤

    Un bonheur si fragile, tome 1 - Michel David -

    4ième de couv

     Dans le Québec rural de 1900, la vie demeure rythmée par les saisons. Alors que fidélité, piété et esprit de travail sont des vertus encouragées par le clergé tout-puissant, Corinne Joyal, issue d'une famille dont les membres sont liés par l'amour et l'esprit d'entraide, n'aurait jamais cru qu'en épousant Laurent Boisvert, elle allait faire son entrée dans une famille où l'argent et l'égoïsme sont rois. Dès les premiers mois de vie commune, Corinne découvrira rapidement que le fils de Gonzague Boisvert est un homme irresponsable et un coureur de jupons. Dans son nouveau village d adoption, Corinne apprendra à se défendre autant des excès de son mari, qui aime bien prendre un verre, que de l'avarice de son beau-père, un homme rongé par l'ambition et en lutte ouverte avec le curé de la paroisse.
    4 tomes sont prévus pour cette saga.
    Illustration de la couverture : Régis Loisel et Jean-Louis Tripp. Illustration inspirée de la BD Magasin général.

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  • "Bacon gardait dans son atelier un véritable stock d'images : des photographies découpées depuis des années dans des livres, des catalogues et des journaux dont il savait que, tôt ou tard, l'une d'elle se trouverait au sommet de la pile au moment propice."

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